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Grands sites et paysage POINTE DU RAZ

BERNARD ALDEBERT, ELISABETH ALLAIN-DUPRE, NATHALIE COULAUD, FRANCOISE DAJON LAMARE, GUILLAUME DELACROIX, NORA HACHACHE, PASCALE JOFFROY |  le 31/01/1997  |  AménagementEnvironnementFrance FinistèreEurope

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La nature reprend ses droits

Portant sur 200 ha, l'opération « grand site national » en cours à l'extrémité sud de la Bretagne englobe non seulement la pointe du Raz, acquise par le Conservatoire du littoral, mais aussi sa jumelle, la pointe du Van, propriété du département du Finistère, et tout l'espace littoral de la célèbre baie des Trépassés qu'enserrent les deux pointes. La finalité du projet est résolument tournée vers l'avenir : préserver pour les générations futures cette nature grandiose qu'une p incontrôlée (un million de visiteurs annuels...) mettait en grand danger. Le site est classé en 1987, et un syndicat mixte pour l'aménagement de la pointe du Raz et du cap Sizun est créé en 1989 afin de la canaliser l'afflux touristique tout au long du site avec la DDE du Finistère pour assistant maître d'ouvrage.

Organiser la « mise en défense » du site

Tandis qu'Etat et collectivités locales poursuivent l'acquisition (pour 13,3 millions de francs) du foncier nécessaire, un concours est lancé en 1992 sur ce thème. Il est remporté par une équipe constituée d'un architecte de Douarnenez, Rémi Le Berre, d'un architecte-urbaniste parisien, Hervé Montauffier, et d'un paysagiste installé à Pleyben, Bertrand Lanctuit. Leur mission porte sur les bâtiments et les espaces extérieurs associés, la subdivision de Douarnenez de la DDE assurant la maîtrise d'oeuvre des parkings et des infrastructures.

Pour l'essentiel, il s'agit de donner une véritable « porte » à la pointe du Raz en transférant à 800 m en retrait, dans le vallon de Bestrée, le parking, les commerces et restaurants existants. Il faut, de plus, créer une « maison du site » (hall d'exposition et salle de projection de 100 places), destinée à accueillir et informer les visiteurs de l'ensemble du site. La plupart de ces bâtiments ont été achevés au printemps dernier. Discrets pans d'ardoise et maçonneries en pierres de récupération, tout a été fait pour qu'ils disparaissent au creux du vallon de Bestrée. Ses pentes sont façonnées par des soutènements et des murets pour « casser » l'impact du parking, les commerces s'alignent en courbe autour d'un morceau de lande, précédant la place des navettes et son auvent de verre, flanquée de la toiture en pavillon de la maison du site à demi-encastrée dans le sol.

Voilà pour « la mise en défense » du site. Restait l'essentiel, organiser la protection du paysage et de sa végétation rase et fragile sans l'interdire au visiteur. Le principe d'un lacis de sentiers piétons empierrés a été retenu pour protéger le tapis végétal. La pierre, ramassée sur le site même, se fondra dans la lande. On commencera dès le mois de février la revégétalisation. On y procédera surtout par ensemencement, mais aussi par étrepage (transfert de mottes).

Conçu à partir du « scénario idéal » des botanistes brestois, l'ensemencement bute sur l'incapacité des pépiniéristes à fournir certaines espèces indigènes, comme l'armeria maritima. L'appel d'offres en cours auprès des entreprises de travaux horticoles comporte donc une clause inédite de collecte, sur le site, des graines introuvables. Elles redonneront au site toute son intégrité botanique d'ici à un an ou deux.

Un financement presque bouclé

Une approche aussi minutieuse a son coût. Le montant total des travaux s'élève à 50,702 millions de francs. A noter : la plupart des financements sont déjà obtenus, avec des participations importantes de l'Europe (6 millions de francs), de l'Etat (11,9 millions), de la région (8,6 millions), du département (10 millions) et du mécénat (8,1 millions). Parmi ces mécènes, l'apport de Gaz de France (environ 5 millions) a été décisif. Il est vrai que l'une des premières navettes françaises carburant au gaz circulera bientôt sur la pointe.

Botanique : La revégétalisation prescrite par les experts du Conservatoire botanique de Brest fait appel à des plantes désormais rares, telles l'armeria maritima.

PHOTOS :

Vue aérienne de la « porte » du site à Bestrée. Détail du bâtiment d'accueil.

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