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L'abécédaire de l'immeuble parisien des années 1950 exposé à l'Arsenal

Milena Chessa |  le 17/09/2010  |  ParisInternationalFrance ProfessionArchitecture

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Jusqu'au 7 novembre 2010, le Pavillon de l'Arsenal présente "Paris 1950, un âge d'or de l'immeuble". Une exposition qui met en images l'alphabet architectural et technique de l'habitat collectif du milieu du XXe siècle.

A comme allège, b comme barre, c comme couleur... Voici les premières lettres et les premières notions de l'abécédaire dressé par Simon Texier pour l'exposition "Paris 1950, un âge d'or de l'immeuble" (*). Une méthode pédagogique pour connaître et reconnaître les caractéristiques architecturales et techniques de l'habitat collectif bâti durant cette décennie. A l'époque, pour palier à la crise du logement dans la capitale, l'Etat encourage la construction de bâtiments neufs (2500 réalisations recensées). "L'immeuble d'habitation parisien vit alors un âge d'or, car il se perfectionne au gré des innovations", rapporte le commissaire de l'exposition.

Façades et plans

A l'extérieur, les façades changent leurs reliefs en s'animant de balcons (185, avenue Victor-Hugo (16e), 1958-1960, par Jean-Ginsberg, architecte), de gradins (15, boulevard Brune et 6-6bis, rue de la Briqueterie (14e), 1955-1958, par Jean Bortoli, architecte) et de redents (283-285, rue des Pyrénées (20e), 1959-1962, par Roger Anger, Mario Heymann et Pierre Puccinelli, architectes) pour "multiplier les vues sur le paysage urbain". Tandis qu'à l'intérieur, les appartements modifient leurs plans en abandonnant leurs couloirs, jugés "inutiles et bourgeois", au profit de l'espace du séjour (16, avenue de Versailles (16e), 1950-1954, par Paul Branche, architecte).

Résidences et habitants

"Les résidences composées de trois-quatre bâtiments et agencées autour de jardins vieillissent très bien, car elles sont toujours entretenues et appréciées par leurs habitants", constate aujourd'hui Simon Texier. Et cela, qu'elles soient "sociales" (38-40, avenue Philippe-Auguste (11e), 1950-1954, par André Remondet et André Malizard, architecte) ou "de standing" (114-124, boulevard Auguste-Blanqui (13e), 1953-1955, par Roger Boileau et Jacques Henri-Labourdette). Pour l'historien : "Les immeubles des années 1950 constituent un patrimoine à la fois mineur et en parfait état, méconnu et passionnant." Et contrairement à l'exposition, volontairement chiche en textes et images, le catalogue abonde en détails. Il constitue même un guide pour une promenade architecturale spéciale années 50.

(*) Jusqu'au 7 novembre 2010 au Pavillon de l'Arsenal (21, boulevard Morland, 75004 Paris), www.pavillon-arsenal.com

Expo
Expo - © © Milena Chessa / Le Moniteur.fr
Trois questions à Raphaëlle Saint-Pierre, auteure du livre "Villas 50 en France"

Dans l'index des architectes publié dans le catalogue de l'exposition "Paris 1950, un âge d'or de l'immeuble", combien d'entre eux ont construit à la fois du logement collectif et individuel?
Assez peu. Jean Balladur, dont une maison en métal et verre s'inspire de l'œuvre de Mies van der Rohe. Fernand Pouillon, qui a construit des villas en pierre dans le sud de la France. Ou encore Lionel Mirabaud, fou de polychromie. On peut également citer : Anthony Béchu, Henri Delacroix, Jean Fayeton, Pierre Forestier, Guy Lagneau, Le Corbusier, Marcel Lods, Jean Prouvé et Olivier Vaudou.

Quels points ont en commun le logement collectif et individuel à cette époque?
La recherche d'économie budgétaire. En cette période post-guerre, de nouveaux matériaux font leur apparition. Exemple : le métal, dont les façades légères industrialisées remplacent progressivement la noble pierre de taille. Mais pour construire leurs maisons, les Français ont tout de même du mal à accepter la présence de ce matériau, ressenti comme moins solide. En termes d'espace intérieur, la révolution consiste à supprimer les couloirs et cloisons pour créer un véritable "living-room". Un esprit d'ouverture qui se retrouve tant dans l'habitat aisé que modeste.

Pourquoi la polychromie colorise-t-elle l'habitat individuel des années 1950 en France?
A cette époque, la maison est le lieu d'une libre synthèse des arts. Après la guerre, les propriétaires ont envie de gaieté et la polychromie en constitue la réponse. L'un des supports de cette polychromie est le store extérieur, que l'on retrouve à tire larigot dans le logement collectif et individuel. Et comme le dit l'architecte Claude Parent : "La maison est un laboratoire."

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Propos recueillis par Milena Chessa

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