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« Je regrette que la fierté de nos jeunes soit réduite à une petite phrase », Bruno Cavagné, président de la FNTP
Bruno Cavagné (au centre) accompagné de Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, lors du déplacement d'Emmanuel Macron à Egletons, le 4 octobre. - © © FNTP

« Je regrette que la fierté de nos jeunes soit réduite à une petite phrase », Bruno Cavagné, président de la FNTP

Propos recueillis par Jessica Ibelaïdene |  le 06/10/2017  |  eatp

Le 4 octobre, Bruno Cavagné, président de la FNTP, accompagnait le président de la République, Emmanuel Macron à l’Ecole d’application des métiers des travaux publics. Cet établissement situé à Egletons, en Corrèze, accueille près de 600 élèves et est géré directement par la branche. Mais ce qui devait être une « formidable » vitrine pour la profession a tourné à la polémique. En cause : une petite phrase du président de la République - «Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes» – qui a accaparé les médias et les commentaires. « Au lieu de parler du fond », ce que regrette Bruno Cavagné.

Quel est votre sentiment après la visite d’Emmanuel Macron à Egletons, ce 4 octobre ?

Je suis en colère et agacé car il n’en reste qu’une petite phrase que beaucoup de médias passent leur temps à décortiquer depuis deux jours, alors qu’il y avait de vrais enjeux autour de cette visite. On a complètement oublié les jeunes de l’Ecole d’application des métiers des travaux publics (EATP), les efforts qu’ils font, ce que nous savons faire, ce que nous leur apprenons. Je regrette vraiment que la fierté de nos jeunes, la journée formidable qu’ils ont passée, soient réduites à cela. C’est une polémique stérile.

Qu’attendiez-vous initialement de cette journée ?

Nous souhaitions d’abord montrer que l’école d’Egletons, qui participe à la fierté de notre profession, avait beaucoup évolué. Nous avons investi beaucoup d’argent pour donner des conditions décentes aux élèves du campus en termes de logement, de matériel… Chaque élève a, par exemple, sa propre machine pour pouvoir travailler, comme en site propre. A Egletons, nous avons beaucoup de propositions dans un même lieu : alternance, apprentissage, formation initiale et continue. Les professionnels sont toujours présents pour apporter leur savoir aux élèves et permettent d’adapter rapidement les enseignements, d’être très réactifs. Enfin, nous espérions montrer un autre visage des travaux publics, car nos métiers ne sont pas comme beaucoup de gens l’imaginent. Nous devons défendre l’image de la profession, montrer ce que nous savons faire et l’innovation que nous pouvons apporter.

Malgré la polémique, que retient la trentaine d’entrepreneurs présents avec vous de ce déplacement présidentiel ?

Pour les professionnels comme pour les élèves, c’était important de recevoir de nouveau Emmanuel Macron – il était déjà venu en tant que ministre de l’Economie en 2016, NDLR -, avec deux de ses ministres, Muriel Pénicaud (Travail) et Jean-Michel Blanquer (Education nationale). Le discours du président de la République était plutôt optimiste. Nous avons eu quelques pistes sur la formation, comme la volonté d’impliquer plus les branches, ce qui nous convient bien. Surtout, les entrepreneurs ont entendu de la bouche du chef de l’Etat qu’ils auraient du travail, qu’il y avait une volonté politique de faire et d’avancer. Il nous a donné une bouffée d’espoir qui fait du bien après les années que nous venons de passer.

Et qu’en ont pensé Emmanuel Macron et les ministres ? Vos messages ont-ils été entendus ?

 Ils étaient ravis. Muriel Pénicaud et Jean-Michel Blanquer ne s’attendaient pas à ce que nous leur avons présenté. La ministre du Travail cite même déjà Egletons en exemple, car cette implication de la branche et la réussite de ce projet (les jeunes ont, en moyenne, 2,6 propositions d’embauche en fin de cursus) est le modèle vers lequel elle souhaite tendre avec la réforme de la formation et de l’apprentissage. Elle veut d’ailleurs travailler davantage avec nous. Avec Jean-Michel Blanquer, nous avons évoqué la possibilité d’intégrer à Egletons des populations plus en difficulté. Nous avons un autre travail de fond à réaliser avec l’Education nationale pour mieux faire connaître nos métiers. C’est une tâche qui sera longue, car nous devons changer les mentalités, faire comprendre que nos métiers sont attractifs, et qu’ils embauchent.

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