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Habitat et société en débat

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 19/06/2012  |  ArchitectureFrance entière

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« Les nouvelles formes d’habitat. Quel projet de société ? », tel était le thème de la table-ronde organisée le 18 juin au soir par le Conseil régional de l’ordre des architectes en Ile-de-France (Croaif).

« Vivre ensemble », oui, fatalement, mais comment ? La question du logement est toujours pendante : huit millions de mal-logés en France - faut-il encore le rappeler ? – pour lesquels les revues d’architecture, avec leurs belles images de « longères » retapées, de « maisons d’architectes » et de « lofts à bobos » n’apportent pas vraiment de solution. Quoi que… Avec le projet de recherche BIMBY (Build In My Back Yard) présenté par Benoît Le Foll, architecte et chercheur, la ville durable pourrait naître de la marée pavillonnaire qui submerge la France. Il s’agirait, ni plus ni moins, que de faire émerger une « protoville » en densifiant le tissu de maisons individuelles existant, tout en articulant densité et qualité. Deux-cent mille logements pourraient être ainsi construits chaque année a-t-il estimé. De quoi faire rêver.

Homo Urbanus
« Densité »… Le mot était lâché. Un sésame à tous les problèmes ? C’est oublier que d’autres aspects doivent être pris en compte, s’est chargé de rappeler Jean-Pierre Pranlas-Descours, architecte : « relation au site », « relation à la ville », « habiter, c’est habiter un lieu », « ici n’est pas ailleurs », « habiter le paysage », « l’autre côté de la rue », etc. Des concepts évanescents et fort élégants certes, qui lui ont permis de rappeler aux maîtres d’ouvrage, publics et privés, éternellement frileux que, dans un programme immobilier, « ce qui se vend en premier, et ce qui se vend le mieux, c’est le plus atypique ! ». Pascal Chombart de Lauwe, de son côté, feignait de s’interroger sur les raisons de sa présence à la tribune : « A quel titre suis-je ici ? Architecte ? Anthropologue ? Président d’AMO ? », avant de faire le constat que « le monosystème actuel ne fonctionne plus » et que « la mixité des modes d’habiter est une nécessité ». De bien belles évidences martelées tandis que le consensus s’installait mollement dans la salle pour reconnaître que « l’habitant était trop souvent oublié » et qu’il n’y avait plus de « logement-type », ni de « famille-type », bref que tout était à réinventer. D’autant que « l’homo urbanus » veut tout à la fois : la convivialité du village, la proximité des transports, des écoles, des services publics, des voisins à bonne distance, le haut-débit généralisé, le break Volvo dans le garage et le barbecue dans le jardin.

Intégrale triple
Depuis le public, Jacques Audren, faisait même remarquer que l’architecte est désormais face à une « intégrale triple » très difficile à résoudre… On ne voit pas très bien en quoi elle consiste, mais l’intitulé affole déjà par sa complexité. En salle également, Monique Eleb, sociologue, plaidait de son côté pour de nouveaux modes d’habiter (qui existent partout en Europe), avec des locaux communs, des logements « équipés », des bureaux partagés, des buanderies collectives, etc. Toutes choses évidentes dont on se demande bien pourquoi elles ne s'enracinent pas en France…
Au final, de « projet de société » - car tel était bien le second volet de la thématique retenue pour la soirée - il n'aura pas été question. On le déplorera : le projet collectif ne se résume pas à l’accumulation de projets individuels. Il y manque une vision politique. Ce que n’a pas manqué de rappeler Cristina Conrad, ancienne présidente du Croaif, présente dans le public : « La situation actuelle n’est pas le fait des architectes. La responsabilité est celle de l’Etat. Où sont les élus ce soir ? ». Le silence seul lui répondit… Pendant ce temps-là, dehors, sur les parvis de la Maison de l’architecture, comme en écho à sa question, le Comité « architectes et urbanistes » du Parti Ouvrier Indépendant vendait le 15e numéro de son magazine : « Construire ! ». L’exclamation vaut interpellation.

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