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MAXIME BITTER |  le 16/12/2011  |  Nord

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A Lys-lez-Lannoy, dans l’agglomération lilloise, un opérateur privé transforme une friche industrielle polluée en un quartier qui associera industrie légère, bâtiments tertiaires et logements.

Toucher au site de Stein Industrie à Lys-lez-Lannoy, près de Roubaix, c’est toucher à l’histoire sociale du Nord. Ces cinq hectares totalement couverts de halles à proximité du centre-ville sont le fruit d’une désindustrialisation lente et douloureuse, ponctuée d’importants mouvements sociaux et de procès liés à la présence d’amiante. Une fin laborieuse pour cette usine qui fut connue mondialement pour sa production de chaudières.

La communauté urbaine a tout tenté pour sauver le site, jusqu’à engager des travaux de désamiantage. Mais la liquidation de SI Energie tourne définitivement la page de la chaudronnerie. Lille Métropole veut conserver de l’activité industrielle, mais ne peut investir en raison de son engagement dans le renouvellement urbain des immenses friches du territoire (l’Union, Five-Caille, Lille Sud…). L’appel à l’investissement privé, pour ce qui était imaginé à l’époque comme une zone d’activités, tourne au cercle vertueux avec la sélection du promoteur lillois Nacarat et de ses partenaires, l’Atelier 9.81 et De Alzua, architectes et urbanistes.

Un premier double niveau réservé aux artisans

Le site, sur l’axe menant au centre-ville de Lys-Lez-Lannoy, à l’articulation de plusieurs communes (Hem, Lannoy), a du potentiel en matière de logement. Les aménageurs privés proposent d’élargir la programmation, limitée à l’activité économique, pour en faire un véritable quartier de ville. L’Atelier 9.81 - les architectes-urbanistes lillois choisis par Nacarat - propose un glissement progressif d’une halle industrielle conservée au nord de la parcelle, face à une usine encore en activité, à des programmes neufs de bureaux au centre et enfin à du logement au sud, en bordure d’un tissu pavillonnaire. De ce côté-ci, une halle est en partie conservée pour accueillir un équipement public (un dojo) qui drainera son flux de visiteurs et animera la rue piétonne entre les bureaux et les logements.
Cette trame d’apparence simple se complique avec la juxtaposition, dans tous les bâtiments neufs, d’un premier double niveau (5,40 m de hauteur divisible) réservé à l’activité artisanale - petites cellules de 100 à 200 m² à un coût attractif - ou aux commerces. Ce cahier des charges, qui permet d’obtenir une mixité programmatique à l’immeuble, est dicté par la technique choisie pour traiter la pollution des sols : le confinement sous la dalle d’origine de béton (50 000 m 2 ) qui couvre tout le site. Cette solution - la moins coûteuse - rend impossible toute construction de logement en rez-de-chaussée (les niveaux acceptables de pollution différant selon les populations). Un parking silo à l’entrée du site complète le dispositif.
L’engagement du promoteur sur la réindustrialisation est fort. Nacarat joue la carte de l’écoconstruction en accueillant un fabricant d’ossature bois, qui sera d’ailleurs son premier fournisseur pour les bâtiments neufs. Les cellules face à cette halle devront être liées à cette activité, permettant, espèrent les promoteurs, l’émergence d’une réelle filière locale.

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DESSIN - 606368.BR.jpg - © atelier 9.81
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PHOTO - 606369.BR.jpg - © LMCU
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PHOTO - 604884.BR.jpg - © NACARAT
« Nous avons acquis le site pour l’euro symbolique » Il est rare de voir un opérateur privé se lancer dans la reconversion d’une friche industrielle. Pourquoi ce pari ?

Le métier d’aménageur est un prolongement naturel de notre métier de promoteur. Alors, quand Lille Métropole lance en 2008 un appel à projets pour la friche Lys-lez-Lannoy, nous nous sommes portés candidats. La métropole lilloise ne dispose pas d’une réserve infinie de foncier.

Quelle est la nature du montage entre Nacarat, porteur du projet, et Lille Métropole ?

La communauté urbaine était propriétaire du lieu depuis la liquidation de l’entreprise. Nous avons simplement acquis le site pour l’euro symbolique, mais avec de très nombreux engagements annexés à l’acte de vente. Parmi ceux-ci, il y a bien sûr la réalisation du programme, avec des objectifs détaillés par typologie de bâtiment. Le plus compliqué étant de conserver une activité industrielle. Mais nous nous sommes aussi engagés à réaliser les espaces publics que nous rétrocéderons à la communauté urbaine ou à la Ville. C’est un montage en dentelle gagnant- gagnant.

En quoi cela diffère de votre métier classique de promoteur ?

Nous prenons davantage de risques en investissant 2,2 millions d’euros sur les espaces publics, en gérant la démolition et les surprises qu’elle génère. Ensuite, sur chaque lot, c’est une activité de promotion classique, avec un lancement des constructions à partir de 30 % de commercialisation.

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Nacarat. Maîtrise d’œuvre : Atelier 9.81 avec De Alzua (architecte associé), JNC Bruxelles (paysagiste), HDM Ingénierie (BET structure), Seca (BET fluides), Profil Ingénierie (BE VRD), Solener (BET environnement). Programme : 36 000 m² dont 8 000 m² d’industrie, 12 000 m² d’activités artisanales et de commerces, 10 000 m² de bureaux et 6 000 m² de logements.

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