Recherche & développement

« Il faut préserver la recherche et l’innovation collaboratives dans le génie civil », Jacques Roudier, président de l’Irex

Mots clés : Travaux publics

Le 16 juin se tient l’Assemblée générale de l’Irex (Institut pour la recherche appliquée et l’expérimentation en génie civil). Jacques Roudier, son président, rappelle le rôle de cet organisme de recherche partenariale, en souligne l’importance cruciale en ces temps de crise, et fait part de ces inquiétudes quant à la volonté de l’Etat de baisser significativement dès 2014 les crédits qu’il lui octroie.

Quel est le rôle de l’Institut pour la recherche appliquée et l’expérimentation en génie civil (Irex) ?


Jacques Roudier: L’Irex a pour objet principal de monter et de coordonner des actions de recherches collectives, financées par plusieurs partenaires, dans le domaine de la construction, pris au sens anglosaxon du terme. Notre objectif est de faire avancer la connaissance en intervenant dans des programmes de recherche appliquée (Projets Nationaux, projets ANR, etc.) ayant des débouchées opérationnels  à moyen terme pour la conception des ouvrages, la réalisation des chantiers, la maintenance et l’exploitation des réseaux. Notre premier champ d’action est évidemment celui de la recherche et de l’innovation dans le génie civil. Au-delà du génie civil, les projets peuvent concerner l’aménagement de la ville et les infrastructures liées à l’énergie.  L’Irex est un dispositif partenarial par nature : le génie civil a ceci de particulier que les compétences y sont partagées par les sphères publiques et privées. Il est donc dans l’intérêt de tous d’élaborer des règles de l’art et des doctrines techniques communes.  C’est pourquoi les résultats finaux des Projets Nationaux sont partagés et publiés afin qu’ils soient accessibles à l’ensemble de la communauté concernée.

 

Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer lors de votre Assemblée générale du 16 juin ?


J.R: A travers l’exemple des Projets Nationaux que nous présenterons ( voir les présentations des différents Projets Nationaux ), le premier message que je souhaite faire passer est que le génie civil est un secteur qui innove, contrairement à l’image conservatrice et traditionnelle qu’il peut véhiculer parfois. Je veux ensuite montrer que ces innovations permettent de mieux répondre aux attentes et préoccupations du moment comme, par exemple, les problématiques environnementales ou la durabilité du patrimoine existant.  Enfin je souhaite que la communauté prenne pleinement conscience que le paysage dans lequel nous évoluons a fortement changé ces dernières années : les maîtrises d’ouvrage se sont diversifiées, les interventions de l’ingénierie publique se sont concentrées, les diverses maîtrises d’ouvrage publiques sont toutes confrontées  à des contraintes budgétaires…En ces temps difficiles, il est stratégique de préserver l’outil de recherches et d’innovations collectives formidable qu’est l’Irex, car notre capacité à répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain passe par l’innovation.

 

L’Irex ne doit-il pas néanmoins évoluer dans ce contexte ?


J.R: 2,6 millions d’euros de travaux de recherche ont été engagés en 2013 au titre des Projets Nationaux, deux nouveaux Projets Nationaux ont été labellisés (MINnD (1) et MURE (2)) l’année dernière, et viennent s’ajouter aux six Projets Nationaux en cours !  Il ne faudrait pas que cette belle mécanique s’enraye. S’il est évident que l’Irex doit évoluer,  il faut que l’Etat reste impliqué, car il est garant de l’animation et de la pertinence des projets que nous menons avec l’ensemble des partenaires. Or j’ai quelques inquiétudes : la Direction de la Recherche et de l’Innovation (DRI) du Ministère de l’Ecologie nous a fait savoir fin 2013 que les crédits incitatifs de soutien à la recherche mobilisables pour les Projets Nationaux allaient être en forte baisse pour les années à venir, et ce dès l’année 2014. Nous avons envoyé un courrier d’alerte au Ministre et nous avons rencontré les directeurs de la Direction Générale des Infrastructures de Transports et de la Mer  (DGITM) et de la DRI. A ce stade, l’Etat est encore dans son processus de construction budgétaire, et je garde l’espoir que les arbitrages qui seront rendus permettront de garder un mécanisme d’association et de soutien par l’Etat.

 

En savoir plus sur l’Irex en cliquant ici.

(1) MINnD :  Modélisation des INformations INteropérables pour les INfrastructures durables

(2) MURE : MUlti-Recyclage et Enrobés tièdes

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