En direct

Ingénierie Séchaud et Bossuyt à la croisée des chemins

PASCALE JOFFROY |  le 04/04/1997  |  Conception-réalisationEntreprisesArchitecturePas-de-CalaisParis

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Conception-réalisation
Entreprises
Architecture
Pas-de-Calais
Paris
Côte-d'Or
Haute-Garonne
France
Pyrénées-Atlantiques
Ille-et-Vilaine
Professionnels
Valider

-La branche bâtiment- infrastructures de Sofresid (groupe Kvaerner) traverse une période de transition. -Elle fonctionnera désormais selon une logique de réseau afin de se rapprocher du terrain.

Encore arrimé au groupe Sofresid et tributaire des restructurations imposées par le norvégien Kvaerner depuis son OPA sur Trafalgar House, le groupe Séchaud et Bossuyt, branche bâtiment-infrastructures de Sofresid, traverse une période de transition. La structure parisienne a été défilialisée, contrairement aux filiales régionales, et reste suspendue à l'hypothèse d'une refilialisation prochaine et d'une possible revente. La diminution d'effectifs imposée par Kvaerner entraînera pour Séchaud et Bossuyt Paris, installée à Montreuil, une diminution d'effectifs de 30 personnes (sur 200), sans licenciements secs.

Quand à la refilialisation, elle est attendue comme la formalisation logique de la situation réelle, que les restructurations antérieures auraient largement brouillée. Au sein du grand navire industriel qu'est Sofresid (dirigée aujourd'hui par Jean-Luc Rondreux), secoué par les aléas du marché, le pôle Bâtiment opère librement sur un secteur considéré comme « à part », et apparaît relativement stable sur son marché.

Seule la structure parisienne de Séchaud et Bossuyt perd de l'activité : elle enregistrera une baisse de 30 millions de francs d'honoraires cette année, en raison notamment de la fin des études de la Bibliothèque de France. La province se révèle plus florissante : elle devrait enregistrer 5 % d'amélioration en 1997, et rapportera 100 sur les 185 millions de francs du chiffre d'affaires global prévu en 1997.

Ce nouvel équilibre Paris-Province est considéré comme une tendance lourde par le directeur, Patrick Venineaux, qui réorganise son groupe de 350 personnes en prenant acte de cette nouvelle donne. Moins pyramidale, le groupe fonctionnera désormais selon une logique de réseau. Patrick Venineaux est convaincu que « les marchés de demain sont des marchés de proximité : il faudra répondre à plus d'affaires, de plus petite échelle. La proximité devient un des premiers facteurs de réussite avec la complexification des chantiers et la responsabilité croissante des maîtres d'ouvrage qui ont besoin d'être rassurés à tout moment ».

Activité répartie sur secteurs clés

La nouvelle organisation, qui fonctionnera d'autant mieux que Séchaud et Bossuyt-Paris sera refilialisée, met en place des relais d'une filiale à l'autre, concède la responsabilité des projets inférieurs à 70 millions de francs HT de travaux à la structure régionale la plus proche et partage celle des opérations de montants supérieurs. Des réunions inter-région « par métiers » sont organisées régulièrement pour démultiplier les compétences.

La santé et la réhabilitation restent les marchés prioritaires. Séchaud et Bossuyt réalise 7 à 10 millions annuels d'études pour la réhabilitation de logements sociaux et retape aussi de nombreux équipements, comme la prison de Fleury-Mérogis. Il s'est également positionné parmi les spécialistes du désamiantage.

Le secteur de la santé, qui représentait 5 % du chiffre d'affaires du groupe au passage de relais entre Pierre Séchaud et Patrick Venineaux il y a quatre ans, représente 45 % de l'activité aujourd'hui. Patrick Venineaux, qui a cumulé seize ans d'expérience chez Sogelerg et trois ans chez Sodeteg avant de diriger Séchaud et Bossuyt, fait partie des pionniers de cette ingénierie hospitalière qui a pris corps à la fin de la politique des modèles. Il croit en l'avenir de ce secteur, et au coup de fouet que devrait lui donner la régionalisation administrative des hôpitaux prévue par le plan Juppé (voir page ci-dessus.

Point fort du groupe sur ce secteur (et sur le secteur public en général) : l'esprit de collaboration qui règne avec les architectes. Séchaud et Bossuyt préconise, par exemple, le principe d'une « colonne de moyens communs » réservée dès les débuts des études pour une éventuelle équipe de chantier commune ou des consultants supplémentaires intervenant en cours d'études. Architecte et ingénieriste contribuent à part égale à cette colonne, pour un montant qui atteint 3 à 5 % du total des honoraires.

PRINCIPALES ETUDES RECENTES ET EN COURS

Réhabilitation du siège Thomson Multimédia (150 millions de francs, architecte P. Bouchain).

EDF Saint-Denis (1000 millions de francs, architecte 4A-C. Parent).

Marché Saint-Honoré à Paris (500 millions de francs, architecte R. Bofill).

Auditorium de Dijon (250 millions de francs, architectes Arquitectonica-Martinet).

Hôtel du département de Haute-Garonne (400 MF, architecte Venturi/ Scott Brown et associés).

Réhabilitation du siège du Crédit Agricole, bld Pasteur, Paris (400 MF, architectes Motte, Bechu et de Lupia).

Réhabilitation du collège de France (100 MF, architecte J.M. Wilmotte-B. Huet).

PROJETS D'HOPITAUX EN COURS D'ETUDE

Châtellerault (115 millions de francs, RTV- Chambon-Servais).

Vannes (200 millions de francs, G. Peneau-Arcau).

Montluçon (360 millions de francs, M. Beauvais-JP. Maret + Berim ? ? ?).

Chu Poitiers (70 millions de francs, RTV Chambon-Servais).

Bayonne (250 millions de francs, Aart International-S. Farah-DMS).

Chu Angers (80 millions de francs, Seraqui et Malivel).

Foix-Pamier (200 MF, G. Peneau et de Marien).

Chevreuse (45 MF, M. Beauvais).

EN CHANTIER

Antibes (extension de 32 millions de francs , Jeanjean-Soors-Stromboni- Le Morvan).

CHRU de Rennes (CHV d'Avranches-Granville, 102 MF, Beau et Vanaeck).

CHI Montreuil-sous-Bois (80 millions de francs, M. Beauvais).

Polyclinique de Lievin (85 millions de francs, JP. Martin du Gard).

PHOTO : Le siège social de Paribas, marché Saint-Honoré. Architecte : Ricardo Bofill.

Ingéniéristes : Séchaud et Bossuyt

Patrick Venineaux « L'hospitalier, marché prometteur »

« La régionalisation administrative des hôpitaux prévue par le plan Juppé, et les impératifs de gestion et d'économie qu'elle va entraîner vont se traduire par une restructuration complète du secteur hospitalier, public et privé, explique Patrick Venineaux, directeur du groupe Séchaud et Bossuyt. D'une part, l'accréditation des structures dépendra de la conformité des bâtiments autant que du talent des hommes ; d'autre part, économiser signifie investir, selon une formule quasi mathématique : dans l'hospitalier, l'investissement représente au plus le coût de deux ans d'exploitation, et 75 % de cette dépense annuelle sont dus aux frais de personnel. Les économies recherchées concerneront donc au premier plan l'exploitation. Il faudra travailler mieux, plus vite, en concentrant les moyens (de soins, diagnostic, et de services généraux tels que buanderie ou cuisine). Le ministère de la Santé estime que 7 milliards de francs seront investis dans la restructuration du bâti. Ils seront répartis sur des opérations très significatives de 100 à 500 millions et une multitude de petites opérations diffuses de 5 à 10 millions. Cela va représenter plus de 300 millions d'honoraires (5 % de 7 milliards) par an hors taxes pour l'ingénierie. La durée de vie d'un bâtiment hospitalier est estimée à 20 à 25 ans par l'Assistance publique. On peut donc affirmer qu'un hôpital qui ne sera pas un chantier en permanence sera condamné à disparaître. 200 établissements pourraient subir ce sort d'ici l'an 2000, ce qui suppose une surface accrue et d'importantes restructurations pour les autres. »

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil