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« Je veux responsabiliser les élus locaux en matière de logement », Emmanuel Macron (LREM)
Emmanuel Macron, candidat LREM à l'élection présidentielle de 2022. - © ERIC FEFERBERG / AFP
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« Je veux responsabiliser les élus locaux en matière de logement », Emmanuel Macron (LREM)

Propos recueillis par Fabien Renou |  le 06/04/2022  |  InterviewEmmanuel MacronPrésidentielle 2022France

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Emmanuel Macron
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Logement, énergie, urbanisme... Le candidat de La République en marche à l'élection présidentielle a répondu aux questions du Moniteur.

Votre quinquennat s'est ouvert avec la décision d’annuler le projet de Notre-Dame-des-Landes et se termine avec celle de lancer de nouvelles grandes lignes ferroviaires. Le prochain mandat sera-t-il celui des grands chantiers de transports ?

Il n’y a pas de contradiction entre la décision d’annuler le projet de Notre-Dame-des-Landes et celle de lancer de nouvelles grandes lignes ferroviaires. Ces deux décisions ont pour point commun de favoriser le verdissement nécessaire de nos transports, qui contribuent pour un tiers de nos émissions. Petits ou grands, nous soutiendrons les chantiers qui nous permettent de rendre les transports plus modernes, plus verts et plus accessibles. C’est dans cette perspective que nous soutiendrons par exemple le développement des locations de longue durée de voitures électriques, dont l’offre de base devra être à moins de 100€ par mois. Nous continuerons également d’aider au déploiement rapide de bornes de recharge électrique, à la création de pistes cyclables et au développement du premier avion bas carbone.

Vous annoncez la construction de six EPR d'ici à 2035. Compte tenu des expériences passées mais aussi des tensions sur le marché du travail, comment garantissez-vous que les délais seront tenus ?

Pour tenir les délais, nous construirons ces réacteurs sur des centrales existantes, avec du pré assemblage. Pour les compétences, nous prévoyons de former un million de personnes aux métiers d’avenir, notamment dans l’énergie (ingénieurs pour la conception et le suivi), et dans les métiers du BTP spécialisés, comme les soudeurs. Pour parvenir à former ces talents, nous ferons du lycée professionnel une voie d’excellence et nous assumerons d’ouvrir toutes les places nécessaires dans les filières du supérieur qui correspondent aux besoins de la Nation, en particulier en matière de transition énergétique.

Avec Action Cœur de Ville, les villes moyennes ont été au centre des préoccupations des cinq dernières années. Quelle seront les priorités de votre prochaine politique d'aménagement du territoire ?

Plus qu’une réussite, Action Cœur de Ville dessine le modèle de l’action publique de demain. En capitalisant sur cette méthode participative avec les collectivités, nous continuerons notre action et l’élargirons notamment aux périphéries et aux entrées de villes, en associant les habitants. Il faudra également continuer de soutenir, notamment en ingénierie, les initiatives visant à éviter l’étalement urbain et réhabiliter les friches. Enfin, nous ferons de l’accueil des JO 2024 un levier puissant de développement des villes moyennes (avec notamment le label « Terre de Jeux 2024 »).

Durant votre mandat, les bailleurs sociaux ont perdu 5 milliards d’euros de trésorerie alors que les besoins de construction et en rénovation sont immenses. Pour les aider à faire face, reviendrez-vous sur la RLS qui doit être négociée en 2023 ?

Nous devons accompagner le parc social dans la mise en œuvre d’évolutions majeures. Il faut regarder la situation dans sa globalité : les capacités d’investissement des bailleurs sociaux se sont reconstituées, car la RLS a été bien compensée. Les études de la Caisse des Dépôts montrent une situation financière solide du secteur HLM, stable depuis 2016. Enfin, nous avons veillé à renforcer les bailleurs sociaux avec la loi Elan qui a incité à leurs regroupements pour atteindre le seuil d'au moins 12 000 logements gérés. Concernant l'avenir de la RLS, une clause de revoyure est prévue en 2022. Ce sera l’occasion de dresser le bilan et d’explorer des scénarios alternatifs avec le secteur HLM et les financeurs du secteur.

Comment enrayer la baisse du nombre de permis de construire octroyés dans les métropoles, là où les besoins sont criants ?

Depuis 5 ans, le rythme de construction s’est accéléré – avec plus de 2 millions de permis de construire, malgré la crise sanitaire, et nous pouvons tous nous en féliciter. Ces chiffres record ont notamment été permis par le choc de simplification de la loi Elan : en réécrivant le Code de la construction et en l’allégeant d’une page sur cinq, nous avons facilité l’acte de construction.
Mais malgré le fait que nous ayons construit davantage de logements que sous les deux quinquennats précédents, il faut reconnaître que nous ne parvenons pas à construire suffisamment de logements collectifs dans les zones tendues. Il nous faut en tirer les conséquences et faire davantage confiance aux acteurs locaux, qui connaissent les besoins de leurs territoires et peuvent articuler politique du logement, de transports, du cadre de vie...

C’est pourquoi je veux davantage donner la responsabilité en matière de logement, et les financements qui vont avec, aux communes et aux intercommunalités. Il s’agit de responsabiliser les élus locaux. Les moyens nécessaires leur seront confiés. En échange, ils devront s’engager à relancer la construction dans les zones qui en ont besoin. Ce sera le cadre de la concertation avec les élus locaux.

Vous souhaitez conserver le rythme de 700 000 logements rénovés. Mais comment développer les opérations de rénovation globale, les plus efficaces, qui font encore défaut ?

Nous avons fait énormément avec MaPrimeRénov’. Et nous allons continuer en facilitant les travaux de rénovation pour tous les Français. Nous allons massifier les dispositifs de financement et déployer des accompagnateurs pour conseiller mais aussi orienter les propriétaires vers les scénarios présentant le meilleur rapport entre la performance énergétique et l'effort financier pour le ménage. Nous savons aussi que les copropriétés sont en retard sur les travaux de rénovation, et que l’ampleur des travaux réalisés peut être améliorée. Pour répondre à ces enjeux, nous inciterons à la création d'accompagnateurs de la rénovation énergétique spécialisés pour les copropriétés. Ces acteurs, sélectionnés par la puissance publique, veilleront à conduire l’ensemble des travaux des copropriétés en intégrant les économies d’énergie réalisées par les ménages dans le financement.

Notre série d’interviews des candidats

 

A l'approche du premier tour de l'élection présidentielle, « Le Moniteur » a sollicité les six candidats les mieux placés dans les sondages afin de les questionner sur les thématiques du logement, de l’énergie et de l’aménagement du territoire. Nous les avons interrogés sur des points précis de leur programme, afin qu’ils détaillent leurs propositions. Ces réponses nous sont parvenues par écrit.

L’équipe de Marine Le Pen a répondu ne « pas pouvoir prendre le temps de répondre à [nos] questions ». Celle d’Eric Zemmour n’a jamais donné suite malgré nos relances.

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