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Gironde De nombreux chantiers autour de la vigne et du vin

JEAN-BERNARD GILLES |  le 22/01/1999  |  Collectivités localesRénovationDroit de l'environnementArchitectureGironde

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Trois cents permis de construire ont été déposés par les exploitations vinicoles de juillet à novembre 1998. Plus de 200 millions de francs de travaux, neuf et rénovation, sont annoncés pour le premier semestre 1999. Le traitement des effluents devient obligatoire pour les caves de taille moyenne.

C'est le boom. Le rythme des investissements vinicoles est en forte hausse. L'année 1998 avait donné le ton, avec une hausse de 39 % des constructions agricoles, repéré par la Cellule économique aquitaine du BTP, la Cebatrama, à la fin du mois d'août dernier. Et en Gironde on considère que deux investissements agricoles sur trois concernent la vigne.

A la fin novembre 1998, le volume de travaux agricoles commencés était en hausse de 16 % pour le département de la Gironde. Mieux, à la même date, le nombre de travaux autorisés était en hausse de 60 %. Et les travaux de construction ou de rénovation dans la vigne s'étalent traditionnellement de janvier à juin ou à juillet. « Il est rare d'enregistrer une telle progression sur l'ensemble des secteurs que nous observons », assure Michel Baudoin, l'homme des statistiques régionales à la Cebatrama. En ne tenant compte que des seuls permis de construire déposés de juillet à novembre 1998, on peut estimer le montant des travaux annoncés pour le premier semestre, ou en cours, à plus de 220 millions de francs. C'est une estimation et une moyenne.

« L'investissement neuf dans les bâtiments vinicoles oscille entre 4 000 et 6 000 francs le mètre carré, autour de 2 000 francs pour la rénovation », explique Bernard Mazières, architecte bordelais qui travaille dans le secteur vinicole depuis vingt ans. Les ateliers Mazières mènent actuellement vingt chantiers de front dont les deux tiers correspondent à des investissements de 3 à 10 millions de francs.

Petits et moyens programmes

Extension de chais à barriques, construction de chais et de cuviers, construction de chais à bouteilles ou de vinification, pavillon de dégustation, traitement des effluents : la liste des travaux annoncés offre un large éventail à des entreprises régionales ou à des artisans dont la capacité à répondre à la demande, de plus en plus exigeante en termes de délais, n'est pas toujours optimale, sortie de crise oblige.

Dans le Médoc ou le Saint-Emilion, dans les Graves ou le Pessac-Léognan, la bonne santé financière des châteaux - quand ce n'est pas la sollicitation des banquiers - est favorable à l'investissement. Les grands domaines modernisent l'outil de production ou le mettent en conformité pour ce qui est du traitement des effluents, un des grands chantiers des dix années à venir. « Les châteaux importants soignent aussi particulièrement l'accueil des visiteurs et les salles de dégustations », explique Patrick Nelli, architecte, qui travaille actuellement sur un chantier à Saint-Estèphe.

Mais, aux côtés des gros projets qui sont le fait d'investisseurs extérieurs venus s'établir dans le bordelais et prendre possession d'installations parfois vétustes, s'annoncent aujourd'hui une multitude de petits ou de moyens chantiers, de 1 000 à 2 500 m2, en construction neuve ou en rénovation, à Saint-Félix-de-Foncaude (construction vinicole), à Libourne (stockage de vin), à Saint-Magne-de-Castillon (extension du stockage de bouteilles), à Haux (chai et cuvier) ou à Saint-Sauveur (extension de chais à barriques).

La Mutuelle du BTP, la SMABTP, possède le château Cantemerle à Macau dans le Médoc (un vignoble de 67 hectares) et 13 hectares dans le Saint-Emilion. L'entreprise investit actuellement 4 millions de francs dans un nouveau bâtiment de stockage, un chai à bouteilles et une nouvelle salle de conditionnement (1 453 m2 au total), conseillé par le cabinet d'architecte GPA de Libourne : « Nous devons mettre à profit notre bonne santé financière du moment pour améliorer la qualité de notre vin, moderniser nos installations et les mettre en conformité avec les nouvelles règles de sécurité ou celles imposées par la protection de l'environnement », explique Philippe Dambrine, directeur du domaine, qui annonce par ailleurs 2 millions de francs d'investissement pour le traitement des effluents à Cantemerle.

Un programme à la pointe de la technologie

Au 31 mars 1999, la société familiale et danoise Jorgensen propriétaire de 60 hectares dans les premières côtes de Bordeaux achèvera une première tranche d'investissement de 2,7 millions de francs dans un nouveau chai à barriques et un chai de stockage (architecte : Alain Monteil, AB concept) à Haux.

Les négociants ou les grandes coopératives ne sont pas les derniers à investir. A l'étroit à Saint-Emilion, l'Union des producteurs de Saint-Emilion fait construire actuellement un nouveau bâtiment de stockage, de conditionnement et de bureaux (6 872 m2) à Vayres, un programme d'au moins 15 millions de francs « au top de la technologie » y explique-t-on. A Carbon-Blanc dans l'agglomération bordelaise, le propriétaire-négociant Cheval-Quancard achève un programme de 20 millions de francs pour la construction d'une plate-forme logistique des plus modernes, et annonce une démarche qualité visant à la norme Iso 9002.

Quant au complexe de vinothérapie créé par la famille Cathiard sur sa propriété de Château-Smith-Haut-Laffite, il est sur le bon chemin : 50 millions de francs sont investis dans un hôtel de vingt-neuf chambres et dans un complexe de soins à partir des produits de la vigne. Il devrait être livré d'ici à l'été.

PHOTOS : 30 millions de francs auront été investis fin juin au château de Malartic-la-Gravière (30 hectares) dans le Léognan dans une nouvelle cuve de réception vendanges, un chai à barriques, un chai à bouteilles, de nouveaux bâtiments viticoles, et une salle de réception de 200 à 300 personnes. Des travaux conduits par Spie Citra et Spie Trindel.

CONCEPTION Bernard Mazières «L'heure est aux circuits de visite» L'architecte nous expose les tendances 1999 de la construction vinicole.

« La première étape, celle qui conduit le raisin à la cuve, est de plus en plus douce pour le produit. Les tapis de transfert ont succédé aux pompes, le travail ne se fait plus dans les fosses mais à même le sol. Deuxième étape : la cuverie. L'approche qualitative de sélection des parcelles y prédomine, les cuves sont de plus en plus petites, en béton, en Inox ou en bois, le contrôle thermorégulé des températures se généralise. Le chai à barriques est le plus naturel, plus aéré et ventilé que ces dernières années où le confinement a été source de désagréments pour le vin. Il se visite aussi. La lumière y joue un rôle croissant. Les nouveaux bâtiments peuvent être en bois naturels (chêne, châtaignier, peuplier) à l'origine certifiée. Le chanvre refait son apparition pour l'isolation dans le Saint-Emilion surtout. Les charpentes métalliques et les plafonds en plâtres reviennent aussi en force. La salle de mise est hors poussière et rappelle l'industrie agro-alimentaire classique. Elle pourrait être aseptisée demain. Les fenwicks et autres transferts de palettes en sont désormais exclus. L'étiquetage peut se faire ailleurs. Les palettes métalliques se généralisent. Les salles d'accueil, de visite et de dégustation permettent à l'architecte de s'exprimer plus librement, aidé de paysagistes ou de décorateurs. L'heure est aux circuits de visites dans des salles où les jeux de lumières, la vue sur le domaine doivent laisser une trace. Le vin est aussi un produit de rêve. »

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