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Henri Bava veut consolider le statut des paysagistes concepteurs
Henri Bava (au centre) a été élu président de la fédération française du paysage. - © © Laurent Miguet.

Henri Bava veut consolider le statut des paysagistes concepteurs

Laurent miguet |  le 12/06/2018  |  ArchitectureAménagementEtat

L’appropriation de leur nouveau statut par les paysagistes concepteurs marquera le début du mandat d’Henri Bava, élu le 8 juin à la présidence de la Fédération française du paysage. Forte de 800 adhérents, soit un doublement en 10 ans, l’organisation professionnelle espère franchir le cap des 1000 en 2019.

Avec 677 avis positifs pour l’obtention du titre de paysagiste concepteur, un rodage en douceur caractérise l’application de l’article 174 de la loi 2016-2087 du 8 juin 2016. Après les deux arrêtés de l’été dernier qui ont suivi le décret d’application du 28 avril 2017, une période transitoire de trois ans s’est ouverte, pour faciliter l’accès au statut institué par la loi Biodiversité, sous l’égide d’une commission d’habilitation.

A l’issue de ses deux premières réunions, la plupart des avis positifs provient de 660 diplômés des écoles publiques habilitées à délivrer le diplôme d’Etat de paysagiste, sur un potentiel de 3000 personnes.

Etat transparent

Les deux autres familles de prétendants identifiés par le décret d’application n’ont généré que 38 dossiers, sur un potentiel évalué dans une fourchette de 800 à 1000 personnes : 24 paysagistes français et 14 étrangers ont souhaité prouver à la commission d’habilitation qu’ils détiennent des compétences équivalentes à celles des titulaires des diplômes reconnus par l’Etat. Ils ont recueilli 17 avis positifs : 11 pour les Français, 6 pour les étrangers.

Assuré le 8 juin à Lyon devant l’assemblée générale de la Fédération française du paysage par Karine Mangin, chargée de mission au bureau du Paysage et de la publicité du ministère de la Transition écologique et solidaire, l’exercice de transparence sur les chiffres vise à étouffer les rumeurs : président sortant de la FFP, Jean-Marc Bouillon a entendu les récriminations issues de « refus froids, cinglants et non argumentés ».

Chance à saisir

 « Un avis négatif n’est pas un refus », corrige Karine Mangin. Instructeur des demandes, l’Etat a néanmoins enregistré le message : parmi les sept éléments de preuve de compétence exigés par la réglementation, la commission explicitera, à l’avenir, ceux qui n’ont pas emporté sa conviction.

Cœur du dossier de demande d’habilitation, ces sept chapitres tiennent en une dizaine de pages, « mais le book d’une agence ne peut pas tenir lieu de preuve de compétence », prévient Karine Mangin. « La FFP se tient prête à accompagner les candidats dans la rédaction de leur dossier », complète Henri Bava, qui a retrouvé le 8 juin à Lyon le fauteuil de président de l’organisation professionnelle, après l’avoir déjà occupé de 1996 à 1998.

Rompu au droit des professions et conseiller des paysagistes dans la rédaction participative de leur statut, Joël Moret-Bailly, avocat associé au cabinet Alinea, souligne la chance dont ils bénéficient : « Vous êtes bien traités. 10 pages pour 7 items, ce n’est pas beaucoup : la principale difficulté, c’est de faire court. L’Etat et la profession vous soutiennent : profitez-en ! Le train ne passera pas forcément deux fois ». Après l’été 2020, seule la procédure de validation des acquis de l’expérience permettra aux non diplômés d’acquérir le titre.

Bataille européenne

Derrière la consolidation du statut des paysagistes concepteurs français, se joue la bataille de la Fédération des architectes paysagistes européens, regroupés au sein d’Ifla Europe : « Notre organisation européenne a besoin que la France rejoigne les 10 pays nécessaires à la constitution d’un lobby professionnel qui pèse aux yeux de Bruxelles », a insisté Henri Bava, aussitôt après son élection.

Le récent rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) sur les politiques paysagères européennes apporte de l’eau à son moulin. « Avec son Landscape Institute doté du statut de royal charted body, équivalent d’une reconnaissance d’utilité publique, le Royaume-Uni offre l’exemple le plus intéressant, comme producteur de doctrines qui positionnent le paysage dans des politiques d’intérêt général comme la santé ou la biodiversité », souligne Jean-Pierre Thibault, co-auteur du rapport, invité à l’assemblée générale de la FFP. « Vous êtes un peu faible en nombre, pour peser dans un système vertical qui met les politiques publiques en morceaux », avertit l’inspecteur général du CGEDD.

Une base à élargir

Pour atteindre son objectif européen, la feuille de route du nouveau président de la FFP passe par la fédération de « toutes les formes d’exercices ». Comme il l’explique dans l’interview exclusive qu’il a accordée à la revue Paysage Actualités dans son édition de juin, Henri Bava compte sur la complicité de l’association des paysagistes conseil de l’Etat pour renforcer la profession dans la fonction publique, ce qui suppose l’avancée de deux dossiers : l’accès des diplômés en paysage au titre d’urbaniste d’Etat et au concours d’ingénieur territorial.

Commentaires

Henri Bava veut consolider le statut des paysagistes concepteurs

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DW

13/06/2018 06h:20

Bonjour,non seulement le refus n'est pas argumenté et quand on leur donne notre diplôme de l'ESAJ et une montagne de "preuve" de l'exercice de notre fonction sur 10 années de maitrise d’œuvre à dessiner la ville et les aménagements de demain, ils changent les règles du jeu en demandant de faire un book tout beau tout propre pour leur faciliter la tache... comme si on avait que ça à faire, je bosse et j'ai des enfants à m'occuper... bonne chasse gardé les DPLG (660 provenant de Versailles et consort on aura compris ) ... Et aujourd'hui, comme si en sortant de l'école, les paysagistes tous confondus savaient faire et répondre à l'ensemble des critères exigés (cf. les 7 items). Puis se faire valider son dossier par des gens qui ne pratiquent pas le paysage depuis plus de 15 ans (cf. la responsable de la VAE de Versailles)... "Vous êtes bien traité" ... pas vraiment à mon sens... et aussi pensez aux paysagistes de Lullier... et heureusement dans l'absolue à part monter sa propre boite et vouloir jouer dans la cours des grands (appels d'offres publics et grands travaux, ...) cela ne changera pas grand chose... Heureusement à l’international, y a pas de différences...signé un paysagiste en colère hors de France et pour de bon.

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