Aménagement

Grand Paris : à Aulnay-sous-Bois, la commune prend en mains les terrains PSA

Mots clés : Apprentissages - Bâtiment d’habitation individuel - Bois

Un quartier mixte mêlant activités, logements, équipements publics, centre de formation, etc. va voir le jour sur une partie de la friche PSA à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). L’acte de vente sera signé le 30 novembre entre l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France et le constructeur automobile. Une étude de programmation a été confiée à Richez Associés et Egis.

L’Etablissement public foncier d’Ile-de-France (Epfif) achètera, ce 30 novembre, 105 hectares de la friche PSA pour le compte de la ville d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Montant de l’achat: 110 millions d’euros hors taxes.

Le départ des activités industrielles du groupe PSA, en 2012, a libéré une emprise foncière d’une superficie totale de 180 hectares. Quelque 75 hectares ont déjà été cédés permettant le développement de nouvelles activités économiques, notamment logistiques, avec l’implantation de Segro, du futur centre d’exploitation de la Société du Grand Paris (lignes 16 et 17 du Grand Paris Express, GPE), de Magneto et de Carrefour (1 100 emplois sur les cinq ans à venir).

 

La plus grande opération d’aménagement d’Ile-de-France dans les dix ans à venir

 

L’Epfif intervient sur les 105 hectares restant pour une opération d’aménagement visant à constituer, de façon équilibrée, un quartier mixte mêlant activités, centre de formation, logements, équipements publics, et espaces verts. «C’est la plus grande opération d’aménagement en Ile-de-France dans les dix ans», a indiqué, le 28 novembre, lors d’une conférence de presse, Gilles Bouvelot, directeur général de l’établissement public foncier, qui va porter les terrains, les gérer, les préparer, puis les céder à prix coûtant au futur aménageur, le temps d’élaborer un projet précis.  

Le Groupe PSA est chargé de leur dépollution, au titre de la cessation d’installations classées. «Le reste est assez peu pollué», a précisé Gilles Bouvelot. Le montant du chantier de dépollution avoisine 8 millions d’euros.

 

Clause de retour à meilleure fortune

 

L’acte de vente de ces 105 hectares pour 110 millions d’euros hors taxes — «ni spéculation, ni spoliation sur ce prix», a noté Gilles Bouvelot — est assorti d’une clause de «retour à meilleure fortune» pour le constructeur automobile. Le prix a été établi sur la base de 960 000 m2 bâtis diversifiés. Si la programmation est revue à la hausse et si la construction de la gare du Grand Paris Express («Aulnay», ligne 16) permet un supplément de création de valeur foncière, celle-ci sera partagée entre le futur aménageur et PSA.

 

Création d’une Semaop en juillet 2017

 

«Cette signature permet une maîtrise foncière opérée par les acteurs locaux», s’est félicité le maire (LR) d’Aulnay, Bruno Beschizza. D’une part, la loi NOTRe a permis d’intégrer ces terrains dans le PLU de la commune, alors qu’auparavant, ils n’y figuraient pas.

D’autre part, la création d’une Semaop, société d’économie mixte d’aménagement à opération unique, permet de parfaire la prise en mains du projet d’urbanisme. Le maire est le président de cette Semaop, créée en juillet, la ville étant actionnaire à 17%, l’Etat à 17% (par l’intermédiaire de Grand Paris Aménagement), le reste allant à des sociétés privées dont les projets seront choisis sur appel d’offres.

 

Ni «cité-dortoir», ni «nouvelle Défense»

 

S’assurant ainsi le contrôle des opérations, Bruno Beschizza a des idées précises sur ce qu’il veut voir figurer sur ces terrains PSA. «Ce n’est ni une opération immobilière, ni une opération financière, mais bien le plus vaste projet d’aménagement de toute l’Ile-de-France. Il s’agit d’unifier l’ensemble du territoire, de le valoriser et de permettre, in fine, le développement de l’emploi pour les habitants», a-t-il précisé.

Le maire d’Aulnay ne veut «ni une cité-dortoir», «ni une nouvelle Défense» — il refuse de commettre les «erreurs d’autrefois». Il entend élaborer un «morceau de ville» autour d’un campus de formation professionnelle. Conférant une identité à ce nouveau quartier, ce campus correspond à la physionomie d’un territoire jeune et adaptera au mieux les formations aux besoins des entreprises.

 

2 500 ou 5 000 logements ?

 

Après appel d’offres, Richez Associés et Egis, ont été chargés de réaliser une étude de programmation sur la voirie, les équipements, les espaces verts et les logements, à remettre en avril prochain. Interrogé sur la nature et le nombre de ces logements, Bruno Beschizza a répondu que l’étude donnerait des réponses précises à ce sujet. Mais il a remarqué d’emblée qu’Aulnay était déjà dotée de 38% de logements sociaux et que le nombre de ces logements ne pourrait excéder 2 500, l’Etat, de son côté, poussant à en construire 5 000.

«Ce projet se conçoit sur la longue durée, soit une dizaine d’années», a déclaré enfin Bruno Beschizza, rappelant que «l’aménagement des terrains Renault à Boulogne s’est déroulé sur quinze ans.» L’ouverture de la gare du Grand Paris Express, pour l’instant prévue en 2023, constituera une étape importante du projet qui pourrait se déployer à partir de 2024-2025.

 

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