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Jacques Tavernier, p-dg d'Eurovia : "Avec l'acquisition de Vossloh nous allons devenir un acteur majeur des infrastructures ferroviaires"

Pouthier Adrien |  le 25/09/2008  |  France entièreTransportsContrat de partenariatConjonctureEurope

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La filiale transport du groupe Vinci, a finalisé, lundi 22 septembre, l'acquisition de la société allemande spécialiste des infrastructures ferroviaires. Le montant de l'acquisition s'élève à 150 millions d'euros.
Jacques Tavernier, pdg d'Eurovia s'explique sur cette acquisition et les futures stratégies de la nouvelle entité baptisée ETF-Eurovia Travaux Ferroviaires

Le Moniteur : Comment l'acquisition de Vossloh Infrastructure Services (VIS) s'inscrit-elle dans la stratégie d'Eurovia ?

Jacques Tavernier : Cette acquisition est importante pour Eurovia. Elle permet de nous renforcer et de devenir un acteur majeur dans les infrastructures ferroviaires. C'est un secteur qui ne nous est pas totalement inconnu puisque nous avons participé à la réalisation de nombreux tramways, souvent en partenariat avec Vossloh Infrastructure Services d'ailleurs. Nous réalisions la plate-forme, désormais nous pourrons également poser les voies et les caténaires. Les synergies commerciales sont assez évidentes et devraient déboucher sur des offres globales.

Le management et les objectifs de VIS vont-ils changer ?

Nous n'avons pas l'intention de bouleverser la stratégie ni l'organisation. Le vrai changement concerne le nom de l'entreprise puisque Vossloh Infrastructure Services devient ETF-Eurovia Travaux Ferroviaires. Henri Dehé reste p-dg et l'équipe de direction sera étoffée.

Quelles sont les synergies que vous envisagez ?

Outre les offres globales que nous allons pouvoir proposer pour les projets de tramway, nous allons travailler de concert en ce qui concerne les projets de ligne à grande vitesse. C'est déjà le cas pour la ligne Sud Europe Atlantique où nous faisons partie intégrante du groupement mené par Vinci. Nous avons également quelques ambitions à l'international, notamment en République tchèque où notre filiale SSZ a un important pôle de travaux ferroviaires. Des collaborations avec ETF-Eurovia Travaux Ferroviaires auraient du sens.

Vous mettez en place un plan stratégique baptisé "Eurovia 2012". Quelles en sont les grandes lignes / orientations ?

Notre réflexion stratégique porte sur cinq axes : l'amélioration des performances opérationnelles (méthodes, productivité…), l'accroissement de nos capacités de production de granulats, la politique de croissance externe, la possibilité de diversifications et le développement dans les grand projets en PPP en collaboration avec les autres entités du groupe Vinci.

Où pensez-vous réaliser vos prochaines opérations de croissance externe ?

Nous ciblons les marchés à fort potentiel, en Europe de l'Est (Pologne, Roumanie…), au Canada… Nous cherchons aussi à y renforcer notre production industrielle. Et comme le montrent les acquisitions de Signature (signalisation horizontale) et Vossloh Infrastructure Services (travaux ferroviaires), nos opérations de croissance externe visent aussi à diversifier notre activité. Nous regardons du côté des activités de service, entretien/maintenance des réseaux routiers, en Allemagne, en Espagne, au Chili… Reste qu'il ne s'agit pas de grossir pour grossir mais de saisir les opportunités où elles se présentent et à un prix raisonnable.

La conjoncture économique actuelle complique-t-elle la donne en matière de croissance externe ?

La tension sur les marchés bancaires et le resserrement des conditions de crédit ne facilitent pas les choses. Mais la conjoncture peut également inciter certaines entreprises à vouloir s’adosser à un grand groupe et en cela, être génératrice d’opportunités.

Quel pourrait être l'impact des "lois Grenelle sur l’Environnement" sur votre activité ?

Le curseur des politiques publiques a clairement été déplacé vers le ferroviaire. Ce qui renforce l'intérêt de l'acquisition de VIS. En termes de produits, nul doute que les lois du Grenelle conforteront notre stratégie d'innovation. Nous n'avons pas attendu le Grenelle pour développer le recyclage, les enrobés tièdes, les additifs d'origine végétale… Il nous faut encore poursuivre notre travail pour convaincre encore plus de maîtres d'ouvrage. Cela est plus facile aujourd'hui car nous avons davantage de recul pour prouver la durabilité de ces nouveaux produits. De quelques milliers de tonnes en 2003, nous dépasserons les 300 000 tonnes d'enrobés tièdes à l' "aspha-min" cette année.

Les PPP dans la route rencontrent peu de succès en France. Pariez-vous toujours sur ce modèle ?

L'idée fera son chemin mais la force d'inertie dans le secteur et le poids des traditions sont importants. Nous saurons accompagner le développement inéluctable des PPP en France notamment en tirant partie de notre expérience à l'étranger. Via notre filiale Ringway, nous gérons en PPP, le tiers du réseau routier londonien et plusieurs autres grands réseaux dans différents comtés.

Comptez-vous augmenter votre part de chiffre d'affaires à l'international ?

Notre objectif est de réaliser 45% de notre activité à l’international en 2012. Outre le renforcement de nos positions, nous souhaitons aussi structurer des équipes et des savoir faire pour le grand export, notamment pour accompagner le groupe dans ses grands projets. Nous allons donc mettre en place une gestion des ressources humaines ad hoc et une gestion des carrières encourageant la mobilité à l'international.

Comment jugez-vous le marché allemand ?

Le marché allemand se porte plutôt bien pour nous. Nous y avons une activité satisfaisante, portée par deux gros projets de plus de 200 millions d'euros : l'élargissement et la réfection en concessions de l'autoroute A4 sous forme de A-Model ainsi que la plate-forme du nouvel aéroport de Berlin. Nous allons remettre une offre fin octobre pour un autre A-Model, l'autoroute A5, et le gouvernement allemand a annoncé un nouveau programme. Nous sommes donc raisonnablement optimistes.

L'offensive du major du BTP autrichien Strabag, dont le russe Oleg Deripaska détient 25 %, vous inquiète-t-elle ?

Pas du tout. Eurovia dispose d’atouts solides. Si le groupe Strabag a de grandes ambitions en Europe, sa concurrence s’exerce plus dans le domaine de la croissance externe que dans celui de la croissance organique. Pour le reste, il ne m’appartient pas de commenter la stratégie de Strabag.

Vous avez choisi la voie de la croissance organique en Pologne. Quels sont vos objectifs ?

Nous étions très présents dans le sud de la Pologne, à Cracovie et à Katowice. Nous avons décidé d'étendre notre activité à l'ensemble du pays en ouvrant des agences à Poznan, Gdansk et Szczecin et en construisant neuf postes d'enrobage. Ceci va nous permettre de passer de 40 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2007 à 100 millions cette année.

Souhaitez-vous aller en Russie ?

Nous regardons, avec Vinci, le projet d'autoroute Moscou-Saint Pétersbourg. La Russie est un pays avec de gros besoins en équipements et en infratsructures : il est donc logique que nous nous y intéressions. Nous allons donc étudier les codes locaux, les règles techniques et administratives et essayer d'y trouver des partenaires. Ce dernier point est fondamental.


Propos recueillis par Julien Beideler

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