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Jean Prouvé : un pavillon métropole remonté en trois jours

Maxime Bitter (bureau de Lille du Moniteur) et Dora Courbon (Les CTB) |  le 05/04/2013  |  NordjeanprouveArchitectureMaison individuelleImmobilier

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À Tourcoing, dans la métropole lilloise, le remontage, par le bailleur Vilogia, du « Pavillon métropole » de Jean Prouvé illustre le génie constructif de l’ingénieur.

Le démontage aura pris deux semaines l’été dernier. Le remontage trois jours fin mars. Cette maison tourquennoise de type « métropole » dessinée par l’ingénieur Jean Prouvé en 1952 suite à une commande du ministère de la reconstruction et du CIL de Roubaix et Tourcoing, démontre, par la rapidité des assemblages, l’intérêt de ce mode constructif.

« C’est le génie de Jean Prouvé, raconte Jean-Charles Huet, l’architecte roubaisien en charge de la réhabilitation. Cette maison devait préfigurer une immense série et conjugue ainsi deux atouts : vitesse de montage et industrialisation de la production ». La grande série ne sera finalement pas commandée et les rares témoignages de cette architecture de l’habitat d’urgence sont protégés.

Dans ce « pavillon métropole » de 12 mètres sur 8 mètres, seuls deux portiques axiaux, une poutre faîtière et deux poutres de pignon en acier forment la structure. La toiture en bacs acier s’y emboite laissant libre cours au cloisonnage. Pour les futurs locataires, une agence d’architecte, le cloisonnement sera minimal.

Panneaux de façade et cloisons intérieures sont formés dans le même moule, seul le remplissage d’isolation les différencie : deux panneaux d’aluminium légèrement bombés, de 98 cm de large, avec au choix un parement intérieur bois pour le séjour, aluminium pour les salles d’eau et de Placoplatre pour les chambres. La modularité est totale, les panneaux sont glissés dans des guides métalliques au sol et au plafond. À l’intérieur des panneaux, Jean Prouvé glisse deux ressorts permettant de garantir l’effet galbé de l’aluminium dans le temps.

Des pièces méticuleusement traitées

La rénovation de ces éléments métalliques est l’œuvre de l’entreprise de serrurerie-métallerie SMJ de Lucien Jedreski à Saint-Amand (59). Le duo formé par l'entrepreneur et l’architecte Jean-Charles Huet tient la durée.  Ils ont rénové ensemble le premier pavillon détenu par l’ancêtre de Vilogia et cédé en 1996 à des passionnés qui maintiennent la vocation sociale du logement en le louant à un prix modéré.

Lucien Jedreski, qui a rénové notamment le chevalement du puits de mine de Wallers Arenberg, a eu quelques surprises en restaurant les panneaux. « La multiplication des couches de papiers ou tapisseries sur les panneaux a compliqué le décapage », explique-t-il. Sans parler du polystyrène, collé sur les panneaux métalliques de toiture… Mais il est parvenu à restaurer l’ensemble, sans toutefois vouloir révéler la composition des bains de traitement ! Seule concession à la conception d’origine, le plancher chauffant exige de surélever la structure de 8 cm.

Les menuiseries extérieures sont aussi originales, d’inspiration directe des ouvertures à guillotine des wagons de chemins de fer. Le système du constructeur Farnier est repris. Un système ingénieux de trois ressorts permet de maintenir la fenêtre et rend son ouverture très souple. Les fenêtres restaurées restent en simple vitrage, le châssis ne permettant pas d’y glisser une épaisseur plus importante. Pour les joints, c’est chez les fournisseurs de matériel ferroviaire que Lucien Jedreski a du s’approvisionner. Une baie vitrée en façade est néanmoins traitée de façon moderne, avec un double vitrage performant.

Performance améliorée, sans dénaturer

Cette maison était devenue en 60 ans une véritable passoire thermique. Elle offrira, au futur locataire, une performance de 150 kWh/m².an. Frédéric Fournier, chargé du développement patrimoine du bailleur et qui porte des grands programmes de réhabilitations thermiques, aurait aimé atteindre le BBC rénovation. Impossible ici sans dénaturer le patrimoine. 8 cm de polyuréthane et 40 cm de laine de verre séparés d’un isolant mince sont insérés dans les panneaux de façade. Et 200 mm de laine de roche en toiture. De quoi passer l’hiver prochain au chaud sans se ruiner.

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