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Grand Paris Express : «Augmenter notre capacité à gérer les aléas»
Thierry Dallard, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), maître d'ouvrage du Grand Paris Express. - © JULIEN FALSIMAGNE/Le Moniteur

Grand Paris Express : «Augmenter notre capacité à gérer les aléas»

Nathalie Moutarde et Florent Maillet |  le 25/09/2018  |  Grand ParisRéglementation des marchés publicsSociété du Grand ParisVie du BTPGrand Paris Express

Thierry Dallard, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP). Dans un entretien au Moniteur, le patron du maître d’ouvrage du « chantier du siècle » explicite sa méthode et sa stratégie pour tenir les délais « recalés » et réduire les coûts, comme l’a demandé le gouvernement. Il annonce au Moniteur le calendrier des appels d’offres à venir, sa volonté de voir concourir davantage d’entreprises étrangères, et la forme que pourraient prendre les futurs marchés.

Quelles ont été vos premières décisions depuis votre prise de fonctions, le 4 juin ?

Avant même de prendre officiellement mes fonctions, j’ai souhaité aller à la rencontre des élus du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris (SGP). En avril dernier, pour exprimer leur désapprobation vis-à-vis de l’Etat, notamment à cause du recalage du calendrier du Grand Paris Express (GPE), ils ont voté contre ma nomination. Je voulais vraiment écouter ce qu’ils avaient à me dire et leur exposer ma manière de voir les choses.

Selon moi, plus un projet est complexe, plus il faut être transparent, sincère et simple dans la communication. J’ai aussi visité les chantiers de la ligne 15 sud, ce qui m’a permis de m’entretenir avec les entreprises et les maires concernés. J’ai constaté à cette occasion que les élus locaux faisaient preuve d’une grande confiance à l’égard de la SGP.

Et j’ai, bien sûr, rencontré les personnels de la SGP. Les équipes ont été déstabilisées par tous les événements survenus depuis l’été 2017, de la publication du rapport de la Cour des Comptes au changement de président du directoire en passant par les tensions au sein du conseil de surveillance. Environ trente collaborateurs avaient démissionné, alors que tout le monde s’accorde à dire que les effectifs étaient sous-dimensionnés.

Justement, quelles sont vos perspectives de recrutement ?

Au printemps dernier, j’ai reçu l’assurance du Premier ministre que le plafond d’emplois serait supprimé, ou alors qu’il serait suffisamment haut pour ne pas constituer une contrainte au recrutement.  Je me suis donc attelé à l’élaboration d’un nouveau plan d’organisation de l’entreprise. Ce chantier va se poursuivre pendant toute l’année 2019.

Nous envisageons d’embaucher environ 400 collaborateurs sur une période de deux ans, deux ans et demi, ce qui portera les effectifs à 650/700 personnes. Pour recruter autant de personnels, alors que nous sommes sur un champ concurrentiel et qu’il existe une forte tension sur les métiers de la construction et de l’ingénierie, il faut non seulement avoir repensé son organisation, mais aussi se montrer attractif. D’où l’importance de dissiper toutes les inquiétudes qui ont pu entourer la SGP depuis l’été 2017 et permettre au projet de retrouver tout son dynamisme.

"Mettre sur pied l’organisation qui nous permettra de tenir les objectifs, de coût et de délais"

Quel type de profils allez-vous recruter ?

Des techniciens, des ingénieurs, des juristes, des comptables, des gestionnaires de marchés, des communicants….Toute la chaîne de production est concernée. Nous devons renforcer la capacité managériale et industrielle de la Société du Grand Paris. Nous sommes sortis de la période des pionniers. L’enjeu consistait alors à définir le projet et à stabiliser ses fondamentaux. Aujourd’hui, nous entrons en phase de réalisation.

Nous disposons des moyens financiers, à travers la levée de la dette, et humains, à travers les capacités d’embauche, pour le mener à bien. Reste à mettre sur pied l’organisation qui nous permettra de tenir les objectifs, de coût et de délais.

A la demande du gouvernement, vous devez aussi élaborer un plan d’optimisation avec un objectif de réduction du coût global (35 Mds € valeur 2012) de 10%. Quand allez-vous le présenter ?

J’essaie de sortir de cette forme de mythification de l’événement que constituerait l’annonce d’un plan d’optimisation du projet. Car, en fait, les économies vont se faire en continu. Nous devrons régulièrement nous poser la question de l’optimisation, remettre en cause le process que l’on a imaginé, pour réaliser des gains.  Nos  équipes étudient actuellement près de 1 200 pistes.  Il en existait 1 500 il n’y a pas si longtemps. Sur ces 1 200 pistes, j’ai bon espoir qu’environ 800 soient mises en œuvre.

"Ce n’est pas en phase chantier que l’on parvient à dégager les plus grandes  économies"

Quels types de solutions examinez-vous?

C’est extrêmement variable.  Certaines peuvent aller d’un montant à trois chiffres à un million d’euros. Certaines devront faire l’objet de discussions avec nos partenaires : RATP, Ile-de-France Mobilités… En fait, ces économies ont vocation à augmenter notre capacité à gérer les aléas. 

Cette volonté [...]

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