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Infrastructures et territoires : l’ONF sort du bois
© Le siège parisien de l'ONF vit ses derniers mois. L'office cherche un nouveau site parisien pour regrouper ses implantations de Montreuil et du XIIème arrondissement - © © Laurent Miguet

Infrastructures et territoires : l’ONF sort du bois

Laurent miguet |  le 31/01/2017  |  ImmobilierPaysageApprentissage BTP

L’agence nationale Etudes et travaux naîtra cette année au sein de l’Office national des forêts (ONF). Cette annonce coïncide avec un effort de formation et de recrutement sans précédent depuis 15 ans : après avoir diminué constamment depuis 2002, les effectifs de l’établissement public repartent à la hausse.

L’ONF anticipe un renforcement de sa présence sur le marché de l’entretien végétal des abords des grandes infrastructures ferroviaires, fluviales, autoroutières et électriques. 30 personnes se regrouperont dans ce but au sein de l’agence nationale Etudes et travaux, en cours de création. Tiré par RTE, le chiffre d’affaires réalisé par l’établissement public sur ce créneau est déjà passé de 15 à 20 millions d’euros entre 2015 et 2016. La nouvelle priorité accordée par la SNCF à l’entretien de son réseau contribue à cette croissance, récemment confirmée par un nouveau succès : dans la région nord, l’exploitant du réseau national a attribué à l’office un marché de 30 millions d’euros sur 7 ans.

Ascenseur ferroviaire

« Nous espérons progresser de deux millions d’euros par an dans les cinq ans qui viennent », annonce Christian Dubreuil, directeur général. Sur les infrastructures ferroviaires où il détient 5 % du marché, l’office espère passer rapidement à 10 ou 15 %. Outre la force de frappe de ses 3000 ouvriers, l’établissement public mise sur son avance technologique : « Grâce au Lidar, notre capacité de calcul dynamique du développement végétal constitue un atout, pour la régularité et la sécurité du transport », estime Christian Dubreuil.

800 recrutements par an

Cette offensive intervient dans un contexte porteur : en application de son contrat d’objectif et de performance signé le 16 mars dernier, l’ONF met fin à 15 ans de baisse d’effectifs qui ont touché 22 % du personnel, soit 3000 emplois. Pour tenir un objectif de 50 temps plein supplémentaires par an jusqu’en 2020, l’effort de recrutement va concerner 800 personnes par an, compte tenu de la pyramide des âges et de la part importante de l’apprentissage. « J’avais mis en jeu mon mandat sur cet objectif », rappelle le président Jean-Yves Caullet.

Nancy Brabois, vitrine de l’innovation

Symbole de cet effort et d’une stratégie axée sur le partenariat, le regroupement de la formation et de la recherche et développement ont abouti, le 3 janvier, à l’inauguration du nouveau site du technopôle de Nancy-Brabois, où « 80 personnes pensent la forêt du XXIème siècle », se réjouit Christian Dubreuil. Le directeur signe ce 2 février une série d’accords avec AgroParisTech, l’institut national de recherche agronomique et l’université de Lorraine, pour soutenir cette ambition.

Visons paysagères

Pour adapter sa politique aux attentes du public et faciliter l’adhésion du plus grand nombre, l’ONF accorde une importance croissante à l’approche paysagère, comme le montre le recrutement du nouveau directeur du territoire Seine Nord : Eric Goulouzelle, diplômé de l’école du paysage de Versailles et premier paysagiste à occuper une telle fonction. L’accélération programmée des délivrances du label « Forêt d’exception » illustre également la volonté de mettre en valeur le patrimoine paysager des territoires concernés, en concertation avec les collectivités locales. « La forêt de la montagne de Reims, qui décrochera officiellement son label le 28 juin, prolongera la protection garantie par l’Unesco, grâce à un aménagement axé sur la préservation des paysages de coteaux », souligne Christian Dubreuil. Une liste de 15 forêts, dressée en 2009, n’a abouti qu’à cinq labels jusqu’en 2016. Le chiffre devrait doubler cette année.

Rambouillet, site pilote

Aux franges de la métropole parisienne, l’ONF identifie la forêt de Rambouillet comme site pilote pour faire progresser l’acceptabilité de son approche de la sylviculture à proximité des zones urbaines denses. « Nous devons mieux expliquer que si on ne faisait rien, la forêt évoluerait mal. Entre les protecteurs et les producteurs, un gros chat risquerait de mettre les deux souris d’accord : il s’appelle Changement climatique », métaphorise Jean-Yves Caullet. Voilà un travail sur mesure pour le nouveau directeur territorial paysagiste.

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