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Halle Pajol : une nouvelle vie pour l’acier cent ans après
La charpente de la future Halle Pajolle, ancienne dépendance à structure métallique de la SNCF, sert de support à une centrale solaire. - © Doc. Jourda

Halle Pajol : une nouvelle vie pour l’acier cent ans après

le 03/11/2010  |  ParisArchitecture

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Cette ancienne dépendance à structure métallique de la SNCF fait l’objet d’un programme de réhabilitation au terme duquel elle servira d’abri à un programme à forte vocation environnementale et structurant pour son quartier. La charpente sert de support à une centrale solaire.

Le projet parisien de rénovation de la Halle Pajol porte la marque de Françoise Hélène Jourda qui a choisi de conserver cette structure métallique pour s’en servir d’écrin pour d’autres équipements et supporter une centrale solaire. « Cette halle qui date du XX e siècle est l’une des dernières réalisations de ce type, explique Mélanie Faugoin, architecte de l’agence Jourda. Nous avons donc pris le parti de la vider entièrement pour en faire ressortir la structure primaire et reconstituer la fermeture transparente qu’elle autorise. » Avec ses 140 m de long et ses 40 m de large couverts de dix sheds de 14 m, la halle présente des façades constituées de files de dix poteaux donnant sur l’esplanade.

« Cette structure des années vingt était globalement très saine », explique Jean-Marc Weill, de CE Ingénierie, qui a assuré la maîtrise d’œuvre technique. Ce qui n’a pas empêché de réaliser un petit travail d’archéologie destiné à comprendre le fonctionnement de la structure. Tous les assemblages rivetés et boulonnés ont été examinés et évalués au regard des exigences normatives contemporaines. » Un travail d’analyse qui débouche sur un dessin et la définition des renforcements compatibles avec les modifications projetées.

Analyse préalable pour allègement maximum

Première vérification, la portabilité de la structure primaire. « Certains poteaux étaient fortement endommagés et nécessitaient un remplacement explique Mélanie Faugoin. Nous nous sommes contentés de substituer de nouvelles pièces aux anciennes, car les règles actuelles ne permettent pas de construire aussi finement qu’à l’époque. » La méthode est simple, on coupe la partie endommagée après avoir repris temporairement les charges sur un trépied puis on glisse la nouvelle pièce.

Pour le reste, nous avons allégé au maximum la structure en supprimant des planchers intermédiaires afin de libérer l’espace au maximum. En contrepartie, il a fallu renforcer les contreventements et simplifier l’accès. « Ce qui se traduit par le remplacement d’un contreventement en croix de saint-andré par un système de poutres échelles », explique Mélanie Faugoin. « En général, complète Jean-Marc Weill, il est nécessaire d’effectuer des renforcements aux liaisons et, pour répondre aux exigences Neige et Vents d’augmenter la stabilité par des triangulations complémentaires. »

L’autre grand volet du chantier portait sur la mise en place de la centrale photovoltaïque et des panneaux destinés à la production d’eau chaude sanitaire sur la façade ouest, sur l’une des poutres longitudinales, le long des voies ferrées. Pas moins de 3 500 m2 de panneaux occuperont une bonne part des 5 700 m2 de toiture essentiellement orientés au sud. « Tout le reste de la couverture étant en verrière, complète Mélanie Faugoin. Avec une faille en partie centrale pour l’évacuation des fumées. »

« Un joint de dilatation a été introduit entre la structure et les portiques transversaux, et la charpente a été modifiée sur une file altérée pour la rendre apte à ses nouvelles fonctions. » Les sheds sont gardés en l’état avec une modification par renforcement des panes. Ce sont les règles de l’Eurocode qui ont été appliquées et la réglementation incendie a donné lieu à la création d’un niveau coupe-feu pour éviter d’avoir à traiter les sheds. Le reste de la toiture ne nécessitait pas de traitement anti-incendie particulier.

Au final, ce bâtiment sera à énergie positive, une culture largement pratiquée par l’agence Jourda qui travaille couramment la mixité. « Nous exploitons les capacités de tous les matériaux, explique Mélanie Faugoin. Il est très difficile de se passer de l’acier qui se marie avec tout et qui présente l’immense avantage d’une grande souplesse structurelle. »

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