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Intermat 2012 : la cartographie des réseaux enterrés, nouveau chantier des détecteurs
La cartographie des réseaux enterrés, nouveau chantier des détecteurs - © © LeMoniteur.fr

Intermat 2012 : la cartographie des réseaux enterrés, nouveau chantier des détecteurs

Gilles Rambaud et Olivier Baumann |  le 20/04/2012  |  CommunicationTravaux sans tranchée

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A partir de cet été, les exploitants devront fournir aux entreprises de TP la localisation de leurs réseaux enterrés. Les acteurs de la détection disposent aujourd’hui de trois méthodes. Atouts et faiblesses.

Le 1er?juillet 2012 sera une date clef pour les entreprises de travaux urbains. C’est ce jour-là qu’entrera en vigueur une vaste réforme réglementaire visant à améliorer la sécurité des travaux à proximité des réseaux enterrés?: les maîtres d’ouvrage et les entreprises auront alors l’obligation de consulter le «?Guichet unique?» pour obtenir les coordonnées des exploitants présents sur la zone où ils envisagent de réaliser leurs travaux. Les exploitants, eux, ont jusqu’au 1er?juillet 2013 pour réaliser l’enregistrement des zones d’implantation de leurs réseaux qui, à partir de 2019, devront être géoréférencés.
Gros travail de cartographie en perspective. Qui va le faire?? «?Il y a un besoin urgent en prestataires spécialisés?», constate Hubert Brérot, président de la Fédération nationale des entreprises de détection des réseaux enterrés. Nul doute que de jeunes entreprises vont se lancer dans cette voie. Mais de quels matériels disposeront-elles??

Acoustique, ondes radio ou géo-radar

Une étude de juin?2008 commandée par la FNTP distingue trois méthodes principales de détection?: acoustique, par radio et le géo-radar. Adaptées aux réseaux rigides, les méthodes acoustiques consistent à faire vibrer les canalisations en y diffusant une onde sonore. Leur tracé est alors repéré en «?écoutant?» le sol. Avantage de la méthode?: elle permet de détecter des réseaux non métalliques. Désavantage?: elle nécessite un accès physique aux conduites pour y placer le haut-parleur et elle ne détecte pas les réseaux souples, les câbles électriques par exemple. Pour ceux-là, mieux vaut préférer la détection par ondes radio. Les câbles sous tension en émettent, ils sont donc facilement repérables. Les câbles hors tension ou les canalisations en métal font office d’antennes?: même sous terre, ils captent les ondes radio environnantes et les modifient. Ce sont ces variations que le détecteur perçoit. Pour être encore plus précis le détecteur peut être couplé à un émetteur. Celui-ci, posé sur le sol ou raccordé directement sur la conduite, émet à une fréquence particulière qui simplifie la recherche et permet de mesurer plus finement la profondeur d’un réseau enterré.

Déceler les réseaux non métalliques

La radiodétection est bien adaptée aux grandes profondeurs, au moins jusqu’à 3,50?m. Sa précision en altimétrie est de plus ou moins 5?cm quel que soit le milieu. Cependant cette technique ne permet pas de déceler les réseaux non métalliques, sauf à pouvoir y introduire une sonde en fibres de verre parcourue d’un fil métallique?: c’est lui qui sera repéré par le détecteur. Mais cela nécessite d’avoir un accès physique à la canalisation et que celle-ci puisse recevoir la sonde, ce qui ne sera pas le cas avec une gaine de fibres optiques par exemple. Le géo-radar, lui, permet a priori de détecter tous les types de réseaux. Son principe est basé sur le fait que la vitesse de propagation d’une onde dépend de la nature du matériau traversé. Une onde est émise, on mesure le temps de retour de son écho. Les différents obstacles qu’elle va rencontrer apparaîtront sur un écran, mais sous une forme bien peu explicite. Seuls des spécialistes sont capables d’utiliser ce type d’appareil. Il ne correspond pas aux besoins des hommes de chantier, pour qui la facilité d’utilisation et de compréhension priment sur les performances techniques. Des petits matériels adaptés, simples et solides, existent. L’Ezidig par exemple?: ce détecteur par ondes radio s’accroche au balancier d’une minipelle et sonne à l’approche du danger (fabriqué par Scanlaser, cet appareil est également commercialisé sous les couleurs de JCB). Ou encore le Digicat de Leica, une colonne portative qui donne une estimation de l’emplacement et de la profondeur d’un câble ou d’une conduite métallique. Reste qu’il n’est pas facile d’identifier et encore moins de cartographier des réseaux enchevêtrés avec ces petits détecteurs, qui servent surtout à vérifier une information déjà donnée. Mais la réglementation n’en demande pas plus aux entreprises de travaux publics.

Hubert Brérot, président de la Fédération nationale des entreprises de détection des réseaux enterrés : « Il sera toujours judicieux de vérifier l’emplacement indiqué »

 «?La cartographie des réseaux restera du ressort des maîtres d’ouvrage et des concessionnaires. Les entreprises de travaux publics vont donc attendre qu’on leur fournisse un plan suite aux demandes de déclaration d’intention de commencement de travaux (Dict) et n’auront, en théorie, pas besoin elles-mêmes de matériel de détection. En pratique les choses seront différentes. Il sera toujours judicieux de vérifier si le réseau cartographié est bien à l’emplacement indiqué sur le plan, surtout s’il s’agit d’une conduite de gaz ou d’un câble électrique. De plus, la réglementation prévoit trois niveaux de qualité de l’information géographique fournie. Si une conduite est signalée sous un terrain de football avec une marge de tolérance de niveau C, c’est-à-dire supérieure à 1,5?m, où est-elle exactement?? Elle peut se situer à 10?m de son emplacement prévu sans que le fond de carte soit faux pour autant. Passer un détecteur s’avère dans ce cas très utile.?»

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