En direct

Il y a 50 ans, Le Corbusier livrait la Maison radieuse de Rezé
(c) F.L.C. / Adagp, Paris 2005 - ©

Il y a 50 ans, Le Corbusier livrait la Maison radieuse de Rezé

Defawe Philippe |  le 24/06/2005  |  EureEure-et-LoirCherMayenneMorbihan

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Eure
Eure-et-Loir
Cher
Mayenne
Morbihan
Calvados
Manche
Maine-et-Loire
Orne
Côtes-d’Armor
Ille-et-Vilaine
Indre-et-Loire
Finistère
Indre
Loiret
Sarthe
Vendée
Loire-Atlantique
Seine-Maritime
Réalisations
Professionnels
Immobilier
Logement
Loir-et-Cher
Maison individuelle
Architecture
Valider

Construite de 1953 à 1955 dans un contexte de crise aiguë du logement, l’unité d’habitation de Rezé, près de Nantes, est aujourd’hui encore un immeuble où il fait bon vivre. Visite guidée.

Classé Monument historique, le bâtiment surprend encore par ses nombreuses innovations et "astuces", comme ses cloisons coulissantes, les pare-soleil dans les loggias ou encore l’école maternelle implantée sur une terrasse.
Cet immeuble, d’apparence massive (108m de long, 52m de haut et 19m de large), a été construit en un temps record, 18 mois, selon le principe du Modulor inventé par Le Corbusier. Pour obtenir des appartements à taille humaine, l'architecte avait pris pour base un homme d'1m83 qui atteint 2m26 les bras levés: la hauteur des plafonds des appartements. Tel l'homme de Vitruve de Léonard de Vinci, des gravures au pied de l'immeuble rappellent ce principe et celui de l'adaptation de l'immeuble à "la course du soleil", avec des appartements transversaux d'est en ouest, certains au sud et une façade aveugle au nord.
A l'extérieur de l'édifice dont les façades présentent un nuancier de couleur que l'on dit influencé par le peintre Léger, ami de Le Corbusier, trône la "girafe", un escalier extérieur en béton et à ses côtés gît la première pierre de l'édifice, posée le 31 octobre 1953.
Gravée, elle conserve en son coeur un tube de plomb renfermant les discours de l'époque et des dessins de Le Corbusier.

En pénétrant dans le hall de l'immeuble, sous d'impressionnants pieds de béton, on découvre les vestiges de La Poste située dans le hall d'accueil, fermée depuis 2002.
Haut de 17 niveaux, l'immeuble dessert les duplex imbriqués grâce à six "rues", sombres, avec seulement quelques éclairages devant chaque entrée d'appartement. L'architecte a créé ces "rues" comme un lieu de passage et non de vie pour éviter le bruit causé par les conversations de couloirs.
Dans ces rues qui desservent les étages, le regard est rapidement attiré par de petites trappes donnant sur la cuisine des logements et qui permettaient jusqu'au milieu des années 1970 aux habitants d'être livrés à domicile par les commerçants ambulants.

Enfin, la terrasse de l'immeuble abrite l'école maternelle qui culmine à 52m de hauteur, la fierté des habitants, sauvée à trois reprises par la mairie de Rezé qui au fur et à mesure a élargi le périmètre scolaire pour attirer de nouveaux enfants.

Grâce au chauffage collectif et à l'eau courante, l'immeuble offrait en 1955 un confort très apprécié et novateur pour cette époque d'après-guerre où beaucoup de familles vivaient dans des bidonvilles.
Le Corbusier y a même placé des innovations peu courantes à l'époque comme le principe de la cuisine ouverte (aujourd'hui appelée américaine), une "cuisine laboratoire" comme le disait l'architecte.
D'origine, les appartements bénéficient du double vitrage et l'insonorisation est assurée, dans les murs par du béton cellulaire, au plafond avec du béton floqué.
Un puits de lumière vient illuminer les appartements en duplex qui comportent au premier niveau la pièce de vie et au-dessus ou en dessous, selon la configuration, les chambres qui traversent l'immeuble de part en part pour profiter du soleil à l'est comme à l'ouest.
Dans le cadre des cérémonies du cinquantième anniversaire se tiendra d’ailleurs une conférence sur le thème "La Maison radieuse est-elle un immeuble HQE avant la lettre ?" à partir des résultats d’une étude réalisée par l’agence d’architecture et d’urbanisme AUDE de Nantes.

En 1988, Loire Atlantique Habitations, entreprise sociale pour l’habitat qui gère 55% des logements, a effectué une mise aux normes. Entre 1996 et 1999, après trois années de diagnostics très poussés engagées par le Syndicat de propriété et Loire Atlantique Habitations, les façades sont entièrement restaurées. Chaque loggia est découpée pour être reconstruite strictement à l’identique, avec des pierres d’origine et des agrégats de même couleur, trouvés dans la même carrière. Plusieurs maçons ont reproduit les techniques d’autrefois avec des matériaux de haute technicité. Ce gigantesque travail a été supervisé par les Bâtiments de France et la Fondation Le Corbusier.
En 2004, une dernière tranche de travaux a été lancée concernant le traitement des menuiseries extérieures et le changement des doubles vitrages.
Notons que malgré ces importants travaux, l’immeuble est l’un de ceux dont le coût d’entretien est le moins élevé pour Loire Atlantique Habitations.
J-P. Defawe

A l’occasion de ce cinquantenaire, Le Moniteur-expert.com vous propose une visite guidée en images de ce "village en plein ciel" (rubrique Portfolios).

(c) F.L.C. / Adagp, Paris 2005 - ©

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

AMC n°261 - Spécial Intérieurs 2017

Date de parution : 07/2017

Voir

Nouvelles architectures en métal

Nouvelles architectures en métal

Date de parution : 11/2016

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur