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GIRONDE L'impact du laser mégajoule

MARTINE GARSIA |  le 30/01/2004  |  GirondeCollectivités localesEnergieConcoursSEM

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Des emplois, une Sem, des investissements induits

«Une installation de physique très pointue en même temps qu'une grande usine », voilà ce que sera, selon Serge Durand, directeur du CEA-Cesta, le laser mégajoule (LMJ) en construction en Gironde, dont le Commissariat à l'énergie atomique est maître d'ouvrage et maître d'oeuvre pour le compte du ministère de la Défense. Etat, collectivités, scientifiques, tous affichent la même ambition : constituer un pôle de compétitivité européen dans le domaine optique et laser, développer toute la région de Bordeaux au bassin d'Arcachon en maximisant l'emploi scientifique, industriel et technologique. Le chantier est déjà si gigantesque qu'il impose à cette région agricole et touristique au coeur du parc régional des Landes une marche forcée vers la croissance.

Point noir : le logement

Jusqu'en 2007, il sera le plus grand pourvoyeur à la ronde d'emplois permanents et intérimaires. Le titulaire du marché A, un GIE composé de trois filiales de Bouygues, emploiera d'ici à septembre et pour deux ans jusqu'à 300 coffreurs et bancheurs, plus 200 ferrailleurs sous-traitants. A mi-2005, 200 à 250 monteurs en aéraulique et hydraulique interviendront pour les entreprises Omega Concept et Tunzini, associées pour construire les 50 000 m2 de salles blanches. L'installateur des courants forts et des courants faibles industriels, Cegelec, prévoit une montée en charge de ses électriciens du début 2005 au début 2006, avec un palier de 100 à 150 personnes. Entreront alors en scène les spécialistes du montage puis de la maintenance des chaînes laser.

Mobilisés depuis plusieurs mois autour de la DDTE, l'ANPE, l'AFPA, les missions locales et les commissions locales d'insertion Gironde et Landes travaillent avec les entreprises pour recruter et former une main-d'oeuvre locale. Une promotion de 56 jeunes sans emploi est en formation pour Bouygues, en attendant d'autres volontaires. L'intercommunalité va installer sur le chantier une plate-forme de recrutement et de formation qui servira plus tard à fournir du personnel aux entreprises de la route des lasers.

Mais même en « ratissant large », le réservoir local sera vite épuisé. Bouygues lancera une campagne de communication en mars, espérant attirer les maçons de Millau... qu'il faudra bien loger ! Dominique Elluin, adjoint au chef de projet chez Bouygues, soupire : « Le maître d'ouvrage n'a pas construit de cité ouvrière et il y a peu de locations. Les campings sont pléthore mais ne veulent accueillir nos personnels ni l'hiver, ni l'été, car ils font le plein avec les estivants. »

Des zones industrielles

Quatre terrains ont été proposés par les communes environnantes sur lesquels Bouygues est d'accord pour amener des mobil-homes. La question du paiement de la viabilisation reste pour l'heure en suspens. Le problème immédiat pour le GIE vaudra sur le long terme pour les autres entreprises. Les collectivités locales attendent le soutien de l'Etat pour maîtriser un marché foncier qui leur échappe.

En décembre 2002, l'Etat justement a décidé d'injecter 50 millions d'euros pour l'aménagement et la construction de deux zones d'activités près du laser mégajoule, aux côtés de fonds locaux et européens. C'est le projet « Route des lasers », concrétisé par la mise en place en mars prochain d'une SEM patrimoniale, portée par les collectivités locales, le CEA et plusieurs partenaires institutionnels et privés (voir « Le Moniteur » du 16 janvier). Les bulldozers ont dégagé la première zone des Gargails de 11 ha, qui accueillera le futur institut de recherche et de formation lasers et plasma (voir page précédente). Les études d'aménagement ont démarré pour la deuxième zone de 40 hectares, mise à disposition en deux tranches de 20 ha par le Commissariat à l'énergie atomique, le long du CD 5. Les premiers bâtiments doivent être érigés dès 2005 pour deux fournisseurs ayant décidé de s'installer sur place pour la première monte et la maintenance, Cilas et Sagem. Le planning prévoit le montage de la première des 240 chaînes laser fin 2006-début 2007. Misant sur le développement de toute la région, plusieurs communes alentour ont créé - ou envisagent - leur propre zone d'activités.

PHOTO :

«Une installation de physique très pointue en même temps qu'une grande usine»

Serge Durand, directeur du CEA-Cesta

PLAN :

Les collectivités locales aquitaines soutiennent de manière significative le CEA dans cette phase de montée en puissance du chantier. Elles espèrent en retour de vraies opportunités de développement économique et technologique.

Concours d'architectes imminent pour l'Institut lasers et plasmas

A deux pas du laser mégajoule, l'institut lasers et plasmas (ILP) pourrait sortir de terre à compter de début 2005. L'investissement réalisé sous la maîtrise d'ouvrage de l'université de Bordeaux 1, sera de l'ordre de 3,1 millions d'euros pour la construction de 1 500 m2 de bâtiments modulaires qui abriteront les bureaux, mini-laboratoires de préparation d'expériences et de diagnostics ainsi qu'un centre de conférences. Le projet est financé par le Feder et l'Etat surtout mais le conseil régional d'Aquitaine négocie actuellement sa participation. Le concours d'architectes devrait être lancé dans les toutes prochaines semaines. Créé en mars 2003, l'ILP fédère 25 laboratoires français. Le CIADT de décembre 2003 a par ailleurs acté un investissement de 46 millions d'euros pour construire un laser Pétawatt dans le bâtiment de la Ligne d'Intégration Laser (la LIL est le prototype du laser mégajoule). Cet équipement sera plus particulièrement utilisé pour la recherche fondamentale civile. La région en espère de nombreuses retombées en matière de transfert de technologie notamment dans la filière optique. Il devrait être construit en trois phases, entre 2004 et 2008, sous une maîtrise d'ouvrage du conseil régional qui pourrait être déléguée au CEA. Mais le tour de table financier est encore loin d'être bouclé.

Mise en sécurité des accès

Pour alimenter la centrale qui commence à produire les premiers des 150 000 m3 de béton du bâtiment du laser mégajoule, les matériaux sont acheminés depuis la Charente et la Charente-Maritime par le fournisseur du GIE Bouygues TP/DV Construction/Quille, Garandeau. Les livraisons s'effectuent par l'autoroute A63 Bordeaux-Bayonne, puis par la RD5, et sont pilotées par la mission OPC du chantier pour éviter d'engorger cette départementale déjà saturée, surtout aux horaires de travail des personnels CEA et des habitants des communes voisines. L'étude menée en 2001 a prévu un pic d'augmentation du trafic (camions et VL) de 15 à 20 % au début de 2005. Des travaux de mise en sécurité des accès ont été ou seront réalisés par la DDE : élargissement du CD5, de la bretelle de sortie de l'A63 et création de trois giratoires.

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