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Grand Projet ferroviaire du Sud Ouest : les élus d'Occitanie ne lâcheront pas
Programme du GPSO - © © SNCF Réseau

Grand Projet ferroviaire du Sud Ouest : les élus d'Occitanie ne lâcheront pas

bertrand escolin |  le 24/01/2018  |  ParisTransports mécaniquesGPSO

Sans doute, l’ouverture de la LGV directe Paris-Bordeaux en juillet dernier a-t-elle ravivé l’impatience légitime des élus de la région Occitanie que leur région soit aussi desservie par la grande vitesse, de l’Océan à la Méditerranée. Elus et professionnels qui essayent de faire entendre leur voix à Paris ont été auditionnés cette semaine par le Conseil d’orientation des infrastructures.

Mauvais temps pour les grands projets, gourmands en fonds publics et qui cristallisent les mécontentements locaux. Pas une semaine sans que les maires des métropoles et la présidente de la région Occitanie, notamment, en appellent aux autorités nationales pour tenir certains engagements de leurs prédécesseurs.

Alain Rousset, président Aquitain, a bataillé plus de dix ans pour la liaison directe à grande vitesse Bordeaux-Paris. Il aura été fortement appuyé par certains élus, comme Alain Juppé à Bordeaux, mais lâché par d’autres, dont Ségolène Royal à la tête de Poitou-Charentes, ou encore Henri Emmanuelli, alors patron des Landes. Le projet de LGV a vu le jour et la grande vitesse met Bordeaux à 2h04 de Paris depuis juillet 2017.

Personne, ici, n’oublie que les élus de Midi-Pyrénées, Martin Malvy en tête, avaient largement participé au tour de table financier, dans la contrepartie -quasi signée par l’Etat dans le cadre du GPSO- d’un prolongement vers Toulouse. Un engagement de plusieurs dizaines de millions d’euros pour l’ex-région Midi-Pyrénées.

Bordeaux-Toulouse et Perpignan-Montpellier sur la table

Changement à la tête de l’exécutif et politique budgétaire de rigueur ont mis à mal la certitude des prolongements de la GPSO. Au point qu’une fois de plus, les élus occitaniens, désormais unanimes, se sont rendus à Paris cette semaine, pour faire entendre leur voix. A la fois pour la LGV Bordeaux-Toulouse et la liaison Perpignan-Montpellier. Une seule voix et une déclaration commune à l'issue de leur audition par le Conseil d’orientation des infrastructures, présidé par Philippe Duron (voir Focus). Principale demande: «que l’Etat tienne ses promesses et inscrive les deux LGV dans la planification des investissements de transports pour les prochaines décennies».

L’argumentation est désormais rodée: «la plus grande région de France, sa capitale régionale Toulouse et son littoral méditerranéen enregistrent chaque année des records de croissance démographique et de création d’emplois» et «ne peuvent être plus longtemps tenus à l’écart de la grande vitesse».
L’argument le plus puissant est «le grand paradoxe d’une des régions les plus dynamiques de France, qui, dans le même temps, est l’une des plus enclavées, dont les voies de communication sont saturées en raison de l’inachèvement des projets nationaux de LGV».

Quelques remarques s’imposent: Alain Rousset ne cesse désormais de pester contre le mauvais état du réseau ferré nouvel-aquitain, qui a été notoirement sous-entretenu par la SNCF puis SNCF réseaux. Les trains du quotidien sont la plus forte demande des habitants, pas les LGV, véritable emblème des grands élus. L’abandon du projet de grand aéroport de Notre-Dame-des-Landes devrait inspirer une certaine prudence sur ce dossier: les engagements passés sont révisables. Toute décision peut faire sens s’il s’agit de correspondre aux demandes réelles des territoires et de leurs habitants, érigés désormais en arbitres des grands projets, difficiles à financer, que plus personne ne se sent d’imposer.

Enfin, l’amélioration des dessertes actuelles sur des moyens trajets (moins de 200 km) correspond plus à l’air du temps «durable» et ne manquera pas de satisfaire la demande en travaux des majors du BTP. Quant à l’argument de la plus grosse région, il devrait amuser Philippe Duron, ancien président de Basse-Normandie, l’une des plus petites régions d’avant la réforme territoriale. Philippe Duron qui s’engage à remettre ses préconisations au gouvernement d’ici à la fin du mois de janvier.

La déclaration des élus d'Occitanie

«Ce raccordement est capital pour le territoire, situé au carrefour des villes et régions de l’Atlantique et de la Méditerranée, afin de développer son positionnement et son influence, au cœur des échanges du sud-ouest européen. Pendant plus de 1O ans, nous avons été patients, nous avons assumé, sans discontinuer, une importante part du financement de la LGV Sud Europe Atlantique, du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, du Contournement Nîmes-Montpellier, nous avons relayé les attentes des habitants du territoire qui ont, à plusieurs reprises, fait remonter leur volonté forte d’être reliés à la grande vitesse. Devant notre soutien indéfectible aux projets nationaux, devant nos récentes propositions pour faire émerger des pistes de financements innovants, devant la volonté populaire, la réponse de l’Etat ne peut être une simple fin de non-recevoir ! Il est temps que les choses bougent. Il est temps que la continuité de la parole de l’Etat soit respectée et que tous les Français soient considérés égaux en droit d’accéder à la grande vitesse ferroviaire !»

Signataires: Carole Delga, présidente de la région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée; Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole; Jean-Marc Pujol, président de Perpignan Méditerranée et Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique social et environnemental régional (Ceser) Occitanie, président d’Eurosud Team.

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