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Habitat L'évolution du parc reflète celle du mode de vie

FRANCOISE VAYSSE |  le 26/12/1997  |  LogementPolitique socialeFrance entière

-En quatre ans, le nombre de résidences principales s'est accru de 290 000 unités par an. -L'accession à la propriété continue de marquer le pas chez les jeunes.

A la fin de 1996, la France comptait 23,3 millions de résidences principales, soit une augmentation de 290 000 unités par an depuis la fin 1992, selon les premiers résultats de l'enquête logement de l'Insee.

Cette évolution ne s'explique pas seulement par la croissance démographique puisqu'à la fin des années quatre-vingt, le nombre de ménages n'augmentait que de 220 000 par an. Ses causes sont à chercher dans les évolutions de la famille et l'attitude face au logement.

L'autonomie nouvelle des étudiants induite par la distribution d'allocations logement : les trois quarts d'entre eux vivent alors seuls.

L' allongement de la durée de vie : le nombre de ménages dont la personne de référence a plus de 84 ans a augmenté de 17 % entre les enquête 1992 et 1996.

L'éclatement des ménages : dans la population des 50-64 ans, le rapport entre le nombre de ménages et le nombre de personnes est passé de 57,9 % à 59,4 %.

Un des autres enseignements de l'enquête porte sur l'attitude des Français face à l'accession à la propriété, dont les très belles heures semblent passées.

Déjà, un tassement s'était fait sentir entre 1988 et 1992, la proportion de propriétaires n'augmentant alors que de 0,2 point, à 53,8 %. Aujourd'hui, ce taux augmente encore un peu (0,5 point) à 54,3 %, mais dans des proportions sans communes mesures avec celles du passé (+ 2,9 % entre 1984 et 1988). Concrètement, 732 000 ménages sont venus grossir les rangs des propriétaires de 1992 et 1996, alors qu'ils dépassaient le million de 1984 à 1988. L'Insee attribue cette « baisse de l'accession » mécaniquement à l'arrivée de classes plus creuses à l'âge adulte mais aussi à la difficulté des jeunes à s'engager dans des emprunts à long terme.

Autre fait notable : une très grande majorité (71 %) des résidences principales achetées entre 1993 et 1996 sont des logements de plus de quatre ans, qualifiés d'anciens. La part du neuf n'est plus que de 29 % contre 53 % en 1984 (1). A l'inverse, plus de la moitié (55 %) des logements neufs entre 1992 et 1996 - 1,2 million, soit 300 000 par an, répartis à égalité entre collectif et individuel - sont loués (32 % de 1981 à 1984). La structure de ces constructions a changé, reflétant l'effet du produit fiscal connu sous la dénomination « Quilès-Méhaignerie » : le quart de ces logements neufs a une ou deux pièces, soit un taux double de celui des années quatre-vingt.

Vieillissement des locataires d'HLM

La dernière évolution porte sur les locataires. Les HLM accueillent ainsi 17,6 % des ménages (contre 17 % quatre ans plus tôt). Mais le locataire d'HLM vieillit à 46,6 ans contre 44,1 ans douze ans plus tôt. Selon l'Insee, cette augmentation est deux fois plus importante que le vieillissement de la moyenne des Français. Les ménages accédant moins souvent qu'auparavant, « les jeunes générations se retrouvent par conséquent en location à loyer libre ». C'est le cas pour plus de la moitié des jeunes de moins de 30 ans. Le mouvement est d'autant plus aisé que le parc locatif libre s'est accru de 300 000 unités en quatre ans.

2,231 millions de logements vacants

Le taux de vacance est remonté en 1996 à 7,9 % contre 7,4 % en 1992 et 8,4 % en 1988. En clair, cela signifie que 2,231 millions de logements sont vides dans l'Hexagone.

Ces logements sont pour 63 % d'entre eux des biens construits avant la guerre, et même pour 44 % avant 1914.

Plus le logement est ancien, plus le taux de vacance augmente : il grimpe à 14 % pour les logements d'avant 1914, redescend à 11 % pour l'entre deux-guerres, 7 % entre 1949 et 1962 et oscille entre 3 et 6 % pour les périodes plus récentes.

Le tiers des logements vacants est situé dans les communes rurales. Leur croissance est plus forte en Ile-de-France, dans le bassin parisien et le Nord.

Dans le neuf, 5,5 % des logements étaient vacants en 1996 (contre 8,6 % en 1992).

Selon un rapport datant de 1992, un quart des logements vacants pourraient être recyclés, dont 200 000 rapidement.

Parmi les mesures permettant une résorption de ce parc, les députés viennent d'adopter en première lecture une proposition de loi du député RPR du Haut-Rhin, Gilbert Meyer, permettant aux organismes d'HLM de prendre à bail les logements vacants du parc privé pour les sous-louer à des personnes défavorisées, avec l'accord du maire. Le RPR, l'UDF et le PS ont voté pour ce texte, le PC s'abstenant.

Moins de résidences secondaires

Le nombre de résidences secondaires a baissé à 2,7 millions d'unités en 1996 contre 2,8 millions en 1992. L'Insee attribue ce mouvement à l'amélioration des transports qui a permis la transformation de résidences principales en secondaires, mais aussi à l'installation de jeunes retraités dans leur résidence secondaire qui accède ainsi au statut de principale. En outre, la construction de résidences secondaires neuves a baissé : 75 000 de 1992 à 1996 contre 173 000 pendant les quatre années précédentes.

Méthode et définitions de l'enquête

L'enquête a eu lieu entre novembre 1996 et janvier 1997, sur un échantillon de 40 000 logements.

Les logements ordinaires n'incluent pas les logements collectifs tels que foyers, internats ou casernes où vivent 2 % de la population.

Dans un nouveau ménage, la personne de référence n'était pas occupante en titre d'un logement quatre ans auparavant.

Un propriétaire accédant, qui est en train de rembourser un emprunt, ne doit pas être confondu avec un acquéreur récent qui est un propriétaire qui a acheté son logement depuis moins de quatre ans.

(1) A noter une remontée des achats dans l'individuel au détriment du collectif (74 et 26 % respectivement), alors que l'enquête a eu lieu juste après le lancement du prêt à 0 %.

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