Hommage à Victor Poirel

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Je relève dans un article en p. 160 de la publication no 4881 du 13 juin dernier une mention de la Salle Poirel à Nancy et de son fondateur Victor Poirel. Je constate dans cet article deux inexactitudes concernant la personnalité de Victor Poirel.Victor Poirel était issu d'une vieille famille nancéienne dont la généalogie est prouvée depuis 1650 ; il était un cousin de mon arrière grand-père et a vécu de 1804 à 1881.

Ingénieur du corps des Ponts et Chaussées en 1829 et ancien élève de l'Ecole polytechnique, il s'est illustré dans la réalisation d'ouvrages hydrauliques et en particulier comme constructeur du port d'Alger en inventant en 1832 les blocs de béton préfabriqués immergés pour la construction des digues (ancêtres des tétrapodes et acropodes actuels) et plus tard de 1852 à 1862 comme constructeur, selon la même technique, du port toscan de Livourne qui était alors le premier port moderne d'Italie. C'est sans doute à l'occasion de son séjour dans ce pays qu'il a constitué sa collection d'oeuvres d'art sans en faire son activité principale comme le laisse supposer l'article précité. En effet, Victor Poirel avait épousé la petite-fille du célèbre sculpteur nîmois Barthélémy Guibal auteur des fontaines monumentales décorant la place Stanislas à Nancy, ce qui explique peut-être son penchant pour l'art.

N'ayant jamais eu de descendances, Victor Poirel avait décidé avec son épouse de faire don de la totalité de leurs biens à la Ville de Nancy à charge pour elle de construire une salle pour des réunions à caractère artistique, ainsi qu'une fondation pour aider les personnes convalescentes dans la commune voisine de Rosières-aux-Salines, lieu principal de résidence de notre famille à cette époque. Victor Poirel était donc l'initiateur et le mécène de la Salle Poirel qui fut construite, bien après son décès, par l'architecte Albert Jasson de 1887 à 1889.

En ce qui concerne la collection d'oeuvres d'art, elle fut léguée également à la Ville de Nancy par la veuve de Victor Poirel en 1882 ; cette collection se composait de 135 tableaux principalement italiens du 16 au 18e siècle ainsi que de nombreux objets de diverses provenances.

Pour conclure, je regrette que le souvenir de Victor Poirel soit devenu, dans sa ville natale, aussi imprécis aujourd'hui et qu'il soit plutôt perçu comme associé au mouvement artistique de l'Ecole de Nancy voire le constructeur du bâtiment qui porte son nom, que comme un inventeur astucieux et un des plus grands ingénieurs français de son temps. Ses états de services lui valurent, d'ailleurs, la remise des plus hautes décorations françaises et sardes, la reconnaissance de l'Académie des Sciences et l'éloge plusieurs fois renouvelé des ministres de tutelle sous lesquels il a exercé ses missions.

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