En direct

Heures supplémentaires

Le Directeur, Pierre RICORDEAU |  le 31/10/2007

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Valider

CIRCULAIRE ACOSS N° 2007-122 du 24 octobre 2007 Direction de la réglementation du recouvrement et du service DIRRES

Présentation

La loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat crée un dispositif de réduction de cotisations salariales de Sécurité sociale et un dispositif de déduction forfaitaire de cotisations patronales de Sécurité sociale.

Elle modifie également la réduction de cotisations patronales dite Fillon créée par la loi du 17 janvier 2003 relative aux salaires, au temps de travail et au développement de l’emploi.

Ces dispositions sont applicables aux rémunérations perçues à raison des heures de travail effectuées à compter du 1er octobre 2007.

A ce jour, la rémunération des heures supplémentaires, complémentaires ou choisies entre intégralement dans l’assiette de l’impôt sur le revenu, des cotisations et des contributions sociales.

La loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat crée une exonération d’impôt sur le revenu. Elle introduit dans le code général des impôts (CGI) l’article 81 quater I qui liste les rémunérations versées au titre des heures supplémentaires, complémentaires ou de toute autre durée du travail ouvrant droit à celle exonération.

Elle introduit également dans le code de la Sécurité sociale deux articles créant :

• une réduction de cotisations salariales au titre des rémunérations relatives aux heures supplémentaires, complémentaires ou à toute autre durée de travail effectuées (article L.241-17) ;

• une déduction forfaitaire de cotisations patronales de Sécurité sociale au titre des rémunérations relatives aux heures supplémentaires ou à toute autre durée de travail effectuées lorsqu’elles sont versées par les employeurs entrant dans le champ d’application de la réduction de cotisations patronales dite Fillon. Les heures complémentaires ne sont pas visées par la mesure (article L.241-18).

Les modalités de calcul de la réduction de cotisations patronales dite Fillon prévues à l’article L.241-13 du code de la Sécurité sociale sont également modifiées. Désormais, le coefficient servant à déterminer le montant mensuel de la réduction ne sera plus déterminé en fonction du SMIC horaire.

Les modalités d’application de ces dispositions ont été précisées par le décret n° 2007-1380 du 24 septembre 2007 et commentées par la circulaire ministérielle n° DSS/5B120071358 du 1 & octobre 2007 ci-jointe.

Le décret n° 2007-1430 du 4 octobre 2007 précise les modalités d’application de l’exonération d’impôt sur le revenu et de la réduction salariale aux agents publics. S’agissant des agents non titulaires, ce sont les dispositions décrites ci-après pour le régime général qui s’appliquent aux rémunérations visées par ce décret.

Pour les salariés relevant des régimes spéciaux mentionnés à l’article L.711-1 du code de la Sécurité sociale, un décret spécifique fixera les conditions d’application de la réduction de cotisations salariales dues au titre des heures supplémentaires et complémentaires accomplies, compte tenu du niveau de cotisations dont ils sont redevables.

Ces nouvelles dispositions sont applicables aux rémunérations perçues à raison des heures de travail effectuées à compter du 1er octobre 2007.

A. Dispositif relatif aux heures supplémentaires

1. La réduction de cotisations salariales

11. Rémunérations entrant dans le champ d’application de la réduction

Sont dans le champ de la réduction de cotisations salariales les salariés percevant des rémunérations versées au titre de toute heure supplémentaire ou complémentaire ou de toute autre durée de travail effectuée par le salarié, lorsque cette rémunération entre dans le champ d’application de l’article 81 quater I du CGI.

• Les rémunérations versées aux salariés effectuant des heures supplémentaires

Les heures supplémentaires sont les heures de travail effectuées au-delà de la durée légale, fixée à 35 heures hebdomadaires par la loi n° 2000-37 du 19 janvier 2000 relative à la réduction négociée du temps de travail, ou de la durée considérée comme équivalente.

Lorsque la dure conventionnelle du travail est inférieure à la durée légale, les heures effectuées au-delà de cette durée conventionnelle et jusqu’à hauteur de la durée légale ne constituent pas des heures supplémentaires ouvrant droit à la réduction salariale et à la déduction forfaitaire.

Il en est de même des heures effectuées entre la durée légale et la durée d’équivalence, ces heures n’étant pas non plus des heures supplémentaires au sens du code du travail.

• Les rémunérations versées au titre des heures choisies

Les heures choisies sont celles effectuées, par le salarié qui le souhaite et dans le cadre d’une convention ou d’un accord collectif au-delà du contingent d’heures supplémentaires applicable dans l’entreprise ou dans l’établissement.

• Les majorations de salaire dont peuvent bénéficier les salariés sous convention de forfait en jours sur l’année ayant renoncé à des jours de repos au-delà du plafond de 218 jours

Un accord collectif de branche, de groupe, d’entreprise ou d’établissement peut ouvrir la faculté au salarié qui le souhaite, en accord avec le chef d’entreprise, de renoncer à une partie de ses jours de repos en contrepartie d’une majoration de son salaire.

• Les majorations de salaire dont bénéficient les salariés des entreprises de vingt salariés au plus au 31 mars 2005 en contrepartie :

– de leur renonciation à des jours de repos, si le nombre de jours de travail accomplis de ce fait dépasse 218 jours,

– d’heures effectuées au-delà de la durée prévue par leur convention de forfait en heures et au-delà de 1607 heures.

• Les rémunérations versées au titre des heures complémentaires accomplies par les salariés à temps partiel

Sont considérés comme salariés à temps partiel les salariés dont la durée du travail est inférieure à la durée légale du travail, ou à la durée mensuelle résultant de l’application, sur cette période, de la durée légale du travail.

12. Calcul de la réduction salariale

Toutes les rémunérations afférentes à des heures complémentaires ou supplémentaires effectuées rappelées dans le paragraphe précédent peuvent ouvrir droit à une réduction des cotisations salariales de Sécurité sociale proportionnelle à la rémunération. Cette réduction est limitée au montant des cotisations et contributions d’origine légale et conventionnelle rendues obligatoires par la loi dont le salarié est redevable au titre de cette heure.

La réduction de cotisations salariales se calcule chaque mois, salarié par salarié, en deux étapes :

– le calcul du taux de la réduction,

– le calcul du montant de la réduction.

121. Calcul du taux de la réduction

Le décret précise que le taux de la réduction des cotisations salariales est fixé au maximum à 21,5 %. La réduction étant applicable dans la limite des cotisations et contributions dues au titre de cette heure, le taux de la réduction peut donc être inférieur.

Le taux effectif de la réduction ne peut dépasser le taux résultant du rapport entre le montant des contributions et cotisations suivantes mis à la charge du salarié au titre dû mois au cours duquel est effectué le paiement de la durée supplémentaire travaillée et la rémunération mensuelle soumise à cotisations :

– la CSG et de la CRDS : 7,76 % (8 % x 97 %) ;

– les cotisations relatives aux assurances sociales (cotisation assurance maladie : 0,75 %, cotisation d’assurance vieillesse : 6,65 % plafonnée, 0,10 % déplafonnée) ;

– les cotisations aux régimes de retraite complémentaire ARRCO-AGIRC : sont visés les taux conventionnels et contractuels

l’AGFF

l’APEC

la CET (contribution exceptionnelle temporaire applicable aux cadres)

la GMP (garantie minimale de point)

– les cotisations dues au titre de l’allocation d’assurance chômage : 2,40 %

– le cas échéant, les cotisations applicables au régime local d’Alsace-Moselle : 1,70 %.

Il est fait masse de toutes les cotisations dues dans la limite de 21,50 %.

122. Calcul du montant de la réduction

Le montant de la réduction est déterminé en multipliant le taux de la réduction par la rémunération afférente aux heures supplémentaires et complémentaires.

Des exemples illustrent en annexe le calcul de la réduction de cotisations salariales.

13. Application de la réduction au titre des rémunérations afférentes aux heures effectuées

Seule la rémunération afférente aux heures réellement effectuées fait l’objet d’une exonération.

La circulaire ministérielle précise que, à titre dérogatoire, dans les entreprises qui appliquent la mensualisation prévue au 8e alinéa du L.212-5, les exonérations pourront être calculées sur la base de la rémunération des heures supplémentaires mensualisées (soit 17,33 heures pour une entreprise dont la durée collective est de 39 heures par semaine.)

Dans ce cas, cette rémunération sera corrigée en fonction du nombre de jours d’absence sur l’année.

14. Limites et conditions d’application de la réduction salariale

• Montant maximum de rémunération afférente aux heures supplémentaires et complémentaires ouvrant droit à la réduction de cotisations salariales

L’assiette de la réduction de cotisations salariales est constituée des rémunérations afférentes aux heures supplémentaires et complémentaires. En ce qui concerne la majoration salariale, elle est limitée au taux prévu par la convention collective ou accord professionnel ou interprofessionnel applicable. En revanche, les taux spécifiques résultant d’accords d’entreprise ne sont pas pris en compte.

A défaut d’accord professionnel ou interprofessionnel ou de convention collective, la réduction de cotisations salariales s’applique dans la limite

– des taux de 25 % ou 50 % prévus pour les heures supplémentaires par l’article L.212-5 du code du travail ;

– du taux de 25 % pour les heures complémentaires ;

– du taux de 25 % de la rémunération horaire déterminée par le rapport entre la rémunération annuelle forfaitaire et le nombre d’heures de travail prévu au forfait (les heures effectuées au-delà de la durée légale étant pondérées en fonction des taux de majorations applicables à leur rémunération) pour les salariés sous convention de forfait annuelle en heures sur l’année ayant effectué des heures au-delà de 1607 heures ;

– de la rémunération journalière majorée de 25 % (la rémunération journalière étant déterminée par application du rapport entre la rémunération annuelle forfaitaire et le nombre de jours de travail prévus au forfait) pour les salariés sous convention de forfait en jours sur l’année qui ont renoncé à une partie de leurs jours de repos et dépassent le plafond de 218 jours annuel ;

• Conditions d’application de la réduction

La réduction salariale s’applique sous réserve que soient remplies les conditions suivantes :

• les dispositions légales et conventionnelles relatives à la durée du travail sont respectées ;

• les rémunérations afférentes aux heures supplémentaires et complémentaires ne se substituent pas à d’autres éléments de rémunération, sauf si un délai de douze mois s’est écoulé entre le dernier versement de l’élément de rémunération en tout ou partie supprimé et Te premier versement des éléments de rémunération versés au titre des heures supplémentaires et complémentaires.

De plus, la réduction n’est pas applicable à la rémunération :

• des heures complémentaires accomplies de manière régulière au sens de l’article L.212- 4-3 alinéa 7 du code du travail, dès lors qu’elles n’ont pas été intégrées à l’horaire contractuel pendant une durée minimale.

Lorsque, l’horaire moyen réellement effectué par un salarié à temps partiel a dépassé de deux heures au moins par semaine (ou l’équivalent mensuel de cette durée) l’horaire prévu au contrat pendant une période consécutive de douze semaines, ou pendant douze semaines sur une période de quinze semaines, celui-ci est modifié, sous réserve d’un préavis de sept jours et sauf opposition du salarié. Est alors ajoutée à l’horaire antérieurement fixé la différence entre cet horaire et l’horaire moyen réellement effectué.

Le décret précise que la durée minimale pendant laquelle les heures complémentaires doivent être intégrées à l’horaire contractuel est fixée à six mois, cette durée étant le cas échéant réduite à Ta durée du contrat de travail restant à courir si celle-ci est inférieure à six mois.

• des heures qui n’auraient pas été des heures supplémentaires, sans abaissement après le 20 juin 2007, de la durée maximale hebdomadaire prévue à l’article L.212-8 du code du travail dans le cadre des accords de modulation ou du plafond prévu à l’article L.212-9 Il du code du travail, seuil de déclenchement des heures supplémentaires en cas de réduction du temps de travail sur l’année avec octroi de jours de repos.

15. Imputation de la réduction salariale

La réduction est imputée, pour chaque salarié concerné, sur le montant des cotisations salariales de Sécurité sociale dues chaque mois pour celui-ci au titre de l’ensemble de la rémunération versée au moment du paiement de la rémunération afférente à cette durée de travail supplémentaire. Le montant de la réduction ne peut dépasser ce montant.

Il n’y a donc pas de report sur le mois suivant ou sur un autre salarié de l’établissement.

Il ressort de la circulaire ministérielle que l’on impute uniquement sur les cotisations maladie-vieillesse (0,75 %, 6,65 %, 0,10 %).

En cas d’accords de modulation, d’annualisation, ou de convention en forfait jours sur l’année, le nombre d’heures supplémentaires, complémentaires et les jours travaillés au-delà de 218 jours ne sont connus définitivement et rémunérés qu’en fin d’année.

Il ne sera pas toujours possible d’imputer la totalité de la réduction sur le mois de décembre. Dans ce cas, il convient de procéder à une régularisation sur le tableau récapitulatif annuel.

Toutefois, les heures effectuées au cours de l’année au-delà du plafond hebdomadaire prévu par l’accord sont rémunérées au cours de l’année ; elles doivent donc être déduites des heures objet de la régularisation annuelle visée au paragraphe précédent.

16. Règle de cumul

La réduction ne peut pas être cumulée avec une exonération totale ou partielle de cotisations salariales de Sécurité sociale, avec l’application d’assiettes ou de montants forfaitaires de cotisations.

Le décret du 24 septembre précise que le cumul de la réduction de cotisations salariales peut être autorisé avec des taux réduits de cotisations.

Dans cette situation, la réduction est appliquée dans la limite des cotisations et contributions d’origine légale et conventionnelle rendues obligatoires par la loi au titre de l’heure ouvrant droit à la réduction, et compte tenu du niveau de cotisations dont sont redevables les salariés concernés, du fait de l’application des taux réduits.

17. Obligations déclaratives

Le bénéfice de la réduction est subordonné à la mise à disposition des agents du service des impôts compétents ou des inspecteurs du recouvrement, par l’employeur, d’un document en vue du contrôle de l’application de la réduction.

• Récapitulatifs des heures effectuées

Le décret précise que l’employeur doit tenir à disposition des inspecteurs du recouvrement les informations prévues aux articles D.212-18 à D.212-24 du code du travail relatifs au contrôle de la durée du travail.

Lorsque ces données ne sont pas immédiatement accessibles, l’employeur complète ces informations, au moins une fois par an pour chaque salarié, par un récapitulatif hebdomadaire du nombre d’heures supplémentaires ou complémentaires effectuées ou du nombre d’heures de travail lorsque le décompte des heures supplémentaires n’est pas établi par semaine, indiquant le mois au cours duquel elles sont rémunérées et distinguant les heures supplémentaires et complémentaires en fonction du taux de majoration qui leur est applicable.

Lorsque les heures supplémentaires résultent d’une durée collective hebdomadaire de travail supérieure à la durée légale et font l’objet d’une rémunération mensualisée, l’indication de cette durée collective suffit à établir le nombre d’heures supplémentaires uniquement pour les heures supplémentaires concernées.

• Document de contrôle du calcul de la réduction

Pour le contrôle de la réduction de cotisations patronales dite Fillon, l’employeur est tenu de mettre à disposition des inspecteurs du recouvrement un justificatif du calcul de la réduction. Ce justificatif doit être complété des données nécessaires au contrôle des nouveaux dispositifs créés par la loi du 21 août 2007.

En conséquence, l’employeur tient à disposition de l’inspecteur du recouvrement un document indiquant le nombre de salariés ouvrant droit à la réduction dite Fillon, à la réduction de cotisations salariales et à la déduction de cotisations patronales ainsi que le montant total des exonérations appliquées au titre de chacune de ces dispositions.

Ce document indique aussi, pour chaque salarié,

– son identité ;

– la rémunération brute mensuelle versée ;

– le montant de chaque réduction ou déduction appliquée ;

– le coefficient issu de l’application de la formule de calcul de la réduction dite Fillon, le cas échéant le nombre d’heures supplémentaires ou complémentaires et la rémunération y afférente.

2. Déduction forfaitaire de cotisations patronales

La déduction forfaitaire de cotisations patronales s’applique uniquement aux rémunérations versées au titre des heures supplémentaires effectuées.

21. Employeurs concernés

Sont visés les employeurs entrant dans le champ de l’article L.241-13 du code de la Sécurité sociale ayant institué la réduction de cotisations patronales dite Fillon

– les employeurs soumis pour leurs salariés à l’obligation d’assurance contre le risque de privation d’emploi (L.351-4 du code du travail) ;

– les employeurs des salariés mentionnés au 3° de l’article L.351-12 du code du travail dont l’emploi ouvre droit à l’allocation d’assurance chômage

– les employeurs de salariés relevant des régimes spéciaux de Sécurité sociale des marins, des mines, des clercs et employés de notaire.

L’Etat, les collectivités territoriales et leurs établissements publics administratifs, scientifiques ou culturels, les chambres de commerce et d’industrie, les chambres des métiers, et les chambres d’agriculture pour leurs salariés statutaires ou non ainsi que les particuliers employeurs ne sont pas concernés par la mesure.

Les régimes spéciaux autres que ceux concernés par la réduction générale dite Fillon ne sont également pas concernés par la mesure.

22. Application de la réduction au titre des rémunérations afférentes aux heures effectuées

Seule la rémunération afférente aux heures réellement effectuées fait l’objet d’une exonération (cf. § 13).

23. Limites et conditions d’application de la déduction forfaitaire

La déduction forfaitaire de cotisations patronales s’applique sous réserve que soient remplies les conditions rappelées au paragraphe 14.

24. Le montant de la déduction forfaitaire

Le décret précise que le montant la déduction forfaitaire est fixé à 0,50 € par heure supplémentaire.

Dans le cas où le nombre d’heures supplémentaires n’est pas un nombre entier, le montant de la déduction forfaitaire peut être proratisé.

Exemple :

A la fin du mois, un salarié a effectué 2 heures 30 minutes supplémentaires dans une entreprise de plus de 20 salariés : l’employeur bénéficie de 1,25 € de déduction forfaitaire (2,50 x 0,5 € , les 30 minutes étant ramenées en centièmes par la règle suivante (30 x 100/60 = 50)

Pour chaque jour de repos auquel renonce un cadre bénéficiant d’une convention de forfait en jours, la déduction forfaitaire est égale à sept fois le montant prévu ci-dessus.

La déduction forfaitaire n’est accordée que lorsque l’heure supplémentaire effectuée fait l’objet dune rémunération au moins égale à celle d’une heure normale : la déduction ne sera accordée que si au moins 100 % de la rémunération due au titre de cette heure est versée au salarié. A titre d’exemple, elle ne sera donc pas accordée si la rémunération versée au salarié correspond uniquement à la majoration de 25 %.

Pour mémoire, une heure supplémentaire (heure de base et sa majoration), peut soit être rémunérée intégralement en espèces, soit être intégralement compensée par l’octroi d’un repos compensateur de remplacement. Elle peut également être rémunérée pour partie en espèces et pour partie compensée par un repos.

25. Majoration de la déduction forfaitaire

251. Entreprises ouvrant droit à la majoration

Le décret précise que le montant de déduction forfaitaire peut être majoré d’un euro pour les entreprises suivantes :

• Entreprises employant au plus vingt salariés

• Entreprises de plus de vingt salariés lorsqu’elles appliquent le régime dérogatoire prévu aux I et II de l’article 4 de la loi du 31 mars 2005.

L’article 4 de la loi n° 2005-296 du 31 mars 2005 portant réforme de l’organisation du temps de travail dans l’entreprise a prévu un régime dérogatoire pour les entreprises d’au plus 20 salariés au 31 mars 2005.

– En application de l’article 4 I, ces entreprises pouvaient appliquer des taux dérogatoires de majoration des quatre premières heures supplémentaires et ce jusqu’au 31 décembre 2008. Ces dispositions ont été supprimées à compter du 1er octobre 2007.

– En application de l’article 4 II, ces entreprises peuvent jusqu’au 31 décembre 2008, dans l’attente de la conclusion d’un accord mettant en place un compte épargne temps, sous réserve de l’accord de leurs salariés, racheter une partie des jours de repos accordés au titre de la réduction du temps de travail ou faire effectuer des heures au-delà de la durée prévue par la convention de forfait heures des salariés. Les heures, demi-journées ou journées effectuées donnent lieu à une majoration de salaire de 10 %.

Pour ces entreprises de plus de vingt salariés, la majoration est applicable jusqu’au 31 décembre 2008.

252. Règle relative aux aides de minimis

Pour bénéficier de la majoration, ces entreprises devront respecter les dispositions du règlement CE n° 1998/2006 du 15 décembre 2006 relatif aux aides de minimis qui permet l’octroi d’aides sans obligation de notification à la Commission européenne à condition qu’elles ne dépassent pas un certain plafond d’aides par entreprise, pour une période de trois exercices fiscaux, dont l’exercice en cours. Ce plafond est égal à 200 000 euros excepté pour les entreprises du secteur routier pour lesquelles il est fixé à 100 000 euros.

253. Décompte des effectifs

Le décret apporte des précisions sur les modalités de décompte des effectifs.

L’effectif de l’entreprise est apprécié au 31 décembre, tous établissements confondus, en fonction de la moyenne, au cours de l’année civile, des effectifs déterminés chaque mois en application des articles L.620-10 et L.620-11 du code du travail. Les modalités de décompte des effectifs sont rappelées en annexe.

Pour une entreprise créée en cours d’année, l’effectif est apprécié à la date de sa création. Au titre de l’année suivante, l’effectif de cette entreprise est apprécié dans les conditions définies ci-dessus en fonction de la moyenne des effectifs de chacun des mois de la première année.

Pour la détermination du montant de la déduction pour les heures supplémentaires effectuées du 1eT octobre au 31 décembre 2007, l’effectif de l’entreprise est apprécié au 31 décembre de l’année 2006 en fonction de la moyenne, au cours de l’année civile, des effectifs déterminés chaque mois. Pour les entreprises créées entre le 1er octobre et le 31 décembre 2007, l’effectif est apprécié à la date de sa création.

Cet effectif fixe le montant de la déduction forfaitaire due au titre des gains et rémunérations versés à compter du l janvier de l’année suivante et pour la durée de celle-ci.

Ces modalités de décompte des effectifs s’appliquent depuis le 1er juillet 2007 dans le cadre de la réduction Fillon amplifiée pour les entreprises de 19 salariés au plus.

26. Imputation de la déduction forfaitaire

La déduction forfaitaire est imputée sur les cotisations et contributions patronales dues à l’URSSAF pour chaque salarié concerné au titre de l’ensemble de la rémunération versée au moment du paiement de ces heures supplémentaires et ne peut dépasser ce montant. La circulaire ministérielle du 1er octobre liste les cotisations et contributions sur lesquelles la réduction peut être imputée.

En cas d’accords de modulation, d’annualisation, ou de convention en forfait jours sur l’année, le nombre d’heures supplémentaires, complémentaires et les jours travaillés au-delà de 218 jours ne sont connus définitivement et rémunérés qu’en fin d’année.

Il ne sera pas toujours possible d’imputer la totalité de la déduction sur le mois de décembre. Dans ce cas, il convient de procéder à une régularisation sur le tableau récapitulatif annuel.

Toutefois, les heures effectuées au cours de l’année au-delà du plafond hebdomadaire prévu par l’accord sont rémunérées au cours de l’année ; elles doivent donc être déduites des heures objet de la régularisation annuelle visée au paragraphe précédent.

27. Règles de cumul

Le cumul de la déduction forfaitaire de cotisations patronales avec une autre exonération de cotisations patronales de Sécurité sociale est admis dans la limite des cotisations patronales de Sécurité sociale et des contributions patronales restant dues à l’URSSAF par l’employeur au titre de l’ensemble de la rémunération du salarié concerné.

Les règles de cumul régissant certains dispositifs ont été modifiées, puisqu’elles ne permettaient pas le cumul du dispositif avec une autre exonération totale ou partielle de cotisations patronales de Sécurité sociale.

Il s’agit des dispositifs suivants :

• réduction Fillon ;

• exonération applicable aux rémunérations versées aux salariés embauchés en ZRR ou ZRU ayant pour effet d’accroître l’effectif dans la limite de cinquante salariés au plus (article L.131-4-1 du code de la Sécurité sociale) ;

• exonération de cotisations patronales au titre des services à la personne (L.241-1O III bis du code précité) ;

• exonération de la cotisation patronale d’allocations familiales applicable dans les régimes spéciaux (article L.241-6-4 du code précité) ;

• réduction de cotisations patronales dues au titre de l’avantage en nature nourriture dans le secteur des hôtels, cafés, restaurants (article L.241-14 du code précité)

• exonération de cotisations patronales accordée dans les départements d’outre-mer (article L.752-3-1 du code précité)

• exonération de cotisations patronales accordée dans le cadre du contrat de professionnalisation (article L.981-6 du code du travail) ;

• exonération de cotisations patronales, de FNAL et de versement transport applicable dans les ZFU et les ZRU (article 12, 13 et 12-1 de la loi n° 96-987 du 14 novembre 1996)

• exonération de cotisations patronales accordée aux entreprises ayant le statut de jeunes entreprises innovantes (article 131 de la loi de finances pour 2004) ;

• exonération de cotisations patronales de FNAL et de versement transport accordée aux entreprises implantées dans un bassin d’emploi à redynamiser - BER (article 130 de la loi de finances rectificative pour 2006).

En cas de cumul, la déduction forfaitaire des cotisations patronales intervient après application des autres exonérations de cotisations patronales auxquelles l’entreprise peut prétendre.

28. Obligations déclaratives

Les obligations déclaratives pour le bénéfice de la déduction forfaitaire de cotisations patronales sont les mêmes que celles prévues au paragraphe 17 pour la réduction de cotisations salariales.

B. Réduction dite Fillon

Le montant de réduction mensuelle applicable au titre de chaque salarié est déterminé chaque mois en multipliant la rémunération du mois soumise à cotisations, comprenant éventuellement les majorations afférentes aux heures supplémentaires, par un coefficient.

Les modifications apportées par la loi du 21 août 2007 concernent la formule de calcul permettant de déterminer le coefficient.

Le coefficient de calcul de la réduction Fillon est désormais fonction du rapport entre le SMIC calculé pour un mois sur la base de la durée légale du travail et la rémunération mensuelle brute du salarié telle que définie à l’article L.242-1 du code de la Sécurité sociale.

N’est pas intégrée à cette rémunération celle des heures supplémentaires et complémentaires, dans la limite en ce qui concerne la majoration salariale correspondante, des taux de 25 % et 50 % prévus au I de l’article L.212-5 du code du travail.

Entreprises de plus de dix-neuf salariés

0,260/0.6 x (1,6 x montant mensuel du SMIC / rémunération mensuelle brute hors HS et HC *)

Entreprises de dix-neuf salariés au plus

0,281/0.6 x (1,6 x montant mensuel du SMIC / rémunération mensuelle brute hors HS et HC *)

– pour les heures supplémentaires, les taux de 25 % pour les 8 premières et 50 % pour les suivantes,

– pour les heures complémentaires, le taux de 25 % pour celles effectuées au-delà de 10 % de la durée fixée au contrat de travail.

Le décompte des effectifs s’effectue selon les modalités rappelées au paragraphe 253.

1. Détermination du paramètre « montant mensuel du SMIC »

Le décret du 24 septembre 2007 a précisé les règles de détermination du paramètre « montant mensuel du SMIC » servant au calcul du coefficient.

11. Salariés dont la rémunération contractuelle mensuelle est fixée sur la base de la durée légale de 35 heures hebdomadaires ou 1607 heures par an

Le SMIC à prendre en compte est égal à la valeur de 151,67 fois le SMIC horaire (1 280,09 d au 1er octobre 2007). Cette valeur s’applique aux entreprises ayant une durée collective correspondant à la durée légale, pour les salariés travaillant à temps plein dont la rémunération est calculée sur cette base.

Pour un salarié titulaire d’une convention individuelle de forfait en jours de 218 jours, le SMIC à prendre en compte est égal à la valeur de 151,67 fois le SMIC horaire.

12. Salariés dont la rémunération contractuelle mensuelle n’est pas fixée sur la base de la durée légale de 35 heures hebdomadaires ou 1607 heures par an

Pour les salariés dont la rémunération Contractuelle n’est pas fixée pour l’ensemble du mois considéré sur la base d’une durée hebdomadaire, ou rapportée à la durée du cycle de travail, de 35 heures ou d’une durée annuelle de 1607 heures, la valeur du SMIC est pondérée.

Le SMIC, calculé sur la base de 151,67 heures, est corrigé à proportion de la durée du travail, ou de la durée équivalente hors heures supplémentaires ou complémentaires, inscrite à leur contrat de travail au titre de la période où ils sont présents dans l’entreprise et rapportée à celle correspondant à la durée légale du travail.

Pour tous les salariés qui ne travaillent pas à temps complet sur le mois dans une entreprise dont la durée du temps de travail est égale à la durée légale, on corrige toujours le SMIC en rapportant la durée travaillée par le salarié au cours du mois à la durée légale.

Vous trouverez en annexe des exemples illustrant ce principe.

13. Suspension du contrat de travail avec maintien partiel ou total de la rémunération

En cas de suspension du contrat de travail avec maintien partiel de la rémunération mensuelle brute du salarié, le montant mensuel du SMIC pris en compte pour le calcul du coefficient est réduit selon le pourcentage de la rémunération demeurée à la charge de l’employeur et soumise à cotisations.

Un salarié à temps plein perçoit habituellement une rémunération mensuelle de 1300e. Il est absent 10 jours au mois de septembre.

La rémunération du mois soumise à cotisations pour ce salarié est égale à 758e (période travaillée) 390e (maintien de salaire) = 1148e

Pour ce salarié, le montant mensuel du SMIC pris en compte pour le calcul du coefficient est ainsi corrigé : I 280,09e x 1148e ! 1300 = 1130,42 e

2. Rémunération prise en compte pour la détermination du coefficient

La rémunération mensuelle brute prise en compte pour déterminer le coefficient est constituée des gains et rémunérations tels que définis à l’article L.242-1 du code de la Sécurité sociale, versés au salarié au cours du mois civil, à l’exclusion de la rémunération des heures complémentaires et supplémentaires dans la limite, en ce qui concerne la majoration salariale correspondante

– des taux de 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires et 50 % pour les suivantes,

– du taux de 25 % pour les heures complémentaires effectuées au-delà de 10 % de la durée fixée au contrat de travail.

Est exclue, dans les limites rappelées ci-dessus, la rémunération de toutes les heures supplémentaires ou complémentaires, qu’elles bénéficient ou non par ailleurs des dispositifs de réduction de cotisations salariales et de déduction forfaitaire de cotisations patronales.

Un salarié rémunéré au SMIC effectue au cours d’un mois 8 heures supplémentaires rémunérées selon les taux légaux. La rémunération mensuelle du salarié est donc égale à

– 151,67 h x 8,44 soit 1280,09 €

– 8 h x 10,55 (8,44 x 25 %) soit 84,4 €

La somme de 84,4 € est intégralement exclue du paramètre rémunération mensuelle car le taux de majoration des 8 premières heures supplémentaires ne dépasse pas 25 %.

Un salarié rémunéré au SMIC effectue au cours d’un mois 8 heures supplémentaires rémunérées au taux de 30 %. La rémunération mensuelle du salarié est donc égale à :

– 151,67 h x 8,44 soit 1280,09 e

– 8h x 10,97 (8,44 x 30 %) soit 87,76e

La somme de 87,76 euros n’est pas intégralement exclue du paramètre rémunération mensuelle car le taux de majoration des 8 premières heures supplémentaires ne dépasse pas 25 %.

La rémunération correspondant au 5 % de majoration supplémentaire (3,36) est donc prise en compte dans le paramètre rémunération brute du mois/1 280,09d 3,36e = 1 283,45e.

La mesure de neutralisation concernant uniquement les rémunérations afférentes à des heures supplémentaires ou complémentaires, elle ne s’applique donc pas dans le cas d’un salarié relevant d’une convention de forfait annuel en jours et ouvrant droit à la réduction.

Dans les professions dans lesquelles existe une déduction forfaitaire pour frais professionnels, on exclut en premier lieu de la rémunération mensuelle la rémunération afférente aux heures supplémentaires ou complémentaires ; est ensuite appliquée la déduction forfaitaire.

C. Entrée en vigueur

En application de l’article 1er de la loi du 21 août 2007, les dispositifs de réduction de cotisations salariales, de déduction forfaitaire de cotisations patronales ainsi que les nouvelles modalités de calcul de la réduction Fillon sont applicables aux rémunérations perçues à raison des heures de travail effectuées à compter du 1er octobre 2007.

Dans le cas d’un décompte annuel du temps de travail ou des heures supplémentaires (modulation, forfait jours…) ou d’un cycle de plusieurs semaines entamé avant le 1er octobre 2007, si le paiement des heures supplémentaires a lieu après le 1er octobre, l’assiette servant de base au calcul de la réduction des cotisations salariales et de la déduction forfaitaire de cotisations patronales de Sécurité sociale sera égale à l’ensemble de la rémunération versée en fin d’année 2007 au titre des heures supplémentaires concernées, décomptées sur une base annuelle, effectuées durant cette même année.

D. Modalités pratiques d’application du dispositif « heures supplémentaires »

Pour la gestion des nouveaux dispositifs, les codes type suivants sont créés :

• Réduction de cotisations salariales de Sécurité sociale

CTP 003 : Réduction salariale heures sup

L’effectif, la masse salariale et le montant de la déduction doivent être indiqués sur la ligne correspondant à ce code type.

• Déduction forfaitaire de cotisations patronales

CTP 004 : Déduction PP heures sup 20 sal au

CTP 005 Déduction PP heures sup 20 sal

Sur ces lignes doivent être indiquées le nombre d’heures supplémentaires et le montant total de la déduction forfaitaire.

Le nombre d’heures supplémentaires est proratisé par salarié pour déterminer le montant de la déduction. S’agissant du nombre d’heures à porter sur le bordereau, il correspond à la somme des heures proratisées, arrondie à l’heure la plus proche. Ainsi, toute heure commencée finissant avant 50 centièmes est arrondie à l’heure inférieure et toute heure finissant après 50 centièmes à l’heure supérieure.

E. Suivi statistique et financier

Suivi statistique

Un suivi statistique relatif à la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires, au montant de la réduction patronale, à l’exonération salariale, au nombre d’heures supplémentaires et au nombre de salariés concernés par ces mesures sera établi mensuellement à partir des pièces déclaratives transmises par les employeurs.

Suivi financier

L’exonération est compensée par l’Etat en application de l’article L.131-7 du code de la Sécurité sociale. Elle doit donc faire l’objet d’un suivi au titre des mesures pour l’emploi.

Le suivi financier de la mesure est effectué au vu des résultats de la centralisation de la balance comptable des organismes.

Annexe 1

Exemples de calcul de la réduction de cotisations salariales et de la déduction forfaitaire de cotisations patronales

Salarié non-cadre, hors Alsace-Moselle, rémunéré 2 200 € par mois, soit un brut horaire de 14,51 € , pour un temps plein sur la base hebdomadaire de 35 heures dans une entreprise de 10 salariés.

Ce salarié effectue 8 heures supplémentaires.

Calcul de la réduction salariale de cotisations patronales

Rémunération heures supplémentaires :

8 h x 125 % x 14,51 € = 145,10 €

Brut soumis à cotisations : 2200d 145,10 € = 2 345,10 €

Cotisations salariales dues :

Les cotisations prises en compte pour le calcul de la réduction sont les suivantes :CSG/CRDS : 7,76 %

Maladie : 0,75 %

Vieillesse : 6,75 %

Chômage : 2,40 %

Retraite complémentaire 3 %

AGFF : 0,80 %

2345,10 € x 21,46 % = 503,26 €

Taux de réduction applicable « cotisations/salaire brut » :

503,26 € /2 345,10 € = 0,2146, soit 21,46 %

Ce taux, inférieur au taux maximum de 21,50 % est pris en compte pour le calcul de la réduction

Calcul de la réduction de cotisations salariales :

La réduction est obtenue en multipliant le montant brut afférent aux heures supplémentaires par le taux de 21,46 % :

145,10 € x 21,46 % = 31,14  € .

Imputation de la réduction sur les cotisations salariales de sécurité sociale pour l’ensemble de la rémunération :

2 345,10 € x 7,50 % (cotisations salariales maladie et vieillesse) = 175,88 €

Le montant de la réduction salariale (31,14 € ) est inférieur au montant des cotisations salariales d’assurance sociales (175,88 € ). La réduction salariale peut donc être intégralement déduite.

Calcul de la déduction forfaitaire de cotisations patronales

Dans cette entreprise, le montant de la déduction forfaitaire est égal à 1,50 € par heure supplémentaire.

Au titre de ce salarié qui a effectué 8 heures supplémentaires, la réduction forfaitaire mensuelle est égale à 12  € .

Calcul de la réduction Fillon

La réduction ne s’appliquant pas au tire des salaires au moins égaux à 1,6 SMIC, l’employeur n’ouvre pas droit à la réduction dite Fillon au titre de ce salarié.

Salarié non-cadre, hors Alsace-Moselle, rémunéré 2 200 € par mois, soit un brut horaire de 14,51 € , pour un temps plein sur la base hebdomadaire de 35 heures dans une entreprise de 10 salariés. Ce salarié bénéficie de la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnel de 10 %.

Ce salarié effectue 8 heures supplémentaires.

Calcul de la réduction salariale de cotisations patronales :

Rémunération heures supplémentaires :

8 h x 125 % x 14,51 € = 145,10 €

Brut soumis à cotisations : 2 200 € 145,10 € = 2 345,10 €

Cotisations salariales dues :

Les cotisations prises en compte pour le calcul de la réduction sont les suivantes :CSG/CRDS : 7,76 %

Maladie : 0,75 %

Vieillesse : 6,75 %

Chômage : 2,40 %

Retraite complémentaire 3 %

AGFF : 0,80 %

• Calcul du montant des cotisations bénéficiant de la déduction forfaitaire spécifique :

2 345,10 € - 10 % = 2 110,59 x 7,50 % (maladie/vieillesse) = 158,29 €

• Calcul du montant des autres cotisations :

2345,10 € x 13,96 % = 327,38 €

Taux de réduction applicable « cotisations/salaire brut » :

485,67 € /2 345,10 € : 0,2071

Le taux de la réduction est égal à 20,71 %.

Ce taux de 21 %, inférieur au taux maximum de 21,50 % est pris en compte pour le calcul de la réduction.

Calcul de la réduction de cotisations salariales :

La réduction est obtenue en multipliant le montant brut afférent aux heures supplémentaires par le taux de 20,71 % :

145,10 € x 20,71 % = 30,05  € .

Imputation de la réduction sur les cotisations salariales de sécurité sociale pour l’ensemble de la rémunération :

2 110,59 € x 7,50 % (cotisations salariales maladie et vieillesse) = 158,29 €

Le montant de la réduction salariale (30,05 € ) est inférieur au montant des cotisations salariales d’assurance sociales (158,29 € ). La réduction salariale peut donc être intégralement déduite.

Salarié non-cadre, hors Alsace-Moselle, rémunéré 3 000 € mois, soit un brut horaire de 19,78 € un temps plein sur la base hebdomadaire de 35 heures dans une entreprise de 22 salariés.

Ce salarié effectue 30 heures supplémentaires rémunérées 125 % du SMIC.

Calcul de la réduction salariale de cotisations patronales

Rémunération heures supplémentaires : 741,75 €

Brut soumis à cotisations : 3741,75 €

Cotisations salariales dues :

Cotisations sur la totalité de la rémunération :

CSGICRDS : 7,76 %

Maladie : 0,75 %

Vieillesse : 0,10 %

Chômage : 2,40 % 3 741,75 € x 11,01 % = 411,97 €

Cotisations dans la limite du plafond :

Vieillesse : 6,65 %

Retraite complémentaire 3 %

AGFF : 0,80 % 2 682 € x 10,45 % = 280,27 €

Cotisations sur la fraction de rémunération supérieure au plafond :

retraite complémentaire 8 %

AGFF : 0,90 % 1059,75 € x 8,90 % = 104 € = 94,32 €

Totalité des cotisations dues au titre de ce mois : 786,56 €

Taux de réduction applicable : « Cotisations/salaire brut » :

786,56 € /3 741,75 € = 0,2102, soit 21,02 %

Ce taux, inférieur au taux maximum de 21,50 % est pris en compte pour le calcul de la réduction

Calcul de la réduction de cotisations salariales

741,75 € x 21,02 % = 155,92 € .

Imputation de la réduction sur les cotisations salariales de Sécurité sociale dues pour l’ensemble de la rémunération

3741,75 € x 0,85 % = 31,80 €

2682 € x 6,65 % = 178,35 €

soit un montant de 210,15 € au titre des cotisations salariales d’assurance sociale.

Le montant de la réduction salariale (155,92 € ) est inférieur au montant des cotisations salariales d’assurance sociales (210,15 € ). La réduction salariale peut donc être intégralement déduite.

Calcul de la déduction forfaitaire de cotisations patronales

Dans celle entreprise, le montant de la déduction forfaitaire est égal à 0,50 € par heure supplémentaire.

Au titre de ce salarié qui a effectué 8 heures supplémentaires, la réduction forfaitaire mensuelle est égale à 15 € .

Calcul de la réduction Fillon

La réduction ne s’appliquant pas au tire des salaires au moins égaux à 1,6 SMIC, l’employeur n’ouvre pas droit à la réduction dite Fillon au titre de ce salarié.

Annexe 2

Modalités de décompte des effectifs en application des articles L.620-10 et L.620-11 du code du travail

Sont pris en compte pour l’appréciation de ce seuil :

• pour une unité les salariés sous contrat à durée indéterminée (CDI) et les travailleurs à domicile,

• au prorata de leur temps de présence au cours des douze mois précédents, les salariés sous contrat à durée déterminée (CDD), contrat de travail intermittent ou mis à disposition par une entreprise extérieure, y compris les travailleurs temporaires. Toutefois, les salariés titulaires d’un CDD, d’un contrat de travail temporaire ou mis à disposition par une entreprise extérieure sont exclus du décompte des effectifs lorsqu’ils remplacent un salarié absent ou dont le contrat de travail est suspendu,

• au prorata de leur temps de présence, les salariés à temps partiel.

Pour calculer les effectifs des entreprises de travail temporaire, il est tenu compte, d’une part, des salariés permanents de ces entreprises et d’autre part des travailleurs qui sont liés à elles par des contrats de travail temporaires pendant une durée totale d’au mois trois mois au cours de la dernière année civile.

Sont exclus de l’effectif les titulaires de contrats particuliers s’inscrivant dans le cadre des mesures pour l’emploi (notamment apprentis, contrat initiative emploi, contrat d’avenir, contrat d’accompagnement dans l’emploi, de professionnalisation…). Sont également exclues de l’effectif les personnes assimilées à des salariés par le droit de la Sécurité sociale mais auxquelles le droit du travail ne reconnaît pas cette qualité.

Jusqu’au 31 décembre 2010, les organismes de recherche, les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises peuvent mettre leurs salariés à la disposition d’une entreprise, d’un établissement d’enseignement supérieur ou d’un organisme de recherche faisant partie d’un même pôle de compétitivité tel que défini par l’article 24 de la loi n° 2004-1484 du 30 décembre 2004 de finances pour 2005. Pendant la durée de mise à disposition, le salarié mis à disposition n’est pas pris en compte pour le calcul de l’effectif de l’entreprise, l’établissement ou l’organisme d’accueil.

La circulaire ministérielle précise que pour la détermination des effectifs du mois, il est tenu compte des salariés sous contrat au dernier jour de chaque mois, y compris les salariés absents.

Annexe 3

Calcul de la réduction Fillon : exemples de calcul du SMIC à prendre en compte pour le calcul du coefficient pour les salariés dont la rémunération contractuelle mensuelle n’est pas fixée sur la base de la durée légale de 35 heures hebdomadaire ou de 1607 heures par an

• Salariés à temps partiel

Soit un salarié rémunéré sur la base de 32 heures hebdomadaires : le SMIC pris en compte est égal à 1 280,09 € x 32 h/35 h = 1 170,37 €

• Salariés rémunérés intégralement sur la base d’un horaire d’équivalence

Soit un salarié à temps plein du secteur du transport routier de marchandises pour lequel la durée d’équivalence hebdomadaire est de 39 heures hebdomadaires : le SMIC pris en compte est égal à : 1 280,09 € x 39 h/35 h = 1 426,39 €

• Salarié titulaire d’une convention en forfait jours sur l’année

Soit un salarié titulaire d’une convention individuelle de forfait de 212 jours sur l’année : le SMIC pris en compte est égal à : 1 280,09 € x 212 jours/218 jours = 1 244,86 €

• Salariés ayant une convention individuelle de forfait en heures sur l’année inférieure à 1600 heures

Soit un salarié titulaire d’une convention individuelle de 1500 heures sur l’année : le SMIC à prendre en compte est égal à 1 280,09 € X 1500 h/1607 h = 1194,86 €

• Salariés rémunérés sur la base d’une durée conventionnelle de l’entreprise inférieure à la durée légale

Soit un salarié à temps plein dans une entreprise ayant une durée collective de 33 heures hebdomadaires : le SMIC à prendre en compte est égal à 1 280,09 € x 33 h/35 h = 1206,94 €

• Salariés n’effectuant pas un mois complet (embauches ou sorties en cours de mois, congés sans solde)

Soit un salarié embauché sous contrat à durée indéterminée le 15 octobre2007 dans une entreprise dont l’horaire collectif est de 35 heures hebdomadaire et dont la durée du travail est répartie sur 5 jours. La rémunération du mois de l’embauche n’est pas mensualisée.

Le mois d’octobre 2007 comporte 23 jours ouvrés.

Nombre d’heures de présence : 7 x 13 j. ouvrés travaillés = 91 heures.

Le SMIC à prendre en compte est égal à 1 280,09 € x 91 h/161 h) = 753,53 €

• Salariés hors du champ de la mensualisation

Il s’agit des salariés saisonniers, intermittents ou temporaires, travailleurs à domicile…

Pour ce qui les concerne, la circulaire ministérielle précise que le montant mensuel du SMIC est corrigé en fonction du rapport entre l’horaire de travail prévu au contrat du salarié (hors heures supplémentaires mais y compris jours fériés ou périodes de congés intervenant pendant le contrat le cas échéant, et 151,67.

Pour le salarié mis à disposition par une entreprise de travail temporaire, la réduction mensuelle est égale à la somme des réductions calculées pour chaque mission effectuée. Ces réductions sont elles-mêmes déterminées en multipliant la rémunération brute afférente à chacune de ces missions parle coefficient propre à chaque mission.

Un salarié intérimaire effectue au cours du mois une mission dont la durée est de 48 heures : le montant mensuel du SMIC est ainsi ajusté : 1 280,09 € x 48 h/151,67 h : 405,12 €

Un travailleur saisonnier est employé sur un mois pour 23 jours ouvrés 8 heures par jours : le montant mensuel du SMIC est ainsi ajusté : 1 280,09 € X 184 h/151,67 h = 1552,95 €

• Salariés non rémunérés selon une durée de travail

Entrent dans cette catégorie les salariés rémunérés à la tâche, au rendement, à la pige, par un fixe ou une commission, les VRP…

La circulaire ministérielle précise les règles de détermination du SMIC pour cette catégorie de salariés :

– si l’employeur peut déterminer le nombre de jours de travail auxquels se rapporte la rémunération versée, le SMIC est reconstitué selon la formule utilisée pour les salariés n’effectuant pas un mois complet. Soit un VRP pour lequel l’employeur a pu dire qu’il a effectué 5 jours de travail au cours d’un mois : le SMIC pris en compte est égal à :

1 280,09 € x 35 h/151,67 h : 295,40 €

– si l’employeur ne peut pas déterminer le nombre de jours de travail auxquels se rapporte la rémunération versée, on considère que le salarié est à temps plein et les règles rappelées ci-dessus s’appliquent :

- le SMIC pris en compte pris en compte est donc égal à 1 280,09 € si la durée de travail de l’établissement est égale à la durée légale,

- Le SMIC pris en compte est corrigé si la durée de travail conventionnelle de l’établissement est inférieure à la durée légale.

RÉFÉRENCES

Loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 textes officiels du 24 août 2007 p. 19

décret n° 2007-1380 du 24 sept. 2007 textes officiels du 28 sept. 2007 p. 36

* Dans la limite, en ce qui concerne les majorations salariales prévues par la loi :

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Diagnostic, entretien et réparation des ouvrages en béton armé en 44 fiches pratiques

Date de parution : 03/2020

Voir

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Valorisation de l’immobilier d’entreprise par l'externalisation des actifs et autres solutions

Date de parution : 02/2020

Voir

Contrats publics n° 206 - Février 2020

Contrats publics n° 206 - Février 2020

Date de parution : 02/2020

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur