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GIRONDE Lancement de la deuxième phase du tramway de Bordeaux

JEAN-BERNARD GILLES |  le 02/07/2004  |  GirondeCollectivités localesMaîtrise d'ouvrageAménagementCommande publique

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Les premiers appels d'offres infrastructures sont imminents

Les chantiers de la deuxième phase du tramway de Bordeaux sont en vue. La communauté urbaine est sur le point de lancer les premiers appels d'offres infrastructures pour un projet dont l'investissement global est estimé à 521 millions d'euros (dont 400 millions de travaux), matériel roulant et acquisitions foncières compris.

Il s'agit de construire, dans les trois prochaines années, les vingt kilomètres de lignes supplémentaires sur les communes de Bordeaux (10 km), Bègles (1,8 km), Mérignac (4,3 km), Pessac (1,3 km), Cenon et Floirac (1,6 km), Lormont jusqu'à Bassens et Carbon-Blanc (1,8 km). Après le désistement de Pessac, seuls deux kilomètres seront réalisés avec le système d'alimentation électrique par le sol (APS), sur les communes de Bordeaux, de la place des Quinconces à la place Paul-Doumer, et sur la ligne des quais jusqu'à la cité mondiale, ainsi que pour la desserte finale (783 m) du centre-ville de Mérignac. Une enveloppe de 67 millions d'euros de travaux « concomitants » est par ailleurs débloquée par la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) pour 24 opérations d'aménagement urbain. Elle permettra notamment de financer les pôles intermodaux de la gare Saint-Jean (13 millions d'euros) et de Pessac (5 millions d'euros), ainsi que les aménagements du centre de Mérignac (4 millions d'euros) et de la place Ravezies (10 millions d'euros).

Travaux délicats gare Saint-Jean

L'opération de génie civil la plus complexe concerne la gare Saint-Jean, où il faudra construire un pont en parallèle du pont du Guit. Celui-ci prendra appui sur les quais de la gare et suppose la démolition d'un bâtiment de la SNCF. Les appels d'offres seront lancés à l'automne pour un investissement de l'ordre de 19 millions d'euros dans un secteur où sera construit, dans la foulée, un des cinq pôles d'échanges intermodaux de l'agglomération sous maîtrise d'ouvrage de la CUB. Deux ponts-rails de franchissement sur les communes de Mérignac (travaux en cours) et de Pessac seront également construits sous la maîtrise d'ouvrage de Réseau ferré de France. Le tramway devra également franchir l'autoroute à Lormont, avant la desserte de la cité Carriet (enquête publique à l'automne) et passer au-dessus de l'échangeur de la Croix Rouge (2,8 millions d'euros sous maîtrise d'ouvrage de la CUB) avant d'atteindre son terminus à Bassens et Carbon-Blanc. Le tracé prévoit enfin la démolition du pont de Cracovie en direction de la cité des Aubiers et de la zone de Bordeaux Lac, ce dernier ne pouvant supporter le poids du tramway.

Trois parcs relais en superstructures seront construits : un à Bordeaux, deux à Mérignac (le jury pour Arlac se tiendra en juillet), pour des coûts d'objectifs allant de 2,9 à 5,6 millions d'euros, tandis que l'investissement des ateliers de la rue Achard à Bordeaux, où l'arrivée de la ligne est aujourd'hui contestée, sera de 2 millions d'euros. Une dizaine de lots infrastructures seront lancés d'ici à la fin de l'année : la mise en service des prolongements des lignes A, B et C, entre début 2007 pour Pessac, Mérignac, Floirac et Lucien Faure à Bordeaux ; mi-2007 pour le quartier des Aubiers à Bordeaux et pour Bassens, et fin 2007 pour Bègles.

Deux lots aménagement de stations

Les travaux d'infrastructures feront l'objet d'une dizaine d'appels d'offres. Les premiers, dont la publication est imminente, concernent Mérignac. L'expérience des travaux de la première phase permet à la CUB de préciser ses exigences en matière d'allotissement. Les plans guides d'exécution seront réalisés par l'équipe de maîtrise d'oeuvre et non plus laissés sous la responsabilité des entreprises seules, qui devront assumer les études d'exécution détaillées. Deux marchés spécifiques de génie civil seront passés pour l'aménagement et le revêtement des quais de stations, alors que ces travaux étaient intégrés aux lots infrastructures lors de la première phase. Enfin, dans les sections concernées par l'alimentation par le sol, le câble d'alimentation principale sera déroulé après la construction de la plate-forme afin d'éviter tout dommage pendant les travaux. Un soin particulier sera également porté à l'assainissement de cette même plate-forme, tandis que le remplacement des 1 000 boîtiers qui, en disjonctant, perturbent encore la régularité de trafic a commencé (durée jusqu'à fin août) sous la responsabilité d'Alstom et d'Innorail.JEAN-BERNARD GILLES

CARTE ET TRACE :

D'ici à 2007, 20 km de lignes supplémentaires seront construits sur les communes de Bordeaux, Bègles, Mérignac, Pessac, Cenon, Floirac, Lormont, Bassens et Carbon-Blanc. 67 millions d'euros seront consacrés à des travaux d'aménagement concomitants.

Financement : un comité de pilotage se tiendra le 8 juillet Pour financer la deuxième phase du tramway, la communauté urbaine de Bordeaux (CUB) s'apprête à emprunter : 100 millions d'euros auprès de Dexia sur trente-cinq ans au taux « révisable » de 3,65 % et 60 millions d'euros, selon les mêmes conditions, auprès de la Caisse des dépôts.

Lobbying

Sur les 521 millions d'euros nécessaires à la réalisation de ces vingt nouveaux kilomètres, la CUB financera sur son budget propre 120 millions d'euros. Les élus, qui se penchent sur le sujet le 8 juillet, disent ne pas vouloir reporter l'ouverture de ces trois lignes nouvelles. Mais l'Etat ne versera pas les quelque 112 millions d'euros espérés, en dépit du lobbying très actif de la part des présidents de communauté urbaine de France. « Rien n'est jamais irrémédiable, a toutefois indiqué le ministre Gilles de Robien à Bordeaux le 24 juin, le retour de la croissance pourrait, en fin d'année, me conduire à faire de nouvelles propositions sur le financement de ces projets, surtout s'il y a des recettes nouvelles. »

« On pourrait s'en sortir si les élus acceptaient de lisser les investissements jusqu'en 2008 », explique Alain Cazabonne, président de la commission tramway. Il n'en est pour l'instant pas question, en raison des échéances municipales. Et pourtant. Le versement transport, qui sera fixé à 1,75 % au premier janvier prochain, rapportera en année pleine 104 millions d'euros. C'est également le prix aujourd'hui estimé de l'investissement pour le pont Lucien-Faure à Bordeaux. Les élus, le président Juppé en tête, n'envisagent aucune augmentation du taux de la taxe professionnelle ou de celui du versement transport. Et ont fixé à 100 millions d'euros le montant maximum de l'annuité d'emprunt. Reste les contributions éventuelles du conseil général et de la région, déjà impliquée dans les pôles intermodaux. Les patrons (PS) de ces deux exécutifs, Philippe Madrelle et Alain Rousset, sont déjà suffisamment remontés contre les conditions d'exécution du contrat de Plan et les futurs transferts de charges liés à la décentralisation, qu'elles sont aujourd'hui improbables. Mais la communauté urbaine aura en janvier prochain un nouveau président. Et il sera très probablement cette fois-ci issu des rangs de la gauche majoritaire à la CUB...

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« Nous devrons faire nos choix début 2005 », estime Alain Cazabonne, président de la commission tramway de la communauté urbaine de Bordeaux.

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Une maîtrise d'oeuvre intégrée

Soixante ingénieurs, projeteurs, architectes et paysagistes sont au travail depuis l'automne 2002. Ils forment l'équipe de Tisya, Tramway Infrastructures SYstèmes Aménagement, le groupement de maîtrise d'oeuvre lauréat du marché de la seconde phase du tramway, un contrat de 36 millions d'euros. Outre les bureaux d'études Systra, Thalès et Ingérop, déjà présents sur la première phase, l'équipe intègre un bureau d'études régional responsable de la qualité, Eccta, et - c'est une vraie nouveauté - l'équipe chargée des aménagements urbains conduite par les architectes mandataires de Brochet Lajus Pueyo, associés au paysagiste Signe, et pour laquelle Elizabeth de Portzamparc conçoit le mobilier urbain. « Les solutions sont parfois un peu plus longues à émerger, mais ce travail d'équipe nous fait gagner en réactivité et permet à toutes les phases études de s'enchaîner plus harmonieusement », explique Henri Vergnaux, 36 ans, directeur de Tisya, diplômé de l'Ecole centrale de Paris et qui a précédemment travaillé sur le prolongement de Météor à Paris.

Sept cellules de compétences

Henri Vergnaux est assisté de sept patrons de cellules de compétences. Marc Seffacene, 38 ans, ingénieur Supélec, responsable systèmes (voie, énergie, Lac, APS et signalisations) a travaillé sur le tramway d'Orléans. Martine Pededieu, 31 ans, ingénieur de l'Ecole supérieure des géomètres et topographes, est la responsable infrastructures (ouvrages d'art, réseaux, circulation, tracé et études générales). Lina Singer, 34 ans, est la chef de projet des aménagements urbains. Mathieu Karcher, 29 ans, ingénieur Ensam assure le suivi financier et celui des marchés. Philippe Sabot, 46 ans, ingénieur Cnam, le patron de la cellule OPC (ordonnancement pilotage coordination), a assumé les mêmes fonctions à la SNCF pour les ateliers du TGV. Bernard Jéomar, 53 ans, ingénieur Cnam, est le responsable qualité. Jean Marc Devesa, 37 ans, pilotera, lui, la cellule de synthèse, chargée notamment d'anticiper les conflits avec les autres réseaux, un vrai souci lors des travaux de la première phase.

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De gauche à droite, Philippe Sabot, Mathieu Karcher, Bernard Jeomar, Marc Seffacene, Martine Pededieu, Jean-Marc Devesa, Henri Vergnaux, directeur de Tisya, et Lina Singer.

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