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L’aéroport de Toulouse s’offre un origami de béton blanc
Un béton blanc à haute performance révèle des voussoirs à la géométrie plissée - © © Emmanuel Piron pour B + M Architecture

L’aéroport de Toulouse s’offre un origami de béton blanc

Olivier Baumann |  le 19/05/2010  |  transportArchitectureTechnique

Tout en répondant aux contraintes structurelles d'un ouvrage routier, le tablier du viaduc de desserte de l'aéroport de Toulouse-Blagnac est finement ciselé. En sous-face, un béton blanc à haute performance révèle des voussoirs à la géométrie plissée. Sa clarté contraste avec le noir des piles, également en béton.

La construction du quatrième terminal de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, mis en service le 10 mars dernier, s'est accompagnée de la création d'un viaduc destiné à sa desserte. L'ouvrage, qui vient se raccorder à un viaduc desservant déjà les trois premiers halls, devait s'inscrire dans la continuité architecturale du bâtiment. En surface, le tablier accueille trois voies routières pour la dépose-minute des voyageurs. Il est relié à l'aérogare par l'intermédiaire de trois passerelles transversales piétonnes. Mais c'est la sous-face du tablier qui donne à l'ouvrage sa réelle singularité, en répondant à une demande programmatique particulière du maître d'ouvrage : « Elle devait servir d'abri pour les voyageurs en attente de taxis », explique Grégoire Bignier, du cabinet d'architectes B + M architectures, maître d'œuvre du projet. Pour faire de ce lieu d'accueil temporaire un espace de qualité, l'architecte a ainsi choisi de travailler la sous-face de l'ouvrage qui le surplombe, en donnant aux voussoirs du tablier une géométrie plissée.

Un béton blanc offrant 80 MPa de résistance à la compression

« Pour alléger la structure tout en lui permettant de résister aux importants efforts de flexion, nous avons choisi d'utiliser un béton blanc à haute performance, offrant une résistance à la compression de 80 MPa », poursuit l'architecte. La structure est par ailleurs précontrainte longitudinalement et transversalement, ce qui permet de réduire encore la quantité de matière mise en œuvre.
En opposition avec la clarté du tablier, les piles de béton qui le soutiennent sont de couleur noire. « Ce contraste lumineux tend à faire ‘‘décoller'' du sol le tablier, en résonance avec la vocation aéronautique du lieu », précise l'architecte. Toujours par contraste, le béton du tablier est lisse, tandis que celui des piles est en partie « granuleux », grâce à l'utilisation d'une matrice de coffrage.
La géométrie en origami des voussoirs de béton est à la fois révélée par la qualité de la mise en œuvre (voir encadré ci-dessous) et des finitions, traduisant le savoir-faire des entreprises, mais aussi par l'éclairage artificiel judicieusement positionné en sous-face du tablier. La lumière est réfléchie différemment suivant l'angle et la position des facettes de béton . Sa diffusion est largement amplifiée par la teinte très claire du matériau. Les voyageurs disposent ainsi d'un éclairage indirect non agressif.


Paru dans Le Moniteur n° 5551 du 16/04/2010

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