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GTB et régulation : un bilan 2015 assombri par le numérique
De nouvelles technologies tirent les prix de la GTB vers le bas. - © www.siemens.com/press Siemens AG

GTB et régulation : un bilan 2015 assombri par le numérique

Mathieu Dejeu |  le 25/03/2016  |  EquipementimmotiqueGTCCommunicationNumérique

Les évolutions de l’informatique impactent profondément l'activité de la régulation et de la gestion technique du bâtiment, indique le Syndicat des automatismes du génie climatique et de la régulation. Le chiffre d'affaires du secteur affiche un léger repli en 2015.

Bien qu’on le cache souvent derrière l’adjectif « smart », l’automatisme n’a jamais autant intéressé le monde de la construction. Néanmoins, le Syndicat des automatismes du génie climatique et de la régulation (ACR) présentait le 23 mars un bilan 2015 en demi-teinte. Ses adhérents — les plus grosses entreprises de la filière telles que Siemens ou Schneider Electric — affichent un chiffre d’affaires cumulé de 327,2 millions d’euros pour leurs activités de régulation et de gestion technique du bâtiment (GTB), soit un recul de 1,9 % par rapport à 2014. « Au regard de la conjoncture, nous considérons ce résultat comme logique, déclare Jean-Daniel Napar, président de l’ACR. L’ensemble du secteur du bâtiment est en crise. En outre, notre marché connait de profondes évolutions technologiques et réglementaires. » En d’autres termes, ces firmes historiques sont bousculées par de nouveaux acteurs et la législation ne les favorise pas.

La régulation du chauffage individuel et collectif constitue l’exemple le plus évident de cette analyse. Son actovité enregistre une baisse de 2,7% sur un an, à 120,2 millions d’euros. Un creux qui s’explique sans doute par l’émergence des thermostats connectés pour les systèmes à eau chaude. « Des études métrologiques menées sur ces produits indiquent jusqu’à 2°C d’erreur sur la température, tempête Jean-Daniel Napar. Par ailleurs, nous nous interrogeons sur la pérennité de ces appareils. A l’image de nos téléphones portables, ne va-t-on pas devoir les renouveler constamment ? Si les tenants du numérique veulent se mêler de génie climatique, ils doivent respecter nos référentiels. »

Si ces constructeurs souhaitent se conformer aux règles du syndicat, ils s’efforceront d’obtenir des certifications délivrées par l’Association européenne de l’automatisme et du contrôle du bâtiment (Eu.bac), l’équivalent continental de l’ACR. Le président déplore aussi le peu d’attention porté aux robinets thermostatiques, « ils restent le moyen le plus simple d’économiser de l’énergie », souligne-t-il. Quant à la régulation de la climatisation, elle demeure stable à 76,5 millions d’euros de chiffre d'affaires. Selon l’association, elle souffre aussi de la concurrence d’équipements peu coûteux, mais dont les performeuses restent douteuses.

Une simplification de la GTB

La situation de la GTB semble plus préoccupante. Le marché affiche une chute de 6,7% pour une activité de 71,6 millions d’euros. Un bilan pour partie imputable au faible de nombre de chantiers, auquel Jean-Daniel Napar ajoute de nouvelles habitudes culturelles : « Aujourd’hui, les opérations dans le neuf et la rénovation tendent à privilégier l’isolation aux dépens des systèmes de gestion de l’énergie. »

Dans le même temps, l’architecture de ces réseaux s’allège. Des serveurs d’automatisme hébergent maintenant des programmes informatiques de développement. Il est ainsi possible de créer des interfaces de contrôle sous forme d’applications web. Ainsi, le client n’a pas besoin d’acquérir un ordinateur central et un logiciel de gestion sous licence. A l’avant-garde du mouvement, on trouve notamment les sociétés Newron System et Tridium, qui n’appartiennent pas à l’ACR. L’essor de ces technologies tire les prix vers le bas. « Nous vendons autant de matériel, mais les marges sont moindres », observe le président. Seul segment en croissance, les services associés à la régulation et à la GTB progressent de 3,5% pour atteindre 58,9 millions d’euros.

L’année 2016 s’annonce meilleure. Le léger rebond de la construction fin 2015 devrait bénéficier au secteur au dernier trimestre, lors de l’installation des équipements électriques. Le syndicat se penche également sur un autre changement technologique : la maquette numérique. « Notre secteur est concerné par cette transition. Nous représentons un métier transversal, à la liaison entre le numérique et le génie climatique », explique Jean-Daniel Napar. Les représentants de l’ACR interviendront au BIM World le 6 et 7 avril prochains.

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