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Google précise son offensive dans la smart city

Philippe Coste, à New York |  le 06/04/2018  |  Smart City

A travers sa filiale spécialisée Sidewalk Labs, le géant du net œuvre à New York et Toronto. Mais son modèle inquiète.

C 'est l'acteur que personne n'avait vu venir ou, peut-être, que tout le monde craignait de voir arriver. En lançant en juin 2015 sa filiale « smart city » baptisée Sidewalk Labs, Alphabet, la maison mère de Google, affiche ses ambitions : pour les appels à projet sur la ville intelligente et durable, il faudra compter avec lui. Larry Page, directeur général d'Alphabet, en résumait ainsi le positionnement : « Sidewalk Labs se concentrera sur l'amélioration de la vie urbaine pour tous, en développant et en incubant des technologies, afin de traiter les problèmes de l'efficacité des transports ou de la consommation d'énergie. » Dirigé par Dan Doctoroff, ancien chargé du développement économique à la mairie de New York, Sidewalk Labs a décroché quelques mois plus tard son premier contrat… avec la Grosse Pomme. Il prévoit de truffer l'espace public de 10 000 bornes connectées et multi-usages. Ce projet baptisé LinkNYC, financé par la publicité, décline plusieurs services gratuits via des kiosques digitaux de 3 m de haut : wifi haut débit, interface tactile pour accéder aux services de la ville, affichage numérique pour les annonces de service public et de publicité… A terme, les kiosques embarqueront des capteurs mesurant la pollution de l'air, le niveau sonore, détectant le flux de piétons, etc.

Ville modèle clés en main. L'expérience new-yorkaise n'est qu'une facette des ambitions urbaines de Sidewalk Labs qui emploie une centaine de collaborateurs, dont des architectes et des urbanistes. En octobre dernier, il a remporté une consultation à Toronto (Canada) pour un projet de création clés en main d'une ville modèle, sur les 5 ha de friches du quartier de Quayside, au bord du lac Ontario.

Le projet présenté sous la forme d'une maquette interactive aux habitants (qui a coûté 50 M$ à Sidewalk Labs, soit environ 40 M€) préfigure une ville ultra-connectée et alimentée par les données. Lesquelles, moulinées par ses serveurs et combinées à des techniques d'intelligence artificielle, permettront de décortiquer le fonctionnement de la ville et de déclencher toute une série d'actions « intelligentes », comme des trottoirs chauffés en hiver et ombragés en été, grâce à des auvents rétractables ; de leds dans les chaussées modifiant la largeur des pistes cyclables selon l'heure de la journée. Des toitures végétales ou un réseau de chauffage géothermique réduiraient l'empreinte carbone de la nouvelle ville, dont les constructions modulaires pourront mêler et alterner espaces commerciaux et résidentiels selon les variations du marché. Enfin, des capteurs optimiseraient l'offre de transports entre vélos, navettes sans conducteur… dans un périmètre presque entièrement dépourvu de voitures personnelles.

Sidewalk Labs propose en outre de doter chaque utilisateur - habitant ou travailleur - d'un compte personnel pour accéder aux différents services en ligne du quartier. Ce compte servirait aussi de moyen de paiement des transports en commun et autoriserait l'accès de son domicile à un réparateur ou livreur.

Propriété des données. La collecte de données personnelles est donc au cœur de cet environnement, ce qui n'est pas sans susciter des craintes de dérapages liés au respect de la vie privée. A ce stade de la consultation des habitants, qui doit durer un an, « de nombreuses questions ne sont pas encore tranchées : qui détiendrait la propriété des données collectées ? Les entreprises qui veulent observer le rapport des citadins à l'espace, les promoteurs immobiliers ou les villes ? Qui pourrait les utiliser et sous quelles conditions ? », s'inquiète Bianca Wylie, l'une des militantes les plus engagées en faveur de l'open data . La Google Town n'a peut-être pas un boulevard devant elle…

10 000 bornes connectées à déployer à New York.

50 M$ : prix de la maquette présentant un futur quartier de Toronto.

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