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Isolation renforcée pour diminuer le chauffage diminuer le chauffage

FRANCOIS SAGOT |  le 19/09/1997  |  EquipementProduits et matérielsSecond œuvreEnergieLogement

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LE CHANTIER Opération « les Chapélies » à Brive, en Corrèze. LE PROGRAMME Destruction d'une barre d'immeuble et construction de 115 logements répartis en quatre bâtiments. LES SOLUTIONS Isolation renforcée réalisée par l'extérieur, fenêtres pariétodynamiques et ventilation hygroréglable Chauffage électrique rayonnant noyé dans la dalle, piloté par un système de gestion centralisée.

L'opération « les Chapélies », réalisée par l'office d'HLM de Brive, a comme objectif de réduire les charges, notamment de chauffage, grâce au renforcement de l'isolation thermique du bâtiment. Le coefficient de déperdition GV est abaissé de plus de 30 % par rapport à la valeur réglementaire, ce qui ce traduit par une puissance de chauffage installé de seulement 51 W/m2, soit une puissance de 3 000 W en moyenne pour un logement.

L'opération porte sur quatre bâtiments R + 3 et R + 4, totalisant 115 logements de type PLA et PLA TS (« très sociaux »). Le projet initial a dû être remanié par les architectes du projet, Philippe Pény et Henry Terlier, pour passer dans une enveloppe financière extrêmement serrée de 35 millions de francs. Malgré tout, le projet privilégie une approche en coût global par rapport au seul investissement initial.

Les bâtiments possèdent une structure classique de type poteaux-poutres et voiles porteurs en béton armé complété par des parties maçonnées. L'isolation est réalisée par l'extérieur grâce à une vêture. De ce fait, le bâtiment possède une inertie thermique importante, synonyme de confort d'hiver et d'été.

Comme le remarquent Daniel Polanowska, directeur adjoint de l'office, et Jacques Marouby, responsable des services techniques, « outre son intérêt isolant, la vêture forme "un mur-manteau" qui protège le bâti des agressions extérieures. C'est un gage de pérennité qui nous permet d'escompter une durée de vie des façades de trente ans ».

Les fenêtres utilisées sont de type pariétodynamique et possèdent un triple vitrage, sauf dans les cuisines et les salles de bains où elles sont classiques. Ces fenêtres interviennent pour 12 à 15 points dans les économies réalisées. Le principe de ces fenêtres, mises au point par la société Paziaud, consiste à faire circuler l'air neuf entre les trois vitres, de l'extérieur vers l'intérieur, à une vitesse de 0,4 m/s, en récupérant au passage les calories. Ces fenêtres sont associées à une ventilation hygroréglable, seulement en extraction (type A), qui réduit le débit moyen.

Plancher chauffant dans la dalle

Le bilan thermique fait ressortir, selon Jacques Laumond du BET génie climatique Laumond-Faure, « un coefficient de déperdition thermique (GV) inférieur de 34 % à la valeur réglementaire, et un coefficient BV (tenant compte des apports extérieurs) inférieur de 44 % à la valeur réglementaire ». L'originalité du système de chauffage électrique repose sur son mode de fonctionnement collectif. Des câbles, noyés dans la dalle, émettent la chaleur vers le haut, mais aussi vers le bas. Le chauffage se répartit de façon homogène à l'intérieur du bâtiment, isolé de l'extérieur par la vêture. Il n'existe pas de convecteur d'appoint ni de thermostat de réglage individuel dans les appartements, mais des sondes de température reliées directement au système de gestion technique centralisée (GTC). Il est toutefois possible de modifier le point de consigne en fonction des souhaits des locataires ou de l'orientation des appartements. Ce système de GTC assure les fonctions de programmation, de gestion et de délestage. Même si les installations d'eau chaude sanitaire (ECS) sont raccordées au tarif vert, l'imputation des coûts d'ECS est individualisée grâce à la GTC.

Energie moins chère

Pour James Gaulon, du réseau Aliane d'EDF, qui est intervenu comme assistant à la maîtrise d'ouvrage, « l'intérêt de ce système collectif tient au type de contrat qui est vert. Nous facturons l'énergie électrique beaucoup moins cher, sauf pour les usages courants qui dépendent normalement d'un tarif bleu (6 kVA). Il est clair qu'en dessous d'une centaine de logements, le contrat vert n'est pas intéressant ».

Le coût de l'opération s'élève à 5 500 francs TTC/m2, honoraires compris. EDF a accordé une prime de 300 000 francs pour l'installation de la GTC et une prime classique liée à l'attribution du label Promotelec « confort électrique » de 7 000 francs par logement. EDF est également intervenue dans le cadre de l'assistance à la maîtrise d'ouvrage pour les études thermiques. Ces études, certes importantes, sont en grande partie propres à cette opération qui constitue une première.

FICHE TECHNIQUE

Maître d'ouvrage : office public d'HLM de Brive.

Conseil à maître d'ouvrage : EDF (réseau Aliane).

Architectes : Philippe Pény et Henry Terlier du cabinet Centre Archis.

BET : Betec (structures), Laumond-Faure (génie climatique).

Entreprise générale : Dumez Auvergne.

Bureau de contrôle : CEP.

TABLEAU :Prévisions annuelles sur la base de trois mois de mesures de janvier à mars

Le coût annuel d'exploitation en collectif du chauffage et de l'ECS est estimé à 47 francs TTC/m2, prime fixe incluse. Les dépenses liées au chauffage diminuent par rapport aux autres postes de consommation (pour un logement de 66 m2 en moyenne) : 43,1 kWh/m2/an pour le chauffage, 44 kWh/m2/an pour l'eau chaude sanitaire et 46 kWh/m2/an pour les autres usages. Le chauffage représente 25 francs TTC/m2/an.

PHOTOS :

Les façades et les murs de refend sont réalisés en béton armé et recouverts exterieurement par une vêture isolante. La structure est ainsi protégée des agressions extérieures et forme une masse thermique garantissant l'inertie du bâtiment

1 . Le coulage du plancher a été réalisé en deux couches de 8 cm, à 24 heures d'intervalle, afin d'éviter toute ségrégation du béton. Les câbles chauffants sont positionnés au tiers supérieur de la dalle.

2 . Afin d'éviter les ponts thermiques, les balcons en béton sont désolidarisés de la structure par des ancrages en acier.

SCHEMA :

Les points singuliers, comme ici au droit des fenêtres, doivent être soignés pour éviter les ponts thermiques.

Deux systèmes de vêture ont été employés : des panneaux modulaires de 600 600 mm, isolés soit par du polystyrène, soit par du polyuréthane.

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