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L'abécédaire de l'immeuble parisien des années 1950 : R comme… redents
Immeuble de logements à Paris 20e (283-285, rue des Pyrénées), par les architectes Roger Anger, Mario Heymann et Pierre Puccinelli, bâti entre 1959-1962 ("Techniques et architecture", n°3, 1962). - © © Studio Martin/Coll. Pavillon de l’Arsenal

L'abécédaire de l'immeuble parisien des années 1950 : R comme… redents

Simon Texier |  le 04/11/2010  |  ParisArchitecture

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Dans le cadre de l'exposition "Paris 1950, un âge d'or de l'immeuble" (16 septembre-7 novembre 2010), le Moniteur.fr et le Pavillon de l'Arsenal vous invitent à parcourir l'alphabet architectural et technique de l'habitat collectif du milieu du XXe siècle. Aujourd'hui : R comme... redents.

Thème récurrent du débat architectural parisien, la figure de l'immeuble à redents - ou "redans" - incarne une voie médiane entre la stricte observance de l'alignement et la recherche de variété et d'hygiène. Elle donne lieu, dans le Paris des années 1950, à quelques tentatives originales pour aller capter air, lumière et vues sur la ville. Défendu depuis les années 1900 par Émile Rivoalen, mais surtout par Eugène Hénard avec son projet d'"alignements brisés", le principe des redents est repris par Tony Garnier à l'occasion du concours pour la rue de Prague (12e), en 1905. Il faut cependant attendre les années 1930 pour voir se développer ces façades en accordéon de façon à en augmenter le linéaire et, par conséquent, à améliorer l'éclairage des pièces. "Seulement, pour cela, il faudra nous résoudre à admettre que l'alignement droit, ce principe sacré de la voirie urbaine, n'est pas l'axiome intangible que nous subissons sans le discuter, et qu'on peut parfaitement le jeter par-dessus bord", notait Hénard en 1903.

Fonctionnalisme et pittoresque

Comme leurs aînés, les architectes des années 1950 s'accommoderont finalement de la réglementation en vigueur, intégrant des redents à des élévations relativement conventionnelles. Il faut distinguer deux types de redents : ceux, que l'on pourrait dire aveugles, destinés à individualiser des espaces ; et ceux, bien plus rares, dont la fonction est au contraire de donner à une même pièce une double source de lumière. Des formules plastiquement plus ambitieuses apparaissent autour de 1960, où les retraits accompagnent un dessin abstrait de la façade, composée comme une série de tableaux successifs et changeant selon les points de vue. Cette abstraction contraste avec la méthode plus expressive qui se généralise dans les immeubles de l'agence de Roger Anger et Mario Heymann (rejoints par Pierre Puccinelli), systématiquement construits en dents de scie (voir photo ci-dessus).

Texte extrait du catalogue de l'exposition "Paris 1950, un âge d'or de l'immeuble" (Editions du Pavillon de l'Arsenal, 247 pages, 27 euros), dont la conception scientifique est signée Simon Texier, maître de conférences à l'Université Paris-Sorbonne.

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