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Ingénierie : Systra veut jouer dans la cour des grands

Defawe Philippe |  le 07/12/2007  |  ArchitectureRéalisationsFinistèreInternationalFrance entière

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"Systra évolue dans un univers de plus en plus concurrentiel et toujours plus globalisé. C'est pourquoi nous ne devons pas rester une société franco-française, surtout en terme de culture." Le message du président de Systra, Michel Cornil, est clair. La société d'ingénierie de transport urbain et ferroviaire qui fête ses 50 ans veut renforcer son aura mondiale.

Elle revendique qu'elle aussi fait partie de l'excellence ferroviaire française tant célébrée après le record du monde de vitesse du TGV en avril dernier. Comment ? En grandissant. Systra, troisième société d'ingénierie française pour son activité export (1) et leader dans son domaine, est confronté sur les marchés internationaux aux poids lourds généralistes de l'ingénierie que sont SNC Lavalin (Canada), Parsons Brinckerhoff ou Bechtel (Etats-Unis).
A titre de comparaison, quand la filiale de la SNCF et de la RATP affiche 205 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2006 avec 1.500 collaborateurs, le géant canadien réalise 3,4 milliards d’euros avec un effectif de plus de 13.000 personnes dans le monde. "Dans de nombreux pays où nous intervenons, notamment au Moyen-Orient ou en Inde, les grands cabinets sont incontournables. Ils y sont solidement implantés du fait des autres secteurs d'activités sur lesquels ils interviennent, explique Michel Cornil. Dans ce contexte, il nous faut faire preuve de réalisme et nous associer à eux."
Un ticket d'entrée qui, selon le patron de Systra, vaut mieux que la recherche de diversification de ses activités.
La société doit-elle être le pivot d'une consolidation française ? "L'alliance avec des sociétés françaises ne résoudraient pas nos problèmes à l'international, estime Michel Cornil. En revanche, il serait judicieux d'avoir une réflexion sur l'ingénierie de transport au niveau européen." Et c'est notamment du côté du Royaume-Uni que se tournent les yeux du président. Avec deux objectifs : d'abord, s'ouvrir plus largement les portes d'un marché prometteur Outre Manche. Ensuite, bénéficier d'une culture anglo-saxonne qui fait parfois défaut à l'international. Des cibles de croissance externes ont été identifiées et Systra, dont la dette est nulle, a les moyens de ses ambitions "et le soutien de ses actionnaires" dont le divorce n'est plus à l'ordre du jour.

En parallèle, Michel Cornil indique vouloir faire de Systra une société "multipolaire", plus proches de ses marchés. Traduction : des unités sont ou vont être créées à Dubaï, au Maroc et en Inde. "Nous avons besoin de trouver des compétences. C'est un facteur limitant en termes d'outils de production, explique Philippe Citroen, le directeur général. Et c'est une condition nécessaire si nous voulons tenir nos objectifs de 15% de croissance par an." En ligne de mire : la barre des 300 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011-2012. En France, la tension sur le recrutement est toujours bien présente. D'autant que les jeunes ingénieurs sont également sollicités par les majors du BTP, plus généreux en termes de rémunération selon l'enquête sur les salaires du secteur à paraître dans le Moniteur en janvier prochain.

Enfin, même si l'activité à l'export de Systra est très dynamique, la société n'en délaisse pas pour autant le marché français des tramways et des LGV. "Il y a de plus en plus d'acteurs donc davantage de concurrence, observe Michel Cornil. Mais nous avons bien l'intention de tenir notre rang." Pour cela, Systra devra se frotter à des concurrents un peu spéciaux, des sociétés cousines que sont Inexia, filiale ingénierie de la SNCF et Xelis, son homologue à la RATP. Une situation déconcertante mais qui devrait mûrir. Avec pourquoi pas, un rapprochement dans les années à venir.

Julien Beideler

(1) Selon le dernier classement ENR 2007 à paraître dans le prochain numéro du bulletin européen du Moniteur.

L'actualité des contrats pour Systra



Au cours de l'année 2007, la société Systra a été retenue, seule ou en groupement, pour les contrats suivants :
- deux contrats pour la réalisation du métro de Hanoï au Vietnam,
- étude d'un réseau ferré international dans six pays du golfe persique,
- assistance technique pour la modernisation ferroviaire en Bulgarie,
- maîtrise d'oeuvre du métro de Bangalore en Inde,
- études du pont Krasinski à Varsovie en Pologne,
- ingénierie et management de projet du métro de Mumbai, anciennement Bombay en Inde,
- réalisation du plan de transport stratégique pour Bahreïn,
- mission globale (des études de faisabilité aux études d'exécution) pour la création d'une première ligne à grande vitesse au Maroc entre Settat et Marrakech,
- mise en service de la ligne à grande vitesse de Taiwan,
- assistance à maîtrise d'ouvrage pour l'ensemble du projet de lignes à grande vitesse en Californie,
- maîtrise d'oeuvre du tramway de Brest.

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