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Jean-Marc Ayrault à Ecocity (Nantes) : « l'urbanisation est d'abord une question politique »

Jean-Philippe Defawe, bureau de Nantes du Moniteur |  le 30/09/2013  |  EnvironnementEtatInternationalParisLoire-Atlantique

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« Les citoyens sont prêts à passer à d'autres modèles urbains », a affirmé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en clôture du sommet mondial des villes durables, Ecocity, à Nantes. Mais sans volonté politique, « il ne se passera rien », a-t-il affirmé dans un discours fixant sa vision de la « ville durable ».

C'est à Nantes,  ville dont il a été maire de 1989 à 2012 et qui a été désignée « capitale verte de l'Europe pour 2013 », que le Premier ministre a défini sa vision de la ville durable. Ce thème « a guidé mon engagement politique et structure une part importante de l'action du gouvernement », a-t-il rappelé en clôture du sommet Ecocity, qui s'est tenu du 25 au 27 septembre.

Devant des militants écologiques, des professionnels de l'urbanisme et des élus venus de 70 pays, le Premier ministre a rappelé que « l'enjeu est bien d'inventer, dans l'urgence, un nouveau projet et une nouvelle vision pour la société mondiale ». Urgence car il faut « accélérer le changement », a insisté Jean-Marc Ayrault en rappelant les conclusions du rapport des experts du GIEC remis le matin même (qui prévoit une augmentation de la température de 3 à 4 degrés d'ici la fin du siècle si rien n'est fait).

Pour Jean-Marc Ayrault, « ce défi concerne d'abord nos villes, car elles sont le lieu où se croisent et s'exacerbent toutes les problématiques du développement durable ». De fait, alors qu'elles ne recouvrent que 3% des terres émergées, elles représentent 50% de la planète, 75% de la consommation d'énergie, de la consommation des ressources et 75% des émissions de gaz à effet de serre.

« Chaque semaine, ce sont plus d'un million d'hommes et de femmes qui s'installent en ville », a rappelé le Premier ministre. « Comment ne pas voir que ces chiffres vertigineux bouleversent tous nos cadres de pensée et toutes nos habitudes ? (...) C'est un changement considérable pour les dirigeants que nous sommes. Pendant des siècles, notre approche a été exclusivement urbanistique, architecturale, économique ou hygiéniste. (...) Nous touchons tous aujourd'hui aux limites du modèle urbain dont nous héritons », a-t-il ajouté.

Des territoires zéro carbone

Face à ce constat sans concession, les enjeux sont multiples. D'abord sociaux : « Une ville qui exclut, c'est une société qui se délite, et qui finit parfois par exploser », prévient le Premier ministre. Puis économiques : « Les territoires du futur s'appuieront sur des modèles économiques de proximité, croisant ressources locales et usages locaux. (...) Cette nouvelle économie territoriale assurera le bouclage maximal  de tous les cycles de la matière et de l'eau », professe-t-il. Mais l'enjeu primordial est bien de respecter les ressources, la biodiversité et le climat. « Certaines villes ambitionnent de devenir des territoires zéro carbone, comme Masdar, aux Emirats Arabes Unis. Pourquoi ne pas viser cet objectif ? La ville doit d'abord être décarbonnée : c'est la priorité », a-t-il déclaré.

Un objectif particulièrement ambitieux mais Jean-Marc Ayrault a rappelé que les moyens était connus : ville dense, sobriété énergétique, énergies de proximité, recyclage des déchets... Et le Premier ministre de citer en exemple deux opérations nantaises récemment livrées qu'il venait juste de visiter : le bâtiment B, un immeuble tertiaire en bois sur l'île de Nantes, et  Villavenir + Atlantique, une opération de six logements sociaux à énergie positive réalisée à l'initiative de la FFB 44, pour démontrer que ce type d'habitat est réalisable quel que soit le mode constructif (maçonnerie, bois, métal).

« Tous ces chantiers exigent que nous fassions un effort sur nous-mêmes pour repenser nos habitudes et dégager des marges de manœuvres pour financer des priorités. (...) Chacun ici, à la place où il est, a son rôle à jouer », a-t-il déclaré en rappelant le sien. « Nous nous sommes engagés depuis un an dans une transition énergétique majeure, en fixant des objectifs de réduction des consommations de 50% en 2050, en diminuant de 30% notre consommation d'hydrocarbures en 2030 et en rééquilibrant massivement notre mix énergétique au profit des énergies renouvelables », a-t-il rappelé en citant également une évolution de la législation « en matière de logement, d'urbanisme, de décentralisation, de biodiversité et bientôt d'énergie ».

Les collectivités locales en première ligne

Mais pour l'ancien maire de Nantes, la première responsabilité pour « accélérer le changement » est celle des responsables locaux. « Les Etats doivent évidemment fixer les règles et donner des outils mais les collectivités ont la responsabilité ultime de faire ou de ne pas faire. La loi ne remplacera jamais une vision urbaine construite localement, ni la qualité de l'urbanisme et de la construction qui sont offertes », explique-t-il en affirmant que « les citoyens sont prêts à passer à d'autres modèles urbains ».

Alors que les échéances des élections municipales approchent, Jean-Marc Ayrault a insisté sur le fait que « tout se joue dans le fonctionnement démocratique de nos territoires ». « Débattons, argumentons, mobilisons, convainquons et votons pour une ville dans laquelle la qualité de vie et la prospérité sont à portée », a-t-il déclaré. Une citation que d'aucuns auront pris pour une allusion fine au débat local sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes qui oppose deux visions de l'écologie. Car pour l'ancien maire de Nantes, ce projet - qui se substituera à l'actuel aéroport Nantes-Atlantique - permettra de diminuer les nuisances sonores subies par les riverains, mais surtout de densifier la ville en aménagement de nouveaux quartiers sur le foncier laissé disponible.

Un accord contraignant sur le climat en 2015

Le Premier ministre a également souhaité que la conférence des Nations unies sur le changement climatique prévue à Paris en 2015 débouche sur « un accord contraignant car c'est la condition de sa mise en oeuvre effective, et c'est bien à une obligation de résultat que nous assignent les générations futures ». Il a souhaité que cet accord soit « inclusif et équitable, c'est-à-dire engageant toutes les parties prenantes, mais en fonction de leurs capacités et assorti de mécanismes de soutien technologique et financier indispensables ».
En réagissant sur les conclusions des experts sur le réchauffement climatique du Giec, Jean-Marc Ayrault a estimé qu'il « montre à l'évidence que nous devons agir avec encore plus de détermination pour lutter contre le réchauffement climatique ». « Il faut absolument monter en puissance pour que la France contribue à réduire ce réchauffement climatique », a-t-il indiqué, précisant qu'il ne s'agit « pas de revenir en arrière, d'être dans une logique de décroissance ».

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