Johann Le Guillerm réenchante le Jardin des plantes de Nantes
Du cirque à la rue, Johann Le Guillerm joue sur la multiplicité des points de vue offerts à son public. - © Joanne Azoubel

Johann Le Guillerm réenchante le Jardin des plantes de Nantes

Laurent Miguet |  le 29/04/2019  |  Art urbainJardins

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Croisé en plein chantier de sa seconde installation au Jardin des plantes de Nantes, Johann Le Guillerm dévoile quelques clés d’une démarche artistique qui l’a conduit des chapiteaux à la rue. Jusqu’ici éphémères, ses interventions dans l’espace public se diversifient dans des œuvres permanentes.

Les droliques préparent leur retour au Jardin des plantes de Nantes, pour la seconde année consécutive. Du 14 juin au 31 octobre, ces fleurs blanches danseront à nouveau dans les bassins du joyau vert de la métropole ligérienne.
Tout l’été, elles étonneront encore les touristes qui les mettront en mouvement via une manivelle dont l’impulsion se transmettra à l’eau. Dans le second parc le plus visité de France derrière celui du Luxembourg, l’animation estivale du jardin des plantes atteindra son apogée en septembre au cours d’une suite d’événements inédite dans la capitale des Pays-de-Loire : la « semaine verte » s’ouvrira le 8 avec la Folie des plantes pour s’achever du 10 au 12 par le Salon du végétal.

Diversité des points de vue

Après avoir actionné une autre manivelle qui déclenchera l’apparition de  joncs blancs sur les tiges d’un arbre, principale nouveauté de cette seconde édition, le public pourra reprendre son initiation à l’Aalu, l’alphabet à lettre unique déjà introduit l’an dernier : selon l’endroit d’où on l’observe, un segment d’hélice produit des formes multiples qui dessinent d’étranges calligraphies au sol, toujours  blanches.
A nouveau cette année, la danse nautique des droliques se prolongera dans les ondulations aériennes des treillis de bois qui, dès cette fin avril, commencent à frayer leur passage entre les pièces d’eau, les bosquets et les parterres. Toujours auto-stable sans clou ni vis, cette création architexturale différera, dans sa conception, de celle de l’an dernier : un maillage carré succède au système de triangulation.

Les architextures autostables ondulent à travers les bassins, chemins, bosquets et pelouses du Jardin des plantes 

Singularité de l’oeuvre

Pourquoi ce changement ? « Des élèves architectes m’ont expliqué que des assemblages de Léonard de Vinci reposaient sur le même principe de triangulation que mes architextures de l’an dernier. Ca m’a déçu : je ne veux créer que des œuvres que personne n’a jamais vues avant », explique Johann Le Guillerm, l’artiste invité par la ville de Nantes pour enchanter son jardin.
Issu de l’art circassien, il s’en est détaché pour mieux en retrouver l’essence : offrir une infinie diversité de spectacles, selon le lieu où se trouve le spectateur. Cette recherche s’est apparentée à la traversée d’un désert : « J’ai voulu faire un  point sur ce qui m’entoure, un inventaire du monde hors des connaissances établies. Mais de nombreux éléments appartiennent à plusieurs ensembles : je me suis vite trouvé débordé ».

Inversion du regard

Au bout de la recherche, l’Eurêka est venu d’un renversement : au lieu de regarder le monde, Johann Le Guillerm a regardé le point. « De quoi est fait le minimal ? Introduisons-nous dedans ». L’artiste, ici, rencontre le philosophe et le physicien. Mais l’invention d’une nouvelle culture ne rompt pas avec l’univers des saltimbanques, comme en atteste la joyeuse troupe qui s’active à monter l’installation nantaise, ou la longue tresse qui soudain se dévoile à l’arrière de sa tête, lorsqu’il ôte son bonnet.
Sérieux, drôle et insolite comme le clown du cirque, le plasticien et acrobate conceptuel du jardin des plantes de Nantes décline son art sous des formes renouvelées : conférences de pataphysique ou expositions d’imaginographes, ces outils de son invention que le public expérimente au jardin tropical du bois de Vincennes.

De l’éphémère au permanent

Facilement insérées à Paris dans le décor semi-abandonné et désuet des expositions universelles du début du XXème siècle où il a installé son atelier laboratoire, les créations de Johann Le Guillerm se fondent sans plus de  peine dans l’ordonnancement romantique du jardin des plantes de Nantes. Après le cirque et l’animation événementielle de l’espace public, l’artiste prépare une nouvelle étape : trois lieux du quartier de la soie, à Villeurbanne (banlieue de Lyon) accueilleront « les serpencils », un spectacle permanent pour le quartier en rénovation.

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