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Inondations: la nouvelle stratégie nationale s'appuie sur les architectes et le BTP

Olivier Baumann |  le 11/07/2014  |  Sécurité et protection de la santéOrneFrance entièreVarMoselle

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Ségolène Royal a lancé le 10 juillet la stratégie nationale de gestion des risques d'inondation pour mieux anticiper et s'organiser en amont des aléas. Les objectifs poursuivis par cette politique impliquent directement ou indirectement les secteurs de la construction et de l'aménagement du territoire. Un concours international d'architecture devrait notamment être lancé prochainement.

Anticiper et s'organiser en amont pour ne plus subir l'aléa inondation et y réagir après coup. C'est le grand principe poursuivi par la stratégie nationale de gestion des risques d'inondation qu'a présentée la Ministre de l'écologie Ségolène Royal le 10 juillet. Pour y arriver, cette nouvelle politique définit une approche globale de la gestion des inondations au niveau national. Elle cherche ainsi davantage a mettre en cohérence les nombreux dispositifs existants qu'à en créer de nouveaux.

La Commission mixte qui a travaillé à l'élaboration de cette stratégie nationale, finalisée sous la forme d'un document synthétique (disponible ici), la décline en trois grands objectifs: augmenter la sécurité de la population, réduire le coût des dommages, et raccourcir le délai de retour à la normale des territoires sinistrés. Chacun de ces objectifs mplique directement ou indirectement le secteur de la construction ou de l'aménagement du territoire selon plusieurs pistes.

Adapter notre façon de construire

Cinq ateliers nationaux « territoires en mutation exposés à un risque » pilotés par l'architecte Frédéric Bonnet (Obras Architectes-Urbanistes) ont ainsi été lancés en 2013, avec le ministère en charge du logement, pour faire émerger dans plusieurs territoires des solutions d’urbanisme et d’aménagement très concrètes afin de mieux construire et vivre dans des zones exposées aux risques (voir détails dans le focus ci-dessous)

Sur le même thème, Ségolène Royal a annoncé le lancement "au plus vite"  d'un concours international d'architecture. Les architectes devront plancher sur "l'innovation en matière de conception urbaine et architecturale pour intégrer au mieux le risque inondation dans les opérations d'aménagement ou de requalification urbaine et réduire leur vulnérabilité".

 

Surveiller, prévoir et gérer la crise

Pour réduire le coût des dommages, un groupe de travail chargé d’élaborer un référentiel de vulnérabilité a été lancé. Il devrait apporter dès 2015 aux collectivités et aux acteurs économiques des premiers éléments et critères pour apprécier d'une part la fragilité des territoires face au risque inondation, d'autre part, proposer des solutions très concrètes pour réduire cette vulnérabilité et ainsi mieux vivre dans les zones exposées : parties habitées au dessus des niveaux d'eau de référence, desserte hors d'eau, réseaux étanches, etc....

Par ailleurs, le Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs (fonds Barnier) sera désormais mieux ciblé vers les communes qui font des efforts en prenant des mesures de prévention : pose de repères de crues, élaboration des plans communaux de sauvegarde, réalisation d'exercices réguliers par les maires. La Commission mixte « inondations » devrait faire des propositions en ce sens.

Pour améliorer la sécurité des populations, la loi Mapam a récemment clarifié la responsablilité de la gestion des digues de protection et de leur entretien en créant a compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI) affectée de façon obligatoire aux communes ou aux établissements publics de coopération intercommunaux à fiscalité propre.

Pour raccourcir le délai de retour à la normale des territoires concernés, Ségolène Royal réunira à la rentrée prochaine, avec le ministre de l'intérieur, les opérateurs de réseaux (transports en commun, énergie, télécommunication, assainissement...) pour accélérer leur mobilisation à la préparation des crues. L'un des objectifs est de réduire leur vulnérabilité à l'aléa.

Enfin, la ministre de l'Ecologie a annnoncé l'ouverture du portail internet Géorisques. Ce site internet d'information du public et des professionnels regroupe pour la première fois près de 130 indicateurs géolocalisés sur les risques et notamment les inondations avec des cartes et des photographies aériennes. Il permettra notamment, avec la rubrique « Ma maison/mes risques » à chacun de voir la situation de sa maison au regard du risque.

Les ateliers nationaux « territoires en mutation exposés à un risque » : lancement de 5 projets pilotes

Cette démarche consiste à mettre à disposition des élus et services de l’État, pendant une année, une équipe de concepteurs de haut niveau entourée d’experts pluridisciplinaires, pour construire avec eux un projet de territoire. Chaque atelier constitue un laboratoire à l’échelle nationale. A partir d’une intervention simultanée sur plusieurs sites pilotes et volontaires, il permet de développer une approche comparative, de faire émerger des principes d’interventions et des modes de gouvernance de projet pour alimenter les réflexions nationales (adaptations législatives ou réglementaires et évolution des méthodes), et d’être reproduit dans des contextes similaires, voire servir d’exemples.

Ces ateliers réunissent :

- les élus locaux (maires et présidents des intercommunalités concernées),

- les services de l'Etat et notamment les préfets,

- les porteurs de projet des Programmes d'Action de Prévention des Inondations (PAPI) et des Plans Submersions Rapides (PSR),

- les agences d'urbanisme locales

- le Centre Européen de prévention de Risque d'Inondation

- le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement

Le ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, avec l’équipe-projet OBRAS architectes, anime ces ateliers. Un appel à candidatures national lancé auprès des services de l’État et des collectivités a permis de retenir 5 territoires volontaires pour s’engager dans la démarche :

- Loire moyenne, Tours/St-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire).  Un vaste territoire des communes de Tours et St-Pierre-des-Corps, confronté aux crues lentes de la Loire, territoire « protégé » par les anciennes digues de protection et fortement contraint dans son développement. Comment relever les défis du renouvellement urbain derrière les digues fragilisées de la Loire ?

- Val de Fensch (Moselle) et Vallée de l’Orne (Meurthe et Moselle). Un territoire en questionnement, confronté à des risques multiples (sites et sols pollués, risques miniers, inondation). Comment repenser le fonctionnement de deux vallées, fortement marquées par la fin de l'activité sidérurgique et minière, autour d’une attractivité économique à redéfinir, d'un patrimoine industriel et d'espaces naturels à relier à leur territoire ?

- Vallée de l'Argens (Var) La Basse Vallée de l'Argens (Le Muy, Roquebrune-sur-Argens,Puget-sur-Argens, Fréjus et Saint-Raphaël). Récemment confrontée aux crues torrentielles dévastatrices de juin 2010). Comment accompagner la mise en œuvre des travaux post-crue et bâtir un projet agricole et urbain résilient qui tire profit de sa position au cœur d’un vaste territoire dynamique et attractif ?

- Vallée de l'Oise, entre Creil et Compiègne (Oise). Un territoire présentant des enjeux forts de développement économique, industriel et urbain en zone inondable. Comment réinvestir les berges, adapter l’offre de logements aux risques, innover pour recycler des friches ferroviaires, économiques et industrielles stratégiques ?

- Les bords de Marne en Île-de-France. Comment densifier et renouveler un secteur urbain situé en grande couronne de l’agglomération parisienne, autour d’une gare du Grand Paris Express exposée au risque d’inondation, dans un objectif de valorisation de la Marne et de ses rives, et de mixité des usages ?

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