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« Il faut donner plus d’intensité aux espaces entre-deux », Gaston Tolila et Nicholas Gilliland, architectes
Les architectes Gaston Tolila et Nicholas Gilliland exposent une sélection de leurs projets à la Galerie d’architecture à Paris (IVe), jusqu’au 25 septembre 2021. - © Galerie d’architecture
Interview

« Il faut donner plus d’intensité aux espaces entre-deux », Gaston Tolila et Nicholas Gilliland, architectes

Propos recueillis par Milena Chessa |  le 09/09/2021  |  ParisPremiere oeuvreExposition

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A l’occasion d’une exposition monographique présentée ce mois-ci à la Galerie d’architecture à Paris (IVe), les cofondateurs de l’agence Tolila+Gilliland dressent le bilan de leur première décennie d’existence, marquée par le prix de la Première œuvre en 2012.

La Galerie d’architecture accueille jusqu’au 25 septembre 2021, à Paris (IVe), une exposition monographique sur votre atelier Tolila+Gilliland, qui fête cette année ses dix ans. Quel regard rétrospectif portez-vous sur cette période ?

Il y a dix ans nous étions deux, aujourd’hui nous sommes dix-huit. La culture d’agence a pris du temps pour se mettre en place mais maintenant nous avons une équipe soudée. Elle est composée d’architectes et d’urbanistes aux profils variés, ce qui constitue notre richesse pour aborder les différentes échelles de projets. Nous n’avons pas de spécialités. Ce qui nous plaît, c’est l’hybridation des programmes, comme par exemple dans la ZAC Clichy-Batignolles à Paris (XVIIe) où nous avons livré en 2018, avec nos confrères de TVK, un ensemble mixte de logements, cinémas, salle de concerts, centre d’animation, commerces et parking.
Cette exposition à la Galerie d’architecture nous a permis de dresser un bilan des dix dernières années, mais aussi de préparer les dix prochaines. Nous avons défini une ligne directrice de travail où les usages et matériaux sont liés. Si on se sent bien sur une coursive en bois, ça peut donner envie d’y rester, de s’asseoir et de parler aux autres utilisateurs. Il faut donner plus d’intensité à ces espaces entre-deux.

Maquette de l’îlot culturel des Batignolles à Paris (XVIIe), conçu par les agences TVK et Tolila+Gilliland.
Maquette de l’îlot culturel des Batignolles à Paris (XVIIe), conçu par les agences TVK et Tolila+Gilliland. - © Milena Chessa / LeMoniteur.fr

L’exposition s’intitule « In-Between Places, potentiels de l’entre-deux ». Quels sont ces potentiels ?

On retrouve souvent dans nos projets la notion d’entre-deux. Elle porte sur des espaces de transition entre extérieur/intérieur ou public/privé que l’on souhaite appropriables par les usagers. Un exemple : à Meulan-en-Yvelines (Yvelines), le centre de soins Gilbert-Raby - actuellement en chantier - disposera d’une rue intérieure qui desservira des ateliers thérapeutiques et servira aussi de lieu de rencontre grâce à un escalier en gradins. Ces zones d’intensité d’usage, qui peuvent également prendre la forme d’une loggia individuelle ou d’un jardin collectif, nous les avons identifiées dans les maquettes exposées à l’aide de personnages peints en orange fluo. Ils offrent aux visiteurs une clef de lecture immédiate de nos projets.

Maquette du centre de soins Gilbert-Raby à Meulan-en-Yvelines (Yvelines).
Maquette du centre de soins Gilbert-Raby à Meulan-en-Yvelines (Yvelines). - © Milena Chessa / LeMoniteur.fr

Vous avez fait le choix de présenter uniquement des projets construits ou en chantier. Pourquoi ?

Nous voulions parler de construction au grand public en lui exposant des situations concrètes, pas hypothétiques. En plus des textes, plans et photos, douze maquettes-coupes permettent de voir ce qui se passe à l’intérieur des bâtiments. Il est aussi possible de toucher les matériaux mis en œuvre : béton, bois, terre, pierre, métal… Ces matériaux sont pour nous une source d’expérimentation avec les entreprises. On aime discuter avec elles car leur intelligence constructive permet d’améliorer les projets.
Nous avons une dizaine de chantiers en cours et c’est important de les suivre de près. A l’agence, nous avons pour politique que les chefs de projets mènent les opérations de la conception à la réalisation. Ils acquièrent énormément de connaissances sur le terrain. Ensuite, lorsqu’ils reviennent en phase de conception, ils ne dessinent plus de la même manière. Et on trouve ça génial !

Maquette de l’atelier d’artiste Mosquito Coast Factory à Campbon (Loire-Atlantique).
Maquette de l’atelier d’artiste Mosquito Coast Factory à Campbon (Loire-Atlantique). - © Milena Chessa / LeMoniteur.fr

En 2012, vous avez remporté le prix d’architecture de la Première œuvre pour Mosquito Coast Factory, un atelier d’artiste, espace d’exposition et studio d’habitation situé à Campbon (Loire-Atlantique). Cette distinction figure-t-elle toujours sur votre curriculum vitæ ?

Bien sûr le prix de la Première œuvre fait partie de notre parcours. Mais ce sont les projets réalisés depuis qui comptent désormais dans notre CV: logements, bureaux, commerces, hôpitaux, aménagements urbains… Nous sommes toutefois restés en contact avec Benoît-Marie Moriceau, le maître d’ouvrage de l’atelier d’artiste. Il nous a invités à venir exposer chez lui et avec lui en octobre prochain. Les œuvres d’art présentées auront un lien avec l’architecture. On aimerait intituler l’exposition « Garantie décennale », pour le clin d’œil.

Sur le même sujet Visite architecturale de la Première œuvre 2012

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