Entreprises de BTP

Il y a 15 ans… « La France à la conquête de la Chine »

Mots clés : Bibliothèques, centres de documentation et de consultation d'archives - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Gouvernement

Le Moniteur ouvre ses archives et revisite l’actualité du BTP « il y a 15 ans ». Cette semaine-là, le magazine revenait sur l’implication des Français dans le marché chinois et sur la lutte du ministère de l’Environnement contre la pollution.

Le Moniteur de la semaine du 22 août 1997 revenait sur l’assaut français lancé sur le marché chinois. De beaux contrats à pourvoir mais dans un marché semé d’embuches, indiquait la journaliste Laurence Bagot. « Tout le gotha du BTP mondial s’y [faisait] concurrence tirant sur les prix pour gagner » de bonnes références. Mais mener le projet à bout relevait du « parcours du combattant dans un pays où chaque étape [nécessitait] une autorisation administrative et où un recours en justice [était] quasi impossible, et souvent inutile ».

La Chine était en pleine reconstruction et foisonnait de projets. Certains Français avaient déjà remporté quelques contrats sur place : le plus grand barrage de Chine à Ertan pour Dumez-GTM ainsi que le tunnel du barrage de Xiaolangdi, Spie Batignolles travaillait sur ce même projet et tentait de négocier un contrat d’assistance technique sur le barrage des Trois Gorges. De son côté,  SAE (Eiffage) avait construit en 1986 le complexe du World Trade Center à Pékin et, en1993, la société était l’un des premiers constructeurs étrangers à créer une joint-venture en Chine, à Shenzhen. En matière d’infrastructure, EDF, partenaire depuis 1984 du ministère chinois de l’Eau et de l’Energie, était le chef de projet de la centrale nucléaire Daya Bay (1994, deux unités de 985 MW). La société investissait également dans le pays, notamment en tant que partenaire dans la construction de trois centrales à charbon.


Shanghai, quant à elle, prenait des airs de paradis pour architectes, tant les projets y étaient nombreux. En phase de finition à l’époque, l’opéra de la ville était signé Jean-Marie Charpentier. Le majestueux bâtiment en verre sérigraphié, fourni par Saint-Gobain, était coiffé d’un toit incurvé aussi lourd que la tour Eiffel. Le nouvel aéroport international était conçu par les Aéroports de Paris et son architecte Paul Andreu. Dans l’industrie, Frédéric Edme, patron d’Aube Conception, un cabinet d’architecte parisien spécialisé sur la Chine, avait réalisé ou coopéré à bon nombre de projets d’usines avec Renault, Lafargue ou EDF.

« La clé du succès en Chine, expliquait-il à l’époque, c’est la patience. Il faut être plus patient que les Chinois : une gageure ! »  Et Jean-Marie Charpentier de préciser : « c’est un marché très difficile. Les temps d’étude y sont dix fois inférieurs à ceux de la France, et les honoraires modestes. Il faut être sur place en permanence, et constamment tout renégocier ! ».


On apprenait enfin que des PME françaises partaient tenter leur chance en Extrême-Orient. Pour une raison simple : à l’est, la Chine et ses centaines de projets d’infrastructures ou d’immobilier. A l’ouest, l’Europe et la France, où le BTP traversait une crise sans précédent.


Et aussi… Programme vert contre pollution


12 août 1997. Paris, Lyon, Strasbourg et Lille atteignaient le niveau 2 d’alerte (sur 3) pour la pollution à l’ozone. Alors que se décidait les choix budgétaires pour 1998, Dominique Voynet, ministre de l’Environnement, comptait réduire la pollution de l’air et s’attaquer à la voiture en ville. Cette préoccupation coïncidait avec les propositions du Gart (Groupement des autorités responsables de transports) qui regroupe 200 collectivités locales en France. Le Gart, qui demandait depuis une décennie environ qu’une part  de la taxe intérieure sur les produits pétroliers, la TIPP (10 cts, soit 0,02 cts d’euros) soit affectée au financement des transports collectifs, allait se faire entendre. La préparation de la loi sur les finances devait alors prévoir un quasi-doublement des subventions de l’Etat aux projets de transports collectifs des villes. La ministre annonçait également d’autres axes d’action : privilégier le transport en commun et les modes de transports moins polluants ou des normes plus sévères sur les carburants. Autres leviers évoqués : augmenter les taxes sur le diesel et le fioul et réduire celles sur le GPL (gaz de pétrole liquéfié) et le GNV (gaz naturel pour véhicule) pour inciter les automobilistes à les privilégier et créer une écotaxe sur l’énergie et le gaz carbonique.


Une autre brève annonçait la préférence de Dominique Voynet pour la pastille verte (accordée aux véhicules les mieux entretenus et les moins polluants, et entrée en vigueur en 1998) plutôt qu’un système de circulation alternée entre numéros pairs et impairs des plaques d’immatriculation. Les véhicules pourvus de vignettes pouvaient circulaient en cas de pics de pollution.

Vu dans Le moniteur N°4891  du 22 aout 1997

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