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Italcementi ferme en Sicile pour ne pas se soumettre à la mafia
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Italcementi ferme en Sicile pour ne pas se soumettre à la mafia

CHESSA Milena |  le 24/12/2007  |  EntreprisesInternational (hors U.E)Europe

Italcementi, le géant de la construction et des travaux publics italiens, a annoncé lundi sa décision de fermer la Calcestruzzi, sa filiale de Sicile, "en signe de son refus de se soumettre ou de faire preuve de complaisance" vis-à-vis de la mafia.

Les sept usines à béton de la Calcestruzzi seront fermées et leurs 26 employés n'assureront plus que les contrats en cours et la maintenance, a annoncé dans un communiqué la filiale sicilienne qui a saisi elle-même récemment la justice pour des "irrégularités" découvertes dans ses activités. La décision de fermeture n'est pas une "capitulation" devant la mafia mais une "mesure indispensable (...) pour que soient éclaircies toutes les irrégularités, changés les responsables et modifiées les règles, de telle façon que de tels épisodes ne puissent se reproduire", précise le communiqué. La Calcestruzzi assurait 3% seulement de l'approvisionnement du marché sicilien pour un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros annuels, à comparer aux 5,85 milliards d'euros de chiffre d'affaires publié par le groupe Italcementi pour 2006.

Une récente étude sur "les coûts de l'illégalité" de l'Université sicilienne de Palerme a évalué entre 2% et 4% de la valeur de chaque chantier le poids du "pizzo", l'impôt mafieux, sur les activités du bâtiment et des travaux publics dans l'île. Selon cette étude, financée par la Fondation Chinnici (du nom d'un magistrat italien assassiné par la mafia en 1983) chaque entreprise du secteur devrait payer en moyenne 17.000 euros par chantier à la mafia. La décision de la Calcestruzzi a été saluée par l'organisation patronale italienne Confindustria qui a lancé en septembre dernier un mouvement de révolte contre le paiement du "pizzo". Pour la première fois la Confindustria a en effet décidé d'exclure de ses rangs les entreprises qui se soumettraient à cet impôt. Le président local de la Confindustria, Yvan Lo Bello, a été placé sous protection policière et le siège de l'organisation à Caltanissetta, dans le centre de la Sicile, a été mis à sac fin novembre, un acte de représailles attribué à Cosa Nostra.
©AFP

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