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Ingénierie française un panorama

élisabeth allain-dupré, franck degioanni, laurence francqueville. |  le 04/06/1999  |  ÉvénementConception réalisation

Incoutournable, diverse, mais trop peu connue, la profession tenait le 3 juin ses premières Rencontres. Portrait de groupe à l'aube du prochain siècle.

Bien qu'omniprésente, l'ingénierie reste mal connue. Si l'on retient la définition du VIe plan, le secteur englobe « l'ensemble des activités intellectuelles ayant pour objet d'optimiser l'investissement, quelle que soit sa nature, dans ses choix, dans ses processus techniques de réalisation et dans sa gestion ». L'extrême segmentation technique des activités -et l'habitude de confidentialité des acteurs du milieu- rend cependant difficile la collecte d'information le concernant. La création récente d'un Observatoire de l'ingénierie et du conseil (OIC) investi, entre autres missions, d'une fonction de veille informative et technologique, permet d'y voir plus clair.

Pour la NAF (Nomenclature des Activités Française), l'ingénierie englobe les activités suivantes :

-études portant sur un programme ou un projet complet : maîtrise d'ouvre dans les domaines du génie industriel ou logistique ;

-études techniques spécialisées (production, climatisation, assainissement, environnement, etc.) ;

-design industriel ;

-études techniques, organisation et pilotages des chantiers pour les ouvrages de génie civil, du bâtiment et des travaux publics ;

-prospection géologique.

Dans ces différents domaines, l'ingénierie conseille l'investisseur, conçoit l'ouvrage, contrôle sa réalisation, le fait réaliser et assiste l'investisseur tout au long de la durée de vie de l'ouvrage une fois livré.

Une profession fragmentée

Ce secteur complexe, segmenté en de multiples niches d'activités hautement spécialisées, emploie plus de 130 000 personnes et dégage plus de 100 milliards de francs de chiffre d'affaires. Deux instances représentent la profession au niveau national : Syntec Ingénierie (Chambre syndicale des sociétés d'études techniques et d'ingénierie) et la Cicf (Chambre des Ingénieurs-Conseils de France). Syntec Ingénierie regroupe les « poids lourds », soit plus de 150 sociétés qui comptent parmi les plus importantes et emploient 50 % des effectifs de la profession. La Cicf de son côté revendique 1 200 entités de petite taille, réparties dans plusieurs syndicats de spécialité (ergonomes, acousticiens, etc.) Ces petites structures affichent une excellente santé : les entreprises de 1 à 19 personnes réalisent un chiffre d'affaires équivalent à celles de 50 personnes et plus.

Une présence internationale à affirmer

Seule ombre au tableau, la concurrence très vive (parfois qualifiée de « parasitaire » ou de « déloyale ») qui oppose l'ingénierie opérationnelle indépendante à l'ingénierie intégrée aux grandes entreprises publiques, parapubliques ou privées ; voire à certains services de l'Etat (DDE, etc.) Ces derniers, qui n'ont pas à supporter les mêmes structures de coût que leurs concurrents du privé, utilisent en effet les avantages afférents à leur position ou à leur statut pour proposer, à des coûts inférieurs à ceux du marché, des prestations concurrentes de celles proposées par les acteurs indépendants. Les instances européennes, saisies de la question, pourraient se prononcer prochainement sur cet état de fait.

L'ingénierie européenne est dominée par les Britanniques comme l'ingénierie mondiale l'est par les Américains. Dans ce combat des grands, l'ingénierie française, sous réserve d'acquérir une « masse critique » suffisante, aura sa carte à jouer dans le processus de mondialisation des marchés. La complexité croissante des projets, les besoins potentiels considérables à travers le monde (reconstruction, situations d'urgence, assainissement, grandes infrastructures, etc.) constituent autant d'occasions pour l'ingénierie française d'affirmer sa présence. L'OIC note à ce sujet une évolution toujours croissante des missions en amont (étude, conception, consultation, assistance) au détriment de l'ingénierie aval (maîtrise d'oeuvre). Reste que pour être à la hauteur de ses redoutables concurrents, l'ingénierie française devra consentir un effort soutenu en matière de recherche et formation, de qualité, d'amélioration continue de la compétence et de la réactivité. Sans parler de la maîtrise des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) nécessaire au développement du travail, à l'échelle planétaire, en ingénierie partagée, au côté des architectes notamment...

GRAPHIQUE : FACTURATION ET EMPLOIS PAR DOMAINE D'ACTIVITE

L'INGENIERIE, UNE PUISSANCE ECONOMIQUE. Le chiffre d'affaires total est de 103 milliards de francs dont 20 d'études à l'export.

Les prestations concernent la réalisation de 500 milliards de francs d'investissement. A l'international, ses interventions sont génératrices de plus de 100 milliards de francs d'investissements.

Sa contribution directe et indirecte à la balance des paiements est estimée à près de 50 milliards de francs. (Source : Syntec Ingénierie)

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