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L'absence des politiques revient hanter le dernier jour du procès des HLM

Defawe Philippe |  le 05/04/2006  |  France Politique socialeLogement socialParisImmobilier

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Le procès des HLM de Paris s'est achevé mercredi après deux mois et demi de débats qui ont mis au jour un vaste système de détournements de fonds lors de l'attribution de marchés du BTP en 1987-93, sans que l'accusation n'arrive à prouver que ces millions abondaient le financement occulte du RPR.

Après avoir entendu la défense des 47 autres prévenus, principalement des chefs d'entreprises de BTP et quelques consultants, le tribunal avait réservé la dernière séance de ce procès fleuve à celles de Georges Perol, ancien directeur général de l'office HLM de la ville de Paris (OPAC), et de François Ciolina, qui était son adjoint.
La relaxe a été demandée par leurs défenseurs pour les deux hommes, le plus gradé étant accusé de trafic d'influence et son adjoint de complicité.
Si les nombreux chefs d'entreprises qui se sont succédé à la barre ont bien reconnu avoir versé des "commissions" à des intermédiaires pour décrocher des marchés à l'OPAC, les débats n'ont pas apporté la preuve d'un financement politique, se heurtant "au silence et aux flux financiers des sociétés off-shore", reconnaissait dans ses réquisitions la procureure Chantal de Leiris.

Son travail n'a pas été facilité par le fait que, de non-lieu en vice de forme, les hommes politiques clef de la capitale comme les gaullistes Jean Tiberi, Michel Roussin ou Jacques Chirac ont évité le prétoire.
"Pardon d'être un peu amer, quand tout ce qui ressemblait à un palais national ou un homme politique a été systématiquement écarté de ce procès", a lancé Me Jean-Marc Fedida, défenseur de François Ciolina, contre qui deux ans de prison avec suris, 25.000 euros d'amende et un an d'interdiction des droits civiques ont été requis.
Pour Me Jean-René Farthouat, défenseur de Georges Perol, la prévention contre son client "repose sur des fantasmes, des accusations, des rumeurs, des on-dit et une cassette", celle du "consultant" Jean-Claude Méry, mort en 1999, qui a décrit dans une vidéo posthume un financement occulte du mouvement gaulliste RPR dont il s'est dit le "collecteur".
Après avoir exonéré tous les responsables de partis, "vous ne pouvez pas retenir l'hypothèse du financement politique", a lancé Me Farthouat, faisant de son client "un élu local modeste".
A l'audience, l'octogénaire, ancien maire RPR de la ville corrézienne de Meymac, en plein fief chiraquien, avait expliqué qu'il déléguait beaucoup, ne s'occupait pas des marchés avant l'ouverture des plis, et ne connaissait pas beaucoup Méry.

"Aujourd'hui, on en a fait, par la force des décès et des absences plus ou moins justifiées, le responsable du trafic", a dénoncé son deuxième avocat Grégoire Lafarge.
Quatre ans de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et trois ans d'interdiction des droits civiques ont été requis contre Georges Perol.
D'ailleurs, aucune peine de prison ferme n'a été requise dans ce procès tenu après 12 ans d'une instruction aux innombrables rebondissements.
Les prévenus risquent cependant d'être aussi frappés au portefeuille car l'OPAC, qui s'est constituée partie civile, leur a réclamé solidairement 9 millions d'euros en dommages et intérêts, et un million en préjudice moral.
Le jugement sera rendu le 5 juillet.
Jean-Louis Pany (AFP)

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