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Helsinki (Finlande), Latokartano Un quartier piéton en lisière de réserve naturelle

Yannick Nodin |  le 09/08/2007  |  SantéEnergieArchitecture

A huit kilomètres du centre d’Helsinki, la zone résidentielle de Latokartano fournit l’exemple d’une urbanisation économe en ressources, avec un impact limité sur les espaces naturels environnants.

Les 750 logements du quartier de Latokartano font partie d’un ensemble où cohabitent un parc universitaire et technologique, des îlots habités et plus de 800 ha d’espaces naturels. En raison de la proximité d’une réserve protégée par des accords internationaux sur les oiseaux migrateurs, la Ville d’Helsinki, propriétaire du foncier, a souhaité faire de cette zone résidentielle un véritable laboratoire de la construction et de l’urbanisme durables, intégré au programme national Eco-communauté.

La composition du quartier a été précisée en 1995, suite à un concours d’idées remporté par l’architecte Petri Laaksonen, les travaux s’échelonnant entre 1999 et 2004. « Le plan-masse reprend à l’échelle d’un quartier de 24 ha les principes de l’urbanisme en phalanges caractéristique d’Helsinki », explique l’architecte Nicolas Favet, qui a suivi cette réalisation pour le Puca (Plan urbanisme construction architecture).

Doigts verts. Ainsi, trois coulées végétales s’enfoncent entre des alignements d’îlots de logements, qui suivent les courbes de niveau. Ces « doigts verts » jouent un rôle essentiel. Transition paysagère vers les espaces naturels, ils relient par des sentiers piétons les cœurs d’îlots aux équipements publics (école, crêche, bibliothèque, ferme écologique). Des voies « mixtes », carrossables mais empruntant au langage de la rue piétonne (mobilier urbain sur la voie, sols pavés, pas de trottoir), complètent cette trame des mobilités douces.

La gestion du stationnement et de la circulation automobile à la périphérie du quartier limite aussi la minéralisation des sols, dégageant des surfaces pour l’écoulement des eaux de pluie. La question est centrale en raison de la faible porosité des sols argileux et de la proximité de la réserve naturelle, vers laquelle les rejets doivent être minimes. Ainsi, sols en stabilisé et surfaces enherbées en cœur d’îlot absorbent les eaux de ruissellement, l’excédent étant drainé vers des noues creusées au centre des doigts verts. Des pompes jalonnent le parcours de l’eau et permettent aux habitants d’arroser les jardins familiaux de part et d’autre des noues. Trois bassins de précipitation assurent alors un filtrage et un contrôle du débit, et sont connectés au ruisseau Viikkinoja, qui a été détourné à l’est du site. L’aménagement de lacets, mares et enrochements le long du cours d’eau restreint encore les risques de crue.

Autre point fort de ce quartier : l’économie des ressources, à commencer par le foncier. En effet une densité bâtie de plus de 50 logements/ha a été obtenue, avec une délimitation stricte entre zones urbanisées et espaces naturels. Le plan-masse prévoit que chaque logement dispose d’une façade orientée vers le sud. Tous les bâtiments profitent ainsi des apports solaires : les implantations ont été étudiées pour limiter les ombres portées, les immeubles les plus hauts se situant au nord du quartier, en haut de pente.

Permis de construire à points. Une recherche d’économies passives donc, et plus largement des bonnes pratiques de développement durable. Sur Latokartano, les huit groupements de promoteurs et d’architectes choisis sur concours ont été incités à mettre en œuvre de nouvelles techniques de construction et de gestion de chantier. Ainsi une grille d’évaluation de la qualité environnementale des opérations a été appliquée suivant cinq critères : pollutions, ressources naturelles, santé, biodiversité et production alimentaire.

Fonctionnant comme un permis de construire à points, ce système a favorisé la diffusion et les retours sur expérience de solutions qui aujourd’hui encore apparaissent comme pionnières : panneaux photovoltaïques intégrés au bâti (garde-corps, toitures), espaces tampons préchauffant l’air entrant dans les logements l’hiver, diminution des charges de chauffage et d’eau chaude sanitaire jusqu’à 65 kWh/m2/an, réduction des déchets domestiques (120 kg/logement/an)...

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