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Internet et Batimat, le rendez-vous manqué

le 12/12/1997  |  ParisEuropeCommunicationNumérique

-Un serveur loin de répondre aux attentes des visiteurs. -Peu d'équipements informatiques chez les artisans.

En créant un site Internet pour promouvoir Batimat, les organisateurs du Salon avaient, sans doute, fait le pari de la modernité. Force est de constater que le serveur était loin de répondre aux attentes des visiteurs, voire à l'information de tous ceux qui n'avaient pas pu venir à Paris. Lenteur d'accès, pauvreté des sujets et manque d'informations étaient au menu de ce serveur « officiel », un peu trop vide pour séduire. Pour autant, Batimat n'a pas fait l'impasse sur les évolutions attendues de l'Internet dans le bâtiment. Outre les quelques sites généralistes, présents, via le réseau au Salon (Batinet, Archinet...), les entreprises elles-mêmes se sont rendu compte de l'impact du Net sur leur client. Conseils d'utilisation, adresses utiles et techniques détaillées viennent en complément des approches marketing traditionnelles. Sollac, Ugine pour l'acier se sont même attachés à travailler aux spécificités du bâtiment pour offrir, sur leur serveur, des conseils techniques, une librairie, voire une assistance technique en cas de projets complexes. Idem pour ArtiFrance dont le site héberge une base de données logicielles, riche de trois cents programmes informatiques, spécialement destinés aux artisans. Face au faible investissement nécessaire à la conception et à l'hébergement annuel d'un serveur (entre 6 000 et 15 000 francs selon le volume d'informations), on peut raisonnablement penser que, dès 1998, le nombre de sites dédiés au bâtiment explosera. Souhaitons que Batimat 99 fasse partie du lot.

Micro, comptez-vous !

Batimat 97 a confirmé le pessimisme informatique né l'an dernier avec l'étude d'UFB Locabail. Les artisans ne se sont pas plus équipés en 1996 qu'en 1995, et le taux de progression, selon IDC, reste le plus faible d'Europe. « On ne peut pas parler de renouvellement d'équipement alors que la majorité des utilisateurs travaille encore sur des logiciels qui n'intègrent pas toutes les nouvelles fonctionnalités professionnelles », estime Claude Arzos, P-DG de CompuBat, pour qui l'avenir est simple : « Il faut parler de plus en plus de productivité, d'efficacité et d'aide à la vie, voire à la survie de l'entreprise, pour aider les non-équipés à franchir le pas. » Un avis partagé par les exposants qui considèrent que trop d'intervenants de la construction ne disposent pas encore d'outils de communication entre eux. L'EDI (échange de données informatiques), pratiqué par les grandes entreprises, ne semble pas descendre chez les maîtres d'oeuvre ou les PME-PMI qui préfèrent le contact direct. Seule la gestion technique de patrimoine a su s'imposer, tout comme les systèmes d'information géographique chez les architectes, qui facilitent la gestion de gros projets. Si Arctique ou GéoConcept innovent avec des solutions destinés au PC, les autres intervenants se sont limités à des évolutions mineures de leur logiciel vedette. Le Salon n'est pas le lieu de rendez-vous de l'imagination binaire. Dommage car c'est le seul endroit où sont réunis tous les acteurs du domaine.

Logiciels d'entreprise, l'info vite et bien

Comment fidéliser et aider les clients à mieux connaître les produits d'un fournisseur ? Tout simplement en informatisant les relations avec les clients. Si les logiciels d'aide à la décision deviennent de véritables catalogues en ligne, leur rôle est de fédérer l'utilisateur autour de la technologie et du savoir-faire à posséder pour la mise en oeuvre des matériaux et autres équipements. Exemple avec Sikkens qui a travaillé à une meilleure connaissance de ses gammes via un programme, fourni gratuitement, qui calcule à la fois les volumes nécessaires de peinture, donne un rappel des techniques de pose et assure une aide efficace à l'établissement du devis client. Selon les observateurs du marché et une étude réalisée par des étudiants d'écoles de commerce, l'aide à la décision informatique représenterait, pour le bâtiment, un peu moins de cinquante-cinq logiciels divers et variés. Un marché assez riche, complété par les catalogues en ligne ou sur CD, véritables alternatives au support papier et souvent enrichis d'astuces et de conseils.

Où commence la publicité et où finit l'aide commerciale ? Ce qui est certain, c'est que le professionnel aime l'idée véhiculée par ces logiciels d'assistance : lui faciliter le quotidien. Autant alors lui proposer ce qu'il utilisera sur son PC. A Batimat, beaucoup d'entreprises ont senti ce vent nouveau se lever sur leurs prochaines relations commerciales.

PHOTO : ArtiFrance (à gauche) offre une base de données logicielles riche de 300 programmes destinés à l'artisan. Ugine offre des conseils techniques, une librairie, et une assistance technique.

L'Untec sur Internet et Intranet

L'Union nationale des techniciens de l'économie de la construction (Untec) est désormais équipée d'un site Internet (1) et d'un réseau Intranet, baptisé « Editserv », auquel sont rattachés tous les membres qui le demandent. Le serveur Internet fournit des informations sur les activités de l'Union, un fichier des adhérents et des indications sur les missions qu'ils peuvent assurer, les qualifications liées à l'exercice de la profession, etc. Beaucoup plus spécialisé, le serveur privé transforme l'Untec en « un seul et gigantesque cabinet d'économiste », comme l'expliquent ses concepteurs. Ce serveur permet de constituer des groupwares sur lesquels plusieurs professionnels peuvent travailler sur un même projet en toute confidentialité, tout en y associant d'autres partenaires comme les concepteurs ou les entreprises. L'établissement de visioconférences est possible entre le siège, le bureau exécutif et les présidents de régions. Enfin, l'outil offre de nombreuses possibilités comme la gestion des réunions, la téléphonie longue distance au prix d'une communication locale, ou la formation (avec une première application de formation à la qualité des cabinets d'économistes).

(1) Http//www.untec.com.

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