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IMMOBILIER France-Etats-Unis : un dialogue difficile

FRANCOISE VAYSSE |  le 14/02/1997  |  EtatImmobilierInternationalFrance

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Le salut de l'immobilier français passe-t-il par les investisseurs américains ? Beaucoup de professionnels en sont persuadés. D'autres se montrent nettement plus prudents, comme ont pu le constater les participants venus des deux rives de l'Atlantique à un séminaire organisé par l'ULI (The Urban Land Institute).

Parmi les premiers, Stéphane Richard, vice-P-DG de la CGIS, a estimé qu'« il existe un terrain d'entente à condition de clarifier certains concepts » et s'est déclaré « persuadé qu'il il y aurait d'autres transactions importantes dans l'immobilier de bureaux » avec les Américains.

Parmi les seconds, on a trouvé Michel Rouger, actuel patron du CDR (Consortium de réalisations). Avec son franc-parler, il n'a pas hésité à prendre la salle à rebrousse-poil et à mettre le doigt sur les différences de culture entre les deux pays : « Vous êtes mobiles, financiers et attirés par la rentabilité ; nous sommes sédentaires et attachés au patrimoine. »

Des freins culturels

Concrètement, cela signifie que les Français ont quelque mal à se faire aux raisonnements américains en termes de taux de rendement interne. « N'arrivez pas avec des idées toutes faites », a lancé le président du CDR aux Américains auxquels il reproche de « trop discuter de valeurs de rendement », alors que les Français se demandent « jusqu'où ils vont nous emmener dans les valeurs patrimoniales ».

Le CDR décidera prochainement, après une analyse de la capacité du « système financier franco-européen », de la démarche qu'il adoptera sur son patrimoine immobilier. « Si dans quatre ou cinq ans, il retrouve une liquidité permettant de racheter mon patrimoine aux valeurs européennes, je garde. Sinon, je vends », a expliqué Michel Rouger.

Mais, a-t-il prévenu, « il ne s'agit pas de brader. Si vous cherchez à nous enfermer dans la négociation du rendement, on ne négociera pas ». Et plus loin : « Je suis sûr que 1997 sera déterminant, car, si on n'a pas réussi à se mettre d'accord d'ici à un an, on se séparera. Il faut être deux à négocier, ce n'est pas l'un qui impose à l'autre. »

Ces réticences tiennent aussi aux structures des entreprises : Jean-Jacques Bonnaud, ancien président du GAN, n'a pas caché que les pertes du secteur public étaient limitées par les contraintes du budget de l'Etat... Ils ne peuvent donc pas vendre à n'importe quel prix. Filiale d'un grand groupe privé, la CGIS a des freins d'une autre nature. Reste que, comme l'a expliqué un des participants américains aux débats, les choses « prennent du temps en France » .

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