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Infrastructures : la commission mobilité 21 prône l’abandon du tout TGV et des grandes autoroutes

Thaïs Brouck |  le 27/06/2013  |  EtatFrance entièreBâtimentTransports mécaniquesERP

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Philippe Duron, le président de la commission Mobilité 21, a remis son rapport à Frédéric Cuvillier, ce jeudi 27 juin, à 15h. Comme prévu l’accent est mis sur les transports du quotidien, l’amélioration des dessertes ferroviaires et des grands ports maritimes. Revue de détails.

« Enfin ! », diront certains. La commission Mobilité 21, chargée de hiérarchiser le Schéma national des infrastructures de transports (Snit), a rendu son verdict au ministre, ce 27 juin. « Le Snit c’était l’espoir poussé jusqu’à l’illusion », a commencé par lancer Philippe Duron, le président de cette commission. Difficile de lui donner tort. Cette «liste à la Prévert», c’est 75 projets d’infrastructures, 245 milliards d’euros, sur 25 ans. «Irréalisable», selon Frédéric Cuvillier, le ministre délégué chargé des Transports. Alors la commission, après huit mois de travail et d’entretiens (lire notre article), s’est fixé pour objectif d’améliorer les transports du quotidien, des dessertes ferroviaires et des grands ports maritimes. En clair, le rapport prône l’abandon du tout TGV et des grands projets d'autoroutes auxquels la France s'était habituée. Ce réseau (routes, rail et ports), jugé «de haute tenue» par la commission, se dégrade. Le rapport propose de mettre 25 à 30 milliards d'euros sur la table d'ici à 2030, quoi qu'il arrive, pour assurer sa régénération. Une fois cet entretien garanti, la commission esquisse deux scenarii (voir le détail des projets à faire d’ici 2030 pour chacun des scénarii ci-dessous).

« Ce rapport ne lie pas le gouvernement, mais l’inspire. »

Commission Mobilité : Scénario 1 - Premières priorités
Commission Mobilité : Scénario 1 - Premières priorités - © ©

Le premier ne prévoit pas de financement nouveau pour l'Agence de financement des infrastructures de transports de France (Afitf) . Entre huit et dix milliards d'euros seraient alors investis pour financer un nombre réduit de grands projets. Seuls quelques investissements « ingrats» seraient réalisés. «Le Snit mettait peu l’accent sur les nœuds  ferroviaires, indique Philippe Duron. Nous pensons que c’est central.» «C’est comme si vous aviez une autoroute à quatre voies avec un seul guichet», renchérit Frédéric Cuvillier. Le second scenario affecte entre 28 et 30 milliards d'euros aux grands projets à l'horizon 2030. Il implique un investissement supplémentaire de l'État dans le budget de l'Afitf, à hauteur de 400 millions d'euros par an. «Il ne s’agit pas d’une politique d’abandon, mais d’ambition, martèle Frédéric Cuvillier. Ce rapport ne lie pas le gouvernement, mais l’inspire. Nous ne nous interdisons pas d’accélérer certains projets. L’ambition n’est pas que financière, elle peut aussi être temporelle.» C’est sur ces mots un peu vagues que Frédéric Cuvillier a conclu. Les suites données au rapport seront connues dès le 9 juillet. Jean-Marc Ayrault doit alors préciser son plan en faveur des investissements d'avenir. Il doit concerner le numérique, la transition énergétique, la santé et les grandes infrastructures. Mais le premier ministre, dans une interview accordée à l’Usine nouvelle a jugé que la commission a fait « un diagnostic précis, qu’[il] partage, de nos besoins de transports».

Commission Mobilité : Scénario 2 - Premières priorités
Commission Mobilité : Scénario 2 - Premières priorités - © ©

La FNTP se déclare déçue

Évidemment, dès la publication du rapport, les réactions ont été nombreuses. « Nous attendions ce rapport comme le Messie, rappelle Bruno Cavagné, vice-président de la FNTP. Mais les résultats me laissent un goût amer. Le point positif, c’est que l’entretien et la modernisation des réseaux ont enfin été reconnus comme prioritaires. Malheureusement, les moyens n’ont pas été mis en face. Le budget de l’Afitf n’est pas abondé pour cela d’autant que l’Agence a désormais la charge des du matériel roulant. En parallèle, je trouve qu’il manque d’ambition. Au-delà de l’abandon la plupart des grands projets le rapport fixe pour objectifs de démarrer les projets d’ici 2030 et non pas de les avoir réalisés à cette date. Dès 2015, les terrassiers qui travaillent actuellement sur les LGV se retrouveront sans travail. J’espère que le gouvernement sera plus ambitieux que les conclusions du rapport.» Les entreprises de travaux publics sont donc déçues. Même son de cloche du côté des usagers, mais pas pour les mêmes raisons. La Fédération nationale associations d’usagers de transports estime en effet que la commission ait trop mis l’accent sur les projets routiers et pas assez sur le ferroviaire. En revanche, auditionnée par la commission, la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) approuve les recommandations générales de ce rapport, ainsi que les premiers scénarios d’investissements. Par contre, la FNH rejette le second scénario, sensiblement plus coûteux, qui consacrerait un grand nombre de projets autoroutiers.

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