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Infrastructures: les transporteurs routiers s'opposent à toute taxation supplémentaire
Les organisations professionnelles du transport routier refusent de payer davantage pour financer les infrastructures. - © ©Ivan - stock.adobe.com

Infrastructures: les transporteurs routiers s'opposent à toute taxation supplémentaire

Jessica Ibelaïdene avec AFP |  le 25/10/2018  |  TransportsFinancementElisabeth BorneMinistère des TransportsLoi d’orientation sur les mobilités

Trouver 500M€ supplémentaires par an à partir de 2020. C'est le défi que doit relever le gouvernement pour financer la programmation des infrastructures de transports pour les vingt prochaines années, formalisée dans la loi d'orientation des mobilités. Parmi les pistes envisagées : l'instauration d'une taxe pour les poids lourds et une diminution de la ristourne sur la fiscalité du carburant dont bénéficient les transporteurs. La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé le lancement d'une concertation à ce propos avec les protagonistes. Mais les principaux concernés s'opposent farouchement à ces éventualités.

C'est tout sauf une surprise, les organisations professionnelles du transport routier ne comptent pas en démordre : une nouvelle taxation les infrastructures de transport n'est pas une option pour eux, et ils refusent la "concertation" annoncée il y a quelques jours par la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui n'en serait pas vraiment une.

L'exécutif veut trouver 500 millions d'euros par an à partir de 2020 et compte bien mobiliser, pour y parvenir, de nouvelles ressources. Le ministère des Transports songe à faire payer les poids lourds, hésitant entre l'instauration d'une vignette - qui serait éventuellement remboursée aux camions français - et/ou une baisse de la "ristourne" dont bénéficient les transporteurs sur la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, qui frappe le carburant).

"Il paraît raisonnable de demander au transport routier de participer"

Devant la commission du développement durable de l'Assemblée nationale, Elisabeth Borne semblait plutôt pencher pour la seconde solution. "Le remboursement de TICPE sera amené à passer à 700 millions d'euros à 2,7 milliards d'ici la fin du quinquennat [car son taux doit augmenter, NDLR]. Au moment où chacun assume une fiscalité écologique, il paraît plus que jamais raisonnable de demander au transport routier de participer au financement des infrastructures", a-t-elle justifié.

"Il est inacceptable que le secteur du transport routier de marchandises soit pointé du doigt alors qu'il contribue plus que de raison à la fiscalité sur le carburant", ont réagi le 24 octobre les organisations professionnelles - Fédération nationale des transports routiers (FNTR), Transport et logistique de France (TLF), Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (Unostra), Chambre syndicale du déménagement et Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) - dans un communiqué commun.

Affecter 1 centime de TICPE aux infrastructures

La TICPE rapporte déjà plus de 30 milliards d'euros à l'Etat, et en affecter 1 centime aux infrastructures, sur 60 à 70 centimes le litre environ, rapporterait les 500 millions que cherche le gouvernement, ont-elles remarqué. "Il est par ailleurs inadmissible d'avoir depuis des mois mis en avant la nécessité de taxer les camions étrangers [qui traversent la France sans y faire le plein, NDLR], alors qu'il est patent que l'effort ne sera finalement demandé qu'aux transporteurs nationaux dont la compétitivité est en berne", ont regretté les organisations du transport routier.

"Ce qui nous défrise, c'est qu'on nous dise qu'il y a une concertation engagée", a indiqué à l'AFP Florence Berthelot, la déléguée générale de la FNTR. "Nous n'irons à aucune concertation pour alourdir la fiscalité des entreprises de transport. Le gouvernement prendra ses responsabilités. Mais nous n'irons pas rencontrer les services du ministère pour savoir comment mieux se faire taxer", a-t-elle ajouté.

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