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Hauts-de-France : E=0, la dynamique qui dynamite la réhabilitation est lancée
Signature le 4 mai 2021 de la charte d’engagement moral de Lille métropole habitat (LMH) à se lancer dans la démarche ÉnergieSprong. A gauche Didier Manier, président de LMH et à droite Franck Sprecher, directeur énergie et territoires de Greenflex, l’association qui pilote l’expérience ÉnergieSprong en France. - © Emmanuelle Lesquel
Enquête

Hauts-de-France : E=0, la dynamique qui dynamite la réhabilitation est lancée

Emmanuelle Lesquel (Bureau de Lille du Moniteur) |  le 07/05/2021  |  EnergieSprongHauts-de-FranceRénovation énergétique Construction industrialiséeEnergie

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Rénover un bâtiment en moins de trois semaines et en site occupé pour lui garantir ensuite une consommation d'énergie nulle (E=0), équipements compris, durant 30 ans ! Ce pari un peu fou est en passe de devenir réalité en région Hauts-de-France avec un groupement de commandes tout juste créé par les bailleurs sociaux, des collectivités qui lancent des marchés pour des écoles et un club entreprise dédié.

Dans le sillage de la dynamique troisième révolution industrielle (Rev3), enclenchée en région Hauts-de-France depuis plusieurs années, les acteurs du territoire s'organisent pour faire émerger la solution de rénovation hors-site E=0 baptisée aussi ÉnergieSprong.

Isoler et produire de l'énergie

Le procédé qui s’appuie sur des façades et des toitures isolantes productrices d’énergie et modélisées en 3D pour fabrication en usine avant pose rapide sur site, a été testé de façon expérimentale dès 2018 de façon pionnière sur la région Hauts-de-France. Des bailleurs comme Vilogia ou ICF habitat Nord-Est ont pu se lancer dans cette expérimentation sur quelques dizaines de logements grâce au soutien de fonds européens.

Faisabilité et efficacité

Et que ce soit dans la métropole Lilloise ou en Picardie le procédé a prouvé sa faisabilité et son efficacité.

Les consommations fortement réduites sont compensées intégralement par l'électricité produite en toiture par les panneaux photovoltaïques et les locataires sont ravis du changement. Ils apprécient notamment la fraicheur procurée par l'isolation lors des fortes chaleurs en été.

Industrialiser pour faire baisser les coûts

Seul ombre au tableau : son coût. Pour l'instant, même avec des opérations comptants plus de 100 logements comme celle lancées par Vilogia à Wattrelos, le prix de la réhabilitation zéro énergie a du mal à passer sous la barre des 90 000 euros par unité. Pour faire baisser la facture du procédé sous les 60 000 euros, une seule solution : industrialiser.

Pour inciter les entreprises à franchir le pas de cette mini révolution dans le monde du BTP, qui pour l'heure recours encore peu à l'industrialisation, il faut cependant un gisement important et des garanties.

Plus de 1100 logements pour un groupement

C'est dans cette optique de massification de la demande, pour faire progresser les entreprises et baisser les coûts que sept bailleurs sociaux (1) se sont groupés fin mars au sein de l'union régionale pour l'habitat (URH) pour monter un groupement de commandes qui concerne déjà plus de 1100 logements sociaux à rénover en trois ans.

Ces 1100 logements s'ajoutent aux 400 déjà programmés sur la région et le chiffre pourrait gonfler en fonction des résultats de l'appel à projet du gouvernement MassiRéno, pour lequel 600 logements régionaux sont en lices.

« Il y aura facilement 1 000 autres logements commandés ensuite dés 2024-2025 si l'expérience s'avère concluante », estime Loris Poidvin, directeur du développement et du patrimoine chez ICF habitat Nord-Est.

Assistance à maitrise d'ouvrage


Le bailleur qui a déjà testé le dispositif avec succès sur une vingtaine de logements, prévoit 167 autres à rénover au sein de la première phase du groupement de commandes piloté par l'URH. « L'URH assurera l’assistance à maîtrise d’ouvrage et l’animation de la filière au niveau régional au sein de ce groupement. Un recrutement va être lancé pour suivre à plein temps ce projet », précise Emma Desette qui pilote le programme au sein de l’URH.

Rassuré par l'existence de ce groupement et de cette dynamique, Lille métropole Habitat (LMH) va aussi se lancer dans l'aventure pour environ 250 logements. « Morphologie, type de façade, possibilité de passer une grue, PLU, capacité des réseaux électriques balcons … Nous avons passé notre patrimoine au crible des exigences ÉnergieSprong. Les premiers marchés concerneront 41 maisons individuelles à Seclin, et 16 logements sur un petit collectif à Tourcoing », détaille le Laurent Schrimer, directeur du patrimoine et de la production-réhabilitation de OPH.

« Même si ces rénovations sont pour l'instant plus coûteuses, un équilibre économique sera trouvé grâce aux aides financières allouées », note Didier Manier, le président de LMH. Il ajoute que ce programme offre l'avantage de donner un résultat très facile à comprendre : « S'il est difficile d'appréhender ce que représente un kWh, il est très aisé de visualiser ce que représente zéro kWh. »

17 bailleurs et 3000 logements

Le groupement de commandes qui va grandement faciliter le déploiement de la technique a pu être monté après qu'une étude réalisée par Greenflex chez 17 bailleurs régionaux a mis en lumière 3000 logements très rapidement « Énergisprongables ».

Partie émergée de l'iceberg

Mais ces 3000 logement ne représentent que la partie émergée de l'iceberg puisque selon Greenflex ce sont 240 000 logements qui sont compatibles en région, 60 % individuel et 40 % sur collectif.

Un milliard par an durant 20 ans

« Ce gisement pourrait représenter un milliard de chiffres d'affaires (CA) par an pendant 20 ans, soit 10 % du CA actuel du BTP en région. C'est un signal très fort », met en avant Inès Du Che, représentante de la démarche EnergieSprong en Hauts-de-France.

Bâtiments scolaires à l'essai

Et c'est loin d'être le seul marché puisque le procédé est en train de s'étendre aux bâtiments scolaires, avec plusieurs marchés lancés cette année en région. « Les villes de Lille, Raismes ou Trith-Saint-Léger ont voté des délibérations pour rénover des bâtiments éducatifs façon E = 0. Le conseil régional a émis le même souhait pour deux lycées. De Maubeuge à Dunkerque, des dizaines d’autres collectivités devraient bientôt prendre des délibérations dans ce sens », s'enthousiasme Franck Sprecher, directeur énergie et territoires de Greenflex, l’association qui pilote l’expérience EnergieSprong en France.

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