En direct

Interclima+ Elec 2013 ou la sobriété énergétique
Interclima+ Elec 2013 ou la sobriété énergétique - © © Interclima

Interclima+ Elec 2013 ou la sobriété énergétique

Stéphane Miget |  le 22/10/2013  |  DomotiqueDirective européenneEuropeTechniqueEquipement

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Innovation
Domotique
Directive européenne
Europe
Technique
Equipement
Immotique
Valider

Interclima+Elec 2013 : l’occasion pour les professionnels de s’informer sur les nouvelles technologies. Au programme : systèmes multi-énergie, micro-cogénération, chauffe-eau thermodynamique, PAC haute température, ventilation double flux et domotique.

Tous les deux ans, le salon Interclima+Elec, aujourd’hui installé à Villepinte et en même temps que Batimat, est l’occasion pour les fabricants et industriels du génie climatique et de l’électricité de présenter leurs nouveautés produits. C’est aussi et surtout l’opportunité pour les bureaux d’étude et entreprises de venir « sentir » les dernières tendances. Et les grandes tendances cette année, ce sont, sans surprise,  les économies d’énergie et un foisonnement d’offres liées aux énergies renouvelables, qu’il s’agisse de solaire thermique ou photovoltaïque, de micro-éolien, de la biomasse ou encore de la géothermie et/ou de la récupération d’énergie, mais aussi d’une évolution des générateurs tel que chaudière gaz ou fioul, sans oublier l’indispensable système de ventilation.

Besoins moindres

Maintenant que toutes les constructions neuves sont BBC, RT 2012 oblige, et que le chantier de la rénovation énergétique est en phase de lancement, les besoins s’avèrent moindres et donc les problématiques liées aux équipements techniques évoluent. On constate une adaptation des puissances des équipements, d’autant que dans les logements toujours plus isolés et étanches à l’air, le poste eau chaude sanitaire (ECS) devient le plus gourmand en énergie. L’objectif, lui, est inchangé : assurer une ambiance agréable aux occupants tout au long de l’année, en consommant le moins d’énergie possible pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, les auxiliaires de ventilation et de chauffage, l’éclairage et, lorsque c’est inévitable, la climatisation.

Mariage fossile et renouvelable

Résultat, les fabricants peaufinent et améliorent leurs offres, mais sans rupture technologique. Cette tendance va logiquement de paire avec une autre : le mariage des énergies fossiles avec les renouvelables. Peu de fabricants proposent des systèmes totalement énergie renouvelable et les techniques habituelles, chaudière gaz ou fioul, avec la généralisation de la condensation apportent encore des réponses pertinentes, c’est le moins que l’on puisse dire. Du coup, les fabricants multiplient les offres multi-énergie. Lesquelles associent énergies et technologies (condensation au gaz, au fioul, Pac , solaire…) et regroupent chauffage, rafraîchissement, production d’eau chaude sanitaire (ECS). Sans oublier la régulation qui devient, dans ce domaine particulier, une pièce maîtresse des systèmes. Mais là encore, des évolutions produits mais pas de rupture technologique.

L’une des évolutions constatées consiste à coupler une chaudière à condensation avec un chauffe-eau solaire individuel (Cesi) d’un nouveau genre. Ce Cesi est doté d’un ballon à vidange automatique. Le fluide solaire, qui circule entre les capteurs et l’échangeur du ballon, n’est pas sous pression. Lorsque l’ensoleillement est suffisant et qu’il y a un besoin de chauffer l’ECS stockée dans le ballon, le fluide solaire est envoyé, via une pompe solaire, dans le panneau. Lorsque la température de consigne est atteinte, la circulation du fluide est interrompue et celui-ci redescend, par gravité, dans le serpentin du ballon qui lui sert également de réservoir. Avantage : diminution du volume de fluide, étape de remplissage supprimée à l’installation, facilité d’entretien. Et surtout, grâce à la vidange automatique des capteurs, le fluide ne monte pas en température et ne peut pas geler dans les capteurs. De leur côté, les capteurs bénéficient d’une surface d’absorption optimisée par rapport à la surface brute, d’où des rendements supérieurs à 80%. On évite ainsi les surchauffes en été et le gel en hiver. Dans cette configuration, la chaudière gaz à condensation n’intervient qu’en relève. Dotée d’un miniballon tampon de 3 litres, elle réalise, au besoin, le complément du solaire pour l’ECS. Des systèmes qui existent aussi pour le collectif. Idéal pour les bâtiments ayant des besoins d’eau chaude par intermittence tels que gymnases, écoles, restaurants scolaires, hôtels... Ces solutions solaires collectifs pressurisées peuvent combiner les capteurs plans ou tubulaires pressurisés.

Micro-cogénération

Autre évolution significative, les chaudières gaz micro-cogénération. Présentées en prototype il y a quatre ans, testées avec GDF Suez sur des chantiers pilotes il y a deux ans, elles sont aujourd’hui en phase de commercialisation. Ces générateurs, rappelons-le, embarquent une double technologie : une chaudière gaz condensation couplée à un moteur Stirling fonctionnant au gaz naturel. Ce procédé permet à une chaudière domestique à condensation de produire simultanément de la chaleur et de l’électricité, via le moteur Stirling, ce qui entraîne des économies d’énergie substantielles. Autre système présenté mais encore au stade expérimental : la pile à combustible. Une technologie qui associe hydrogène et oxygène pour produire de l’électricité avec du gaz naturel et qui utilise en plus l’énergie thermique dégagée pour le chauffage de l’ECS. A noter, la micro-cogénération n’est plus l’apanage de la seule énergie gaz, avec la présentation de chaudières micro-cogénération à granulés bois.

D’une façon générale, l’intérêt du bois énergie va grandissant. Les techniques ont beaucoup évolué et le différentiel en termes de coût est en train de se réduire considérablement par rapport aux autres types d’énergie. L’avantage du bois apparaît dès lors comme une évidence : c’est un combustible compétitif qui, produit localement, offre une certaine indépendance énergétique, limite les risques de dérapage des prix car peu sensible (pour le moment) aux crises internationales. Les générateurs de dernière génération se caractérisent par de faibles émissions et par un rendement élevé. Aujourd’hui, les chaudières bois granulés sont à condensation avec des puissances réglables de 3 kWh. D’où une utilisation facile en maison individuelle comme en logement collectif.

Récupération de chaleur

Autre piste susceptible d'engendrer des économies importantes : la récupération de chaleur émise par les usagers. La technique la plus répandue réside dans la solution chauffe-eau thermodynamique, avec récupération de calories sur les fluides sortants.

Ces appareils fonctionnent sur le principe de l’aérothermie (sans unité extérieure) et voient leurs performances augmentées. Le COP (coefficient de performance) des systèmes présentés est de l’ordre de 3,5 à 4 kWh d’énergie produite pour 1 kWh d’électricité consommée et facturée. Bien adaptés à la rénovation, ces chauffe-eau sont bien entendu combinables avec une chaudière ou un système solaire existant. Du côté des pompes à chaleur (PAC), les fabricants ont également beaucoup travaillé la puissance des PAC air/eau dans le but d'obtenir une efficacité énergétique limitant au minimum l'utilisation de la chaudière en relais. Ainsi, sauf en cas de froid intense (en-dessous de -10°C, voire de – 15°C), ces nouvelles pompes à chaleur, dites PAC haute température, sont aptes à produire, sans appoint, l’énergie nécessaire au chauffage et, dans certains cas, à l’ECS.

Les mêmes principes de récupération de chaleur sont désormais appliqués aux eaux usées : il s’agit de techniques innovantes qui consistent à récupérer la chaleur des eaux grises générées par la prise de douches ou lors de l’utilisation du lave-linge ou du lave-vaisselle. Une source de chaleur non négligeable, qui peut être valorisée et qui est adaptable à de nombreuses typologies de bâtiment – l’hôtellerie bien sûr, mais aussi le logement collectif ou individuel. C'est un gisement très important d’énergies qui jusque-là partaient à l’égout. Des systèmes qui intègrent une pompe à chaleur à puissance variable capable de s’adapter aux flux d’évacuation des eaux usées pour atteindre le meilleur coefficient de performance selon la température des eaux usées. Concrètement, les eaux usées entrent dans un échangeur. Les calories sont captées et transférées à la PAC. Parallèlement, l'eau provenant d'un ballon de préchauffage passe, via le circuit condenseur de la PAC, de 8 à 45°C. Une chaufferie se charge ensuite de la faire monter à 55°C, température nécessaire pour l'eau chaude sanitaire.

Du nouveau également du côté des systèmes PAC dits à “adsorption zéolithe”. Le stade de l’expérimentation est passé et les premiers générateurs commercialisés. Ces derniers associent, sous un même habillage, une chaudière à condensation fioul ou gaz et une PAC à adsorption. Concrètement, le module pompe à chaleur zéolithe couvre les besoins de base du chauffage en utilisant l'énergie du milieu naturel, idéalement en association avec des capteurs solaires. La chaudière gaz à condensation intégrée couvre, quant à elle, les besoins de pointe.

Ventilation

Autre problématique forte et très présente à Interclima, la ventilation. Avec une enveloppe isolée et parfaitement étanche à l’air, la qualité de l’air intérieur – avec, pour corollaire, le confort, la santé des occupants et la pérennité du bâti – ne peut être assurée que par un système de ventilation efficace. Problème : ventiler provoque des déperditions importantes en raison des apports d’air froid venant de l’extérieur. C’est pourquoi la solution ventilation double flux avec échangeur thermique est en passe de devenir un standard de la construction. Elle apparaît, en effet, comme la plus efficace du point de vue de la maîtrise de l’énergie dans un bâtiment étanche à l’air, puisque l’air froid entrant est réchauffé par l’air chaud sortant.Une technologie qui est cependant sensible, si la mise en œuvre n’est pas réalisée correctement et si les usagers ne l’entretiennent pas – ce qui est malheureusement souvent, pour ne pas dire toujours, le cas.

Domotique

L’ensemble de ces technologies est naturellement lié à un autre secteur de mieux en mieux représenté dans un espace dédié : la domotique. Car en contrôlant et en maîtrisant précisément les équipements techniques (système de chauffage mais aussi occultation solaire), elle est considérée désormais comme le prolongement naturel de la gestion de l’efficacité énergétique. Les systèmes présentés se sont considérablement simplifiés dans leur ergonomie. Ainsi l’une des grandes tendances réside dans la généralisation des tableaux de bord. Ces derniers, matérialisés sous forme d’écran ou via le téléphone portable, permettent de gérer en direct les consommations et de créer des scénarios de vie adaptés aux différents moments de la journée.

Commentaires

Interclima+ Elec 2013 ou la sobriété énergétique

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Code commenté de la commande publique

Code commenté de la commande publique

Date de parution : 09/2019

Voir

Histoire de l’architecture agricole

Histoire de l’architecture agricole

Date de parution : 07/2019

Voir

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Date de parution : 07/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur