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Isère : comment Vicat fait pousser des microalgues avec le CO2 de sa cimenterie
L'usine Vicat de Vicat de Montalieu-Vercieu. - © Vicat

Isère : comment Vicat fait pousser des microalgues avec le CO2 de sa cimenterie

AFP |  le 19/10/2021  |  VicatIsèreDécarbonationalguesCO2

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Le cimentier français s'est allié avec la start-up Algosource technologies et au laboratoire GEPEA de l'université de Nantes spécialisé dans le génie des procédés en environnement et agroalimentaire pour mettre en oeuvre Cimentalgue, le premier démonstrateur industriel permettant de cultiver des microalgues grâce au dioxyde de carbone (CO2) et à la chaleur émis par la cimenterie.

Que peuvent bien produire ensemble l'un des plus vieux cimentiers du monde, une start-up agroalimentaire, une université, et un groupe pétrolier? De la spiruline, une microalgue utilisée comme complément alimentaire.

Le cimentier français Vicat s'est en effet allié avec la start-up Algosource technologies et au laboratoire GEPEA de l'université de Nantes spécialisé dans le génie des procédés en environnement et agroalimentaire, avec TotalEnergies comme partenaire financier, pour mettre en oeuvre le premier démonstrateur industriel permettant de cultiver des microalgues grâce au dioxyde de carbone (CO2) et à la chaleur émis par la cimenterie.

Schéma de fonctionnement de Cimentalgue
Schéma de fonctionnement de Cimentalgue - © Vicat

"Cimentalgue", le projet d'un investissement total de 2 millions d'euros auquel participe l'Ademe, relève de "l'écologie industrielle", en associant le secteur agroalimentaire au secteur chimique, explique à l'AFP Renaud Claie, directeur des projets chez Vicat, cimentier fondé en 1853 par le fils d'un des inventeurs du ciment, Louis Vicat.

"Il vise à valoriser le CO2 d'origine industrielle, même si son but n'est pas de décarboner la cimenterie", l'une des industries les plus émettrices de gaz à effet de serre, "car les volumes de carbone utilisés seront trop faibles pour cela" a-t-il dit. "Notre volonté dans ce projet est surtout de valoriser l'activité locale".

Tuyaux de régulation de la température de la serre
Tuyaux de régulation de la température de la serre - © Vicat
Des tuyaux apportent de l’eau chaude ou froide (selon la saison), afin de maintenir une température de 35°C pour la culture de spiruline (on chauffe l’hiver et on rafraichit l’été car il peut faire jusqu’à 45°C sous la serre à cette saison). Sens d’écoulement : de la droite vers la gauche pour les fluides qui arrivent de l’usine (chaud) et de la nappe phréatique (froid) et de la gauche vers la droite pour les fluides qui repartent vers l’usine (un peu moins chaud) et la nappe (un peu moins froid).

Une tonne par an pendant deux ans

 

"Nous accueillons le démonstrateur, une nursery, en fait de grands bassins, où sera cultivée la spiruline dans notre principale cimenterie, située à Montalieu-Vercieu (Isère)", a-t-il ajouté.

Culture de la Spiruline en PBR tubulaire
Culture de la Spiruline en PBR tubulaire - © Vicat
Un système de culture en PBR tubulaire (PhotoBioRéacteur tubulaire). La microalgue en culture est l’Arthrospira platensis (plus communément appelée Spiruline). Ce système permet de maitriser tous les paramètres de la culture (lumière, température, CO2, nutriments) pour une croissance optimale.

Sur place, la culture de la spiruline a commencé cet été, avec un objectif d'une tonne par an pour les deux ans à venir, afin de recueillir des données en volume et qualité, et valider le projet.

Au bout de deux ans, "soit nous trouverons quelqu'un pour reprendre l'exploitation, soit elle s'arrêtera", a dit M. Claie.

Vicat prévoit aussi de cultiver une deuxième souche, une nannochloropsis, microalgue lipidique pouvant servir de base à des biocarburants.

Souchothèque
Souchothèque - © Vicat
Dans le laboratoire se trouve une « souchotèque », une bibliothèque avec différentes variétés de microalgues (Arthrospira platensis, Nannochloropsis et possiblement d’autres). Cela permet de les maintenir en végétation pour les utiliser ultérieurement. Ces échantillons permettent de démarrer une culture pour remplir d’autres bassins.

 

Décarbonation

 

Plus globalement pour réduire ses émissions de CO2, Vicat table en premier lieu sur le remplacement à 100% des combustibles fossiles dans ses fours par des combustibles alternatifs d'ici à 2025.

Avec le projet Argilor dans sa cimenterie de Xeuilley (Meurthe-et-Moselle), il va remplacer, pour fabriquer le clinker, le calcaire par des argiles qui requièrent une cuisson qu'à 900°C contre 1450°C pour le calcaire, ce qui nécessite moins d'énergie et donc émet moins de CO2.

Le cimentier a aussi lancé un projet de récupération de la chaleur fatale et du CO2, qui, mélangé à de l'hydrogène, permet la fabrication de méthanol décarboné, pouvant être utilisé dans le transport maritime (projet Hynovi avec Hynamics (EDF)).

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