Entreprises de BTP

Grues à tour : accord entre utilisateurs et constructeurs autour de la traçabilité

Le 21 octobre 2008, sous l’égide de la Fédération nationale des travaux publics, les trois majors français de la construction (Vinci, Bouygues et Eiffage) et deux fournisseurs de matériel ont signé un protocole portant sur le marquage des grues à tour.

Par celui-ci Potain et Liebherr s’engagent à monter sur tous les éléments de leurs grues une puce électronique dite « RFID » (« Radio Frequency Identification ») pour en permettre la traçabilité. « Nous avions besoin d’un système pour mieux gérer nos parcs et nous avions peur que chaque constructeur développe son propre protocole, incompatible l’un avec l’autre. Là les deux plus importants fournisseurs de grues vont utiliser l’un et l’autre la même technique », se félicite Yves Périllat, signataire pour Vinci construction France. Dès 2009 les éléments de grues à tour livrés (éléments de mât, de flèches, tirants, plateforme, etc.) seront équipés d’une puce montée en usine. Mieux : répondant à une demande française Liebherr et Potain vont généraliser ce procédé à toute leur production, même celle destinée aux autres marchés. « Nous sommes en train de créer une norme internationale », souligne Pascal Lemoine, du comité « Matériel » de la FNTP sous le parrainage duquel le protocole a été négocié, puis signé.
Les puces électroniques seront soudées sur chaque élément (compter en moyenne 34 éléments par grue) et protégées par une résine Epoxie. Potain comme Liebherr utiliseront une puce passive d’une capacité de 256 ko émettant à une fréquence de 125 kHz. Un même appareil pourra lire les informations qu’elle contient et les envoyer vers un réseau informatique. « La manière dont nous exploiterons ces informations dépendra de chaque entreprise – explique Jean-Michel Bordes, d’Eiffage construction – Chacun de nous élaborera son propre logiciel de gestion de parc ». Béric Scalabre, signataire pour Bouygues construction, note d’autres avantages : « le marquage est un élément de sécurité puisqu’il permet d’être sûr que nous assemblons ensemble les bons éléments. Il permet également le lutter contre les contrefaçons en certifiant l’origine du matériel ». Devant le succès de cette démarche originale qui voit les utilisateurs s’entendre préalablement pour exiger de leurs fournisseurs une solution unique, le comité « Matériel » de la FNTP songe déjà à d’autres problèmes qui pourraient être ainsi résolus.

Gilles Rambaud, (Matériels et chantiers)

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