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Infrastructures et paysage A20 BRIVE-MONTAUBAN

BERNARD ALDEBERT, ELISABETH ALLAIN-DUPRE, NATHALIE COULAUD, FRANCOISE DAJON LAMARE, GUILLAUME DELACROIX, NORA HACHACHE, PASCALE JOFFROY |  le 31/01/1997  |  AménagementTransportsEnvironnementTarn-et-GaronneCorrèze

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Une approche environnementale à tous les niveaux

Lorsqu'il sera achevé en 1999, le tronçon Brive-Montauban de l'autoroute A20 traversera trois départements aux paysages exceptionnels : la Corrèze, le Lot et le Tarn-et-Garonne. Leur beauté reconnue correspond à des formations géologiques variées, parfois écologiquement très sensibles, comme les massifs calcaires du Causses du quercinois. Concessionnaire pour ces quelque 130 km de voies, Autoroutes du sud de la France (ASF) a intégré à toutes les phases du projet non seulement la dimension paysagère, mais aussi une approche environnementale très pointue.

Un collège d'experts en géologie et en hydrogéologie, présidé par le préfet du Lot, a notamment contrôlé toutes les études préalables et les mesures proposées dans la traversée des formations karstiques des Causses de Gramat et de Martel. Particulièrement perméables, ces massifs calcaires sont caractérisés par un système de circulation souterraine des eaux infiltrées en surface, qui rejaillissent en sources aux franges du Causse. Parmi les cinq systèmes karstiques concernés par l'autoroute entre Brive et Souillac, l'étude hydrogéologique réalisée par la société Ain Géotechnique a mis en évidence plusieurs zones vulnérables : en cas d'infiltration d'un polluant à proximité, les sources seraient contaminées très rapidement. Bien que statistiquement rare - d'après le Setra, la probabilité d'un accident impliquant un camion-citerne transportant des produits dangereux est de un tous les cent ans par kilomètre d'autoroute - le risque mérite d'être pris en compte... Sur ces 90 km de voies, les dispositifs de protection contre les pollutions habituelles (particules d'hydrocarbures et de métaux lourds, salages, etc.) ont donc été considérablement renforcés.

Protection antipollution renforcée

Un réseau étanche de cunettes permet de recueillir intégralement les eaux de pluie issues de la plate-forme routière (les eaux des talus sont traitées à part) et les dirige vers des bassins de décantation et de traitement (déshuilage). Ceux-ci sont largement dimensionnés pour faire face à des conditions climatiques extrêmes. En cas de déversement accidentel, un système bipasse permet de déconnecter le bassin pollué du reste du réseau pour le neutraliser ou le décontaminer. Sécurité supplémentaire, le collège d'experts exercera une surveillance permanente sur les réserves d'eaux souterraines.

Moins classique mais tout aussi « pointu », le déplacement du cours de la Lère, près de Réalville, dans le Tarn-et-Garonne. L'emprise de l'autoroute mordant sur 500 m du cours de la rivière, il fallait le déplacer. Déporté à quelques mètres, le tracé du nouveau lit est exactement calqué sur les méandres de l'ancien. Les techniques de génie végétal mises en oeuvre par les ingénieurs écologues de la société Silène-Biotec ont permis de retrouver très vite l'équilibre du milieu naturel. Mis à l'abri le temps des travaux, les 100 kg de poissons de dix-huit espèces différentes ont retrouvé leur milieu en mai dernier. Autorisée par arrêté préfectoral dans le cadre de la loi sur l'eau, l'expérience fait figure de pilote. Elle a coûté 2,6 millions de francs.

L'abondance des précautions ponctuelles ne dispensait pas ASF du plan paysager lié à l'infrastructure. Retenu à l'issue d'un concours d'idées international, l'architecte-paysagiste Alain Cousseran du groupe Signes (Alain Provost et Alain Cousseran) a conçu un projet d'ensemble - tout le parcours est concerné - qui vise à fondre l'ouvrage dans son environnement, à le « naturaliser ». Suivant les substrats géologiques traversés, le paysagiste prévoit de moduler terrassements et plantations ; dans les calcaires marneux du sud de Cahors, par exemple, roches et cailloutis laissés nus mettront en scène la géologie du site.

PHOTO :

Le site de rescindement de la Lère située à proximité de Réalville dans le Tarn-et-Garonne. L'ancien lit de la rivière côtoie, avant réaménagement, le nouveau tracé.

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