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L'abécédaire de l'immeuble parisien des années 1950 : T comme… tour
Tour de logements à Paris 13e (33, rue de Croulebarbe), par les architectes Édouard Albert, Roger Boileau et Jacques Henri-Labourdette, bâti entre 1956-1961. - © © Coll. Pavillon de l’Arsenal

L'abécédaire de l'immeuble parisien des années 1950 : T comme… tour

Simon Texier |  le 18/11/2010  |  ParisArchitecture

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Dans le cadre de l'exposition "Paris 1950, un âge d'or de l'immeuble" (16 septembre 2010-9 janvier 2011), le Moniteur.fr et le Pavillon de l'Arsenal vous invitent à parcourir l'alphabet architectural et technique de l'habitat collectif du milieu du XXe siècle. Aujourd'hui : T comme... tour.

Figure ancestrale de l'imaginaire occidental, la tour est l'un des types architecturaux les plus débattus et controversés depuis le début du XXe siècle. Justifié par des impératifs de densité, son développement s'opère progressivement au cours des années 1950, selon des modalités plus variées que durant les deux décennies suivantes. La tour émerge dans le ciel parisien avec un bâtiment dont l'appellation évoque à elle seule la nouveauté : le "gratte-ciel numéro 1". Située 33, rue de Croulebarbe (13e, 1956-1961), œuvre commune d'Édouard Albert, Roger Boileau et Jacques Henri-Labourdette, en étroite collaboration avec l'ingénieur Jean-Louis Sarf, ce bâtiment s'impose en effet, avec ses vingt-deux étages et ses 61 mètres de haut, comme le premier immeuble de logements de grande hauteur au sein de la capitale (voir image ci-dessus). Mais une tour est-elle, nécessairement, synonyme de grande hauteur ? Si l'on adopte la définition de Michel Holley, l'un des constructeurs parisiens les plus prolifiques en la matière, la tour serait un bâtiment dont la hauteur est supérieure à son diamètre. (...) L'élancement n'est pas la seule qualité d'une tour : la compacité de son plan permet de réduire à une seule le nombre de cages d'escalier et d'ascenseur - qui peut desservir jusqu'à six appartements -, et offre aux logements des vues multiples et dégagées. (...)

Hors du "polygone sacré"

Dans un centre historique parisien en voie de sanctuarisation, la construction de tours de grande hauteur semble exclue. C'est aux limites de ce que Claude Charpentier - auteur lui-même d'une tour à la porte de Saint-Cloud, côté Boulogne- Billancourt - nommera le "polygone sacré" que, au début des années 1970, émergeront la tour Zamansky à la faculté de Jussieu et la tour Montparnasse. Dix ans auparavant, la tour Croulebarbe propose, pour un immeuble de logements cette fois, une formule plus consensuelle, sa relative discrétion en contrebas de la vallée de la Bièvre n'ayant d'égale que les vues offertes à ses habitants. La revue "Bâtir" se fait, à ce propos, l'écho d'une lecture de la ville partagée par tous les acteurs de la construction ou presque : "Enfin, est-il nécessaire de faire remarquer que les habitants de l'immeuble auront l'avantage supplémentaire d'un panorama sur la ville, qui, aux derniers étages, atteindra une ampleur assez rare ? Signalons seulement que le premier gratte-ciel parisien s'élève dans un quartier qui ne comporte pas de véritable monument susceptible de souffrir de son voisinage et qu'ainsi les immanquables protestations des amis du passé se révéleront sans objet." Le plan-masse conçu par Adrien Brelet pour le quartier Croulebarbe prévoit d'ailleurs trois tours de logements, prélude à une construction massive d'immeubles de grande hauteur en lisière du centre parisien.

Pour en savoir plus sur l'histoire de la tour Croulebarbe, cliquer ici .

Texte extrait du catalogue de l'exposition "Paris 1950, un âge d'or de l'immeuble" (Editions du Pavillon de l'Arsenal, 247 pages, 27 euros), dont la conception scientifique est signée Simon Texier, maître de conférences à l'Université Paris-Sorbonne.

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