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Isolation thermique Le mur manteau dopé par la réglementation
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Isolation thermique Le mur manteau dopé par la réglementation

F. S. |  le 13/09/2007  |  RéalisationsSecond œuvreProduits et matérielsGros œuvreBois

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Avec les évolutions de la réglementation, les systèmes d’isolation thermique par l’extérieur gagnent du terrain. Les revêtements de façade accompagnant les bardages et autres vêtures offrent une grande variété de finitions.

«La généralisation de l’isolation par l’extérieur nécessite une véritable révolution culturelle au sein des acteurs de la construction, qui est totalement sous-estimée. » C’est l’une des conclusions qui ressort du rapport du Prebat, programme de recherche sur l’énergie dans le bâtiment. Il faut dire que les premières applications de ces systèmes en France furent quelque peu malheureuses. Au début des années 1980, il se posait près de 8 millions de m2 de mur manteau par an. Aujourd’hui, le marché de l’isolation par l’extérieur ne représente plus que 4 millions de m2. « Nous avons connu une forte sinistralité portant sur les systèmes d’enduits minces sur isolants, reconnaît Dominique Delassus, président du groupement du mur manteau, réunissant les principaux industriels du secteur. Cela a sans doute porté préjudice aux acteurs de la filière », poursuit-il. Les systèmes étaient surtout destinés à la rénovation. « A la suite des premières utilisations des plaques collées, certaines pathologies résultant d’une incompatibilité de la colle avec les supports anciens (maçonnerie, peinture) ont été observées », explique Daniel Bernstein, enseignant et ingénieur du cabinet de maîtrise d’œuvre A & I. Mais le problème semble résolu.

Ponts thermiques pénalisés. « Les colles ont été améliorées et de nouveaux systèmes de fixation mécanique ont été développés », assure Dominique Delassus. Les procédés d’isolation par l’extérieur semblent même connaître un retour en grâce. Les industriels du monde de la peinture, du béton ou de l’isolation sont de plus en plus nombreux à s’engouffrer sur ce marché.

L’inflexion a sans doute été provoquée par les évolutions de la réglementation thermique (RT). La pénalisation des ponts thermiques y est de plus en plus marquée. Dans le neuf, l’objectif de traitement des ponts thermiques a été renforcé de 20 % entre la RT 2000 et la RT 2005. « Aujourd’hui, il est encore possible de se passer de corriger les ponts thermiques sur les ouvrages inférieurs à R 1, estime Dominique Delassus. Demain, ce ne sera plus possible. »

Choix du mode constructif.Du côté des concepteurs, la même tendance se dégage. « Il semble très probable que la RT 2010 soit la réglementation thermique du « construire autrement », affirme André Pouget, directeur du bureau d’études thermiques Pouget Consultants. « Traiter les ponts thermiques est une solution qui permet à elle seule le gain d’une étape réglementaire. Cela représente 10 à 15 % de performance », poursuit-il. Certains modes de construction seront-ils condamnés ? « Non, répond André Pouget. Mais il faudra nécessairement mettre en place des rupteurs thermiques dans le cas de l’isolation intérieure sinon recourir aux solutions d’isolation par l’extérieur, répartie ou sur ossatures », ajoute-t-il. Evidemment le choix d’un mode constructif dépendra du type d’ouvrage : résidentiel ou tertiaire, individuel ou collectif, etc. Certains avancent que le marché de l’isolation thermique extérieure ne devrait pas spécialement se développer en maison individuelle neuve. « Dans ce type de construction, les ponts thermiques horizontaux sont assez limités et les verticaux peuvent par exemple être traités en intercalant un isolant entre le mur de refend et le mur de façade », observe Daniel Bernstein. Dans cette configuration, les ponts thermiques sont faibles et ne justifient pas une isolation thermique par l’extérieur beaucoup plus coûteuse », précise-t-il. Le choix du mur manteau ne se réduit pas à l’intérêt de traiter les ponts thermiques. Il modifie aussi les caractéristiques hygrothermiques des bâtiments. L’inertie des constructions ainsi renforcée permet d’accroître le confort d’été. L’absence de pont thermique évite les condensations et moisissures qui souvent les accompagnent...

Revêtements variés pourles isolants extérieurs.Du point de vue esthétique, les architectes semblent se laisser séduire par la variété des revêtements des isolants extérieurs proposés aujourd’hui par les industriels. Textures et couleurs nouvelles, simplicité et rapidité des mises en œuvre à sec, facilité de remplacement des éléments de petite ou grande taille... leur donnent l’occasion de composer autrement des façades aux finitions soignées et faciles à entretenir pour peu qu’elles soient bien conçues. Nombre d’architectes encouragent ce mode constructif efficace et rapide d’exécution.

« Il s’agit d’une voie à explorer », estime François Pélegrin, architecte. « Persévérer dans l’isolation par l’intérieur suppose de recourir aux rupteurs de ponts thermiques. C’est là qu’il faut faire attention aux coûts, à la mise en œuvre et aux risques de fragilisation des structures », poursuit-il. Enfin, pour que ce mode constructif se développe, y compris dans la neuf, il faudra que les entreprises se l’approprient davantage. Jusqu’ici occupé par des sociétés spécialisées dans l’entretien et la rénovation de façade, ce marché pourrait bien s’ouvrir aux autres corps de métiers.

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Comparaison des déperditions globales de murs réalisés suivant 5 solutions constructives

Le coefficient U global d’un mur exprimé en W/(m2.K) prend en compte les déperditions surfaciques et linéiques. Les déperditions surfaciques du mur concernent la partie courante et sont fonction du niveau d’isolation du mur. Les déperditions linéiques prennent en compte uniquement la liaison du plancher intermédiaire avec la façade, ces déperditions sont fonction de la solution adoptée pour le traitement du pont thermique, liée au mode constructif lui-même. Le coefficient U global est calculé via l’expression suivante : U global = (U x A y x L)/A

Avec :

U : déperditions surfaciques (en W/(m2.K))

A : surface de la paroi (en m2), hypothèse de calcul : A = h x L avec h = 2,5 m et L = 1 m)

y : coefficient de déperdition linéique en (W/m. K)

L : longueur du pont thermique (en m)

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« L’isolation par l’extérieur doit être pensée dès l’esquisse »

ANDRÉ POUGET, directeurdu bureau d’études thermiques Pouget Consultants

L’isolation thermique par l’extérieur est-elle incontournable pour atteindre le niveau de performance des bâtiments basse consommation (1) ?

Non, il s’agit seulement d’une solution parmi d’autres. Le passage obligé est évidemment une isolation parfaite du bâti et donc le traitement systématique de tous les ponts thermiques. Pour cela, il existe plusieurs modes constructifs comme l’isolation par l’intérieur moyennant des rupteurs thermiques efficaces, l’isolation répartie en terre cuite ou béton cellulaire, des modes constructifs à ossatures (bois, voire métal), des maçonneries particulières isolantes et, bien évidemment, l’isolation par l’extérieur. Attention, il n’y a pas une solution universelle mais des solutions plus ou moins appropriées au projet, selon qu’il s’agisse d’une maison ou d’un immeuble, d’un bâtiment résidentiel ou tertiaire, selon sa hauteur, etc.

Quels sont les freins techniques au développement de ces systèmes ?

Les solutions techniques pour certaines liaisons manquent encore cruellement. Pour l’encadrement des baies et l’intégration des coffres de volets roulants notamment, il y a encore beaucoup de progrès à faire. Il est nécessaire que les industriels de l’isolation par l’extérieur et ceux des menuiseries en général se rencontrent pour concevoir des solutions compatibles, faciles à mettre en œuvre et performantes d’un point de vue thermique.

Du point de vue de la conception, on voit encore trop souvent des bâtiments neufs isolés par l’extérieur comme des bâtiments existants avec ravalement. Ce mauvais choix conduit à la fois à des surcoûts rédhibitoires et des performances dégradées. L’équipe de maîtrise d’œuvre doit penser et concevoir avec ce mode constructif en tête dès les esquisses. Enfin pour les entreprises, il faut considérer que la mise en œuvre n’est pas plus compliquée mais simplement différente. Ensemble, industriels, architectes, bureaux d’études, entreprises, il nous reste à saisir cette opportunité de vendre des économies d’énergie durables.

L’offre de systèmes d’isolation par l’extérieur est-elle suffisante pour répondre aux besoins du marché ?

Elle est même relativement abondante. Pour les systèmes avec enduit par exemple, il existe aujourd’hui environ une dizaine de solutions bénéficiant d’un agrément technique européen. Les solutions avec bardages ou vêtures sont aussi très séduisantes notamment sur la variété des matériaux et des aspects de façades. Aujourd’hui, les solutions pour construire autrement existent. Alors construisons performant et durable !

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Grenoble Bâtiment capitonné avec une membrane souple

Le mur-manteau n’a jamais aussi bien porté son nom. La « doudoune », conçue par l’architecte Edouard François et le spécialiste de l’étanchéité Sika-Sarnafil, appartient à ces techniques qui bousculent les savoir-faire traditionnels. Le principe : capitonner le bâtiment dans un isolant recouvert d’une membrane souple synthétique. « Les systèmes d’isolation extérieure traditionnels sont des pastiches des parois en dur, explique Edouard François. Ils ne garantissent donc pas de protection aux chocs et exigent souvent d’importantes fixations mécaniques créatrices de ponts thermiques. » Ce système pour encapsuler un bâtiment n’exige que de petites fixations mécaniques. « Il nous permet de supprimer les acrotères », ajoute Edouard François. L’Opac 38 a retenu l’idée pour habiller un immeuble de 52 logements (ci-dessus) en chantier dans la ZAC de Bonne à Grenoble (Isère). Le maître d’ouvrage est intéressé par les avantages thermiques du procédé mais aussi sa capacité à se conformer aux règles de construction parasismique. Ne rapportant que peu de poids sur la façade, il permettrait de s’affranchir de cette contrainte. Sa mise en œuvre, courante en toiture, constituera la première française en façade. Chaque lé (2,70 x 1 m; 1,5 mm d’épaisseur) sera fixé mécaniquement (platine et vis en métal) à la structure béton du bâtiment (ci-dessus), traversant la couche d’isolant intermédiaire (16,5 cm de laine minérale en façade, 20 cm de panneaux polyuréthane en toiture). Les lés seront thermosoudés. Le matériau utilisé pour la membrane, du polyoléfine thermoplastique (TPO), se veut écologique. Selon les chimistes, ces membranes recyclables seraient aussi résistantes aux UV et à la chaleur que les EPDM, et thermosoudables comme les PVC. Mais ils restent prudents sur sa durabilité. L’Institut de recherche en construction du Canada estime « qu’on en sait peu sur leurs caractéristiques en matière de durabilité, comme la résistance à la rupture ou l’allongement à la rupture, qui régissent la façon dont le matériau va répondre à des forces physiques du type impact ou abrasion ».

Maître d’ouvrage : OPAC 38.

Architecte : Edouard François.

Fournisseur membrane : Sika-Sarnafil.

Poseur : Gecape.

Calendrier : novembre 2006-octobre 2008.

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Achères La filière sèche réduit les délais de construction

Six mois : c’est le délai que s’était fixé la ville d’Achères pour reconstruire son école maternelle (photo) détruite par un incendie. «Nous avons réussi à tenir ce délai en recourant à la filière sèche», explique l’architecte Pascal Brunel. «Le système sur ossature bois que nous avons retenu permettait de conserver les fondations existantes et contribuera à améliorer la performance énergétique du bâtiment.» Constitués d’un parement de plâtre (BA18), d’un doublage en polystyrène et laine de verre (ép. : 20 mm 150 mm), d’un panneau de contreventement en bois et d’un isolant extérieur en polystyrène (ép. : 30 mm) couvert d’un enduit, les murs extérieurs (ci-contre) ont une épaisseur totale de 227 mm. Leur coefficient de déperdition atteint 0,204 W/(m2.K), valeur plus de deux fois inférieure aux exigences de la RT 2005.

Maître d’ouvrage : ville d’Achères (Yvelines).

Maître d’œuvre : Cabinet PBO.

Principale entreprise : Socopa (ossature bois).

Surface : 1 025 m2 HON.

Coût total des travaux : 776 651 euros HT.

Calendrier : janvier à juillet 2007.

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bibliographie

Développement durable

« Traité de construction durable »

Cet ouvrage de plus de 800 pages étudie les caractéristiques techniques et réglementaires des ouvrages en fonction des exigences essentielles de la directive européenne sur les produits de construction et des critères de développement durable. Il est destiné aux ingénieurs, architectes et techniciens. Dans une première partie théorique, il expose les interactions entre le bâtiment et son environnement en mettant l’accent sur le rôle de l’enveloppe. Dans une deuxième partie très illustrée, il analyse les détails de construction en intégrant la mise en œuvre, le contexte économique et la réglementation.

800 pages, 105 euros, pour commander : www.editionsdumoniteur.com

ravalement

« Règles professionnelles pour l’entretien et la rénovation des systèmes d’isolation thermique extérieure »

Elaboré par l’Union professionnelle peinture finitions (UPPF) et le Syndicat français des joints et façades (SFJF), en collaboration avec les industriels, les contrôleurs techniques et l’Institut de recherche et d’études de la finition (Iref), ce livre constitue un document de référence pour les entreprises de ravalement.

38 p., 11,60 euros, pour commander : DTSB Editions, tél. 01.56.62.10.00.; e-mail : info@sfjf.ffbatiment.fr

Guide Pratique

« Les ponts thermiques dans le bâtiment »

Ce guide est un outil de sensibilisation à la présence des ponts thermiques dans l’enveloppe isolante du bâtiment. Il permet notamment de passer en revue les cas les plus courants et d’évaluer leurs impacts énergétiques et leurs incidences sur la pérennité de l’ouvrage. Il décrit par ailleurs tout un panel de solutions visant à éradiquer les ponts thermiques.

80 pages, 17,10 euros, pour commander : boutique.cstb.fr

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Code commenté de la commande publique

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Date de parution : 09/2019

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Histoire de l’architecture agricole

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Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

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Date de parution : 07/2019

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